Tousles matins, c’est pareil : avant mĂȘme d’aller faire votre pipi matinal, vous vous Ă©tirez et baillez. Une sorte de rituel inconscient, en somme. François ROUSTANG 1923-2016Hypnos en grec signifie sommeil. De quel sommeil s’agirait-il lorsque l’état d’hypnose est rĂ©alisĂ© ? De la mise en veilleuse de la conscience claire et distincte que l’on peut nommer aussi conscience consciente ou esprit conscient au profit de l’éveil d’une conscience conscience est dite consciente conscious awareness dans la mesure oĂč elle est restreinte, car elle ne peut porter son attention qu’à un nombre limitĂ© d’ conscience est dite inconsciente unconscious awareness dans la mesure oĂč elle supporte la totalitĂ© des souvenirs, des perceptions des sens externes et internes, des rĂ©sultats et des possibilitĂ©s d’apprentissage. Ces Ă©lĂ©ments sont trop nombreux – ils sont infinis – pour ĂȘtre distinguĂ©s par la conscience consciente elle s’en trouve donc conscience inconsciente qui supporte ce grand nombre peut ĂȘtre identifiĂ©e Ă  la totalitĂ© de la personne incarnĂ©e, donc au corps vivant en tant qu’il est esprit. Cette conscience inconsciente pourrait tout aussi bien ĂȘtre appelĂ©e vigilance vigilance restreinte et vigilance gĂ©nĂ©ralisĂ©e, il existe tous les degrĂ©s possibles de vigilance. Ce qui pourrait faire comprendre que l’on dĂ©finisse l’hypnose comme un Ă©tat modifiĂ© de conscience. Encore faudrait-il souligner qu’il ne s’agit plus de la conscience proprement dite Ă  laquelle se rĂ©fĂšre le sens de l’hypnose est le passage de la vigilance restreinte Ă  la vigilance gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Ce passage qui est toujours le fruit d’un accord ou d’une dĂ©cision du patient, est favorisĂ© par diverses techniques fixation du regard, attention portĂ©e aux diffĂ©rentes parties du corps, confusion, etc. et par l’état de vigilance gĂ©nĂ©ralisĂ©e dans lequel se trouve le thĂ©rapeute. C’est par ces techniques et par cet Ă©tat que le thĂ©rapeute peut ĂȘtre dit user de suggestion. Le pouvoir du thĂ©rapeute a donc pour fondation la largeur et l’intensitĂ© de sa veille gĂ©nĂ©ralisĂ©e. LĂ  oĂč les modifications opĂ©rĂ©es par l’exercice de l’hypnose peuvent ĂȘtre comprises comme la transformation de la rigiditĂ© des habitudes, enregistrĂ©es par l’esprit conscient, en souplesse et fluiditĂ© grĂące Ă  l’expĂ©rience de la complexitĂ© et de la force de la vigilance inconscient met Ă  la disposition du patient les nouvelles possibilitĂ©s et capacitĂ©s qui vont lui permettre de cette perspective, il est facile d’admettre que l’hypnose puisse ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme mĂ©dicale. Elle est en effet capable de guĂ©rir certains troubles ou comportements nocifs contrĂŽle de la douleur, addictions, difficultĂ©s alimentaires, dysfonctionnements psychiques ou psycho-somatiques. Quelqu’un, par exemple, voudrait bien ne plus fumer. Son passage par la vigilance gĂ©nĂ©ralisĂ©e lui permettra d’une part de mesurer et d’approfondir le degrĂ© de sa dĂ©termination, d’autre part de prendre appui sur des forces et des intĂ©rĂȘts nouveaux qu’il ne soupçonnait pas et qui rendent dĂ©risoire en comparaison le plaisir de la cigarette. L’hypnose guĂ©rit alors parce que, modifiant le contexte d’une habitude, elle en dĂ©truit le est aussi mĂ©dicale, au sens traditionnel du terme, car elle est une maniĂšre privilĂ©giĂ©e de dĂ©velopper certains aspects de cette pratique la prĂ©sence du mĂ©decin, son attention au patient, l’échange entre patient et mĂ©decin. On sait que ces traits constituent le premier remĂšde et rendent possible l’efficacitĂ© des autres lire Ă©galement Il suffit d’un geste » de François Roustang, Editions Odile Jacob, L’Hypnose MĂ©dicale » 2003 sous la direction du Dr J-Marc Benhaiem, Editions Med-Line L’Hypnose aujourd’hui » 2005 sous la direction du Dr J-Marc Benhaiem, Editions In-Press Oubliez le tabac! » 2005 du Dr J-Marc Benhaiem, Editions Albin Michel L’Hypnose qui soigne » 2006 du Dr J-Marc Benhaiem, Editions Josette Lyon Savoir attendre » 2006 de François Roustang, Editions Odile Jacob Enfin je maigris » 2008 du Dr J-Marc Benhaiem, Editiond Albin Michel Le secret de Socrate » 2009 de François Roustang, Editions Odile Jacob L’Hypnose ou les portes de la guĂ©rison » 2012 du Dr J-Marc Benhaiem Le guide de l’Hypnose » 2015 sous la direction du Dr J-Marc Benhaiem, Editions In-Press Zen et Hypnose » 2016 du Dr J-Marc Benhaiem, photos Harry Benhaiem, Editions de La MartiniĂšre Hypnose-toi Toi-MĂȘme! » 2019 du Dr J-Marc Benhaiem, Editions Flammarion ArrĂȘter de fumer sans se prendre la tĂȘte» 2021 coffret CD du Dr J-Marc Benhaiem, Editions First

INTRODUCTION: dĂ©finitions. 1. ĂȘtre conscient c’est ĂȘtre prĂ©sent Ă  soi et au monde ; ĂȘtre lĂ , sentir, prendre acte, ( il y a le froid par exemple) ĂȘtre capable de rĂ©agir. C’est la conscience immĂ©diate. Un systĂšme sensori-moteur et un systĂšme nerveux central en bon ordre suffisent pour ĂȘtre conscient en ce sens.

Vu derniÚrementñ€¯Vu il y a 2 joursMembre depuisñ€¯24 août 2022 Partager la publication "Forum bien-ÃÂȘtre, médecines douces et développement personnel" FacebookTwitter googleEcole de la vieEspace professionnelBoostez votre communication3Úme Festival pour l'école de la vieC’est quoi le bonheur pour vous ?Donnez un sens à vos vacancesNos engagementsNewslettersNos offres Le réseau neo-bienÃÂȘtre pour les professionnelsThérapeutes et professionnels du bien-ÃÂȘtre, vous retrouverez ici les différents services que propose l'agence Neo-bienÃÂȘtre en terme de communication, d'évÚnement... Rencontre inter-therapeutes Neo-bienÃÂȘtre – Paris – Lyon – Montpellier – Aix-en-Provence – Toulouse – BordeauxPas de conférence ou de table ronde, rien que des échanges conviviaux pour mieux se connaÃtre et échangerñ€© On laisse... E-mailing thérapeuteE-mailing thérapeutes, professionnels du bien-ÃÂȘtre, particuliers cadres supérieurs francophones et créatifs culturels passionnés de bien-ÃÂȘtre, médecine douce, développement personnel et... Facebook pour thérapeutes et professionnels du bien-ÃÂȘtreAu XIXÚme siÚcle, nous étions un milliard dñ€ℱhumains sur Terre. Aujourdñ€ℱhui, nous sommes un milliard sur Facebook ! Vous comprenez... Vélo, yoga et méditationVélo, yoga et méditation? Rythme détendu et doux, respect de lñ€ℱenvironnement, contact avec le monde, ouverture, partage, conscience du corps... Contactez-nous Inscrivez-vous à notre Newsletter Recevez toute lñ€ℱactualité des événements dans le domaine du bien-ÃÂȘtre, des médecines douces et du développement personnel pour ne rien rater. Méditation, yoga, sophrologieñ€©
Ilest faux que la cure fasse passer le "souvenir" pathogĂšne de l'inconscient dans le conscient, elle conduit Ă  former un "souvenir" lĂ  oĂč il avait "quelque chose" qui opprimait la conscience, "quelque chose qui Ă©tait issu du passĂ© mais qui Ă©tait un infra-souvenir et qui, sans doute, opprimait la conscience parce qu'elle ne pouvait plus former un souvenir sur cette matiĂšre
Objectif Comprendre la notion d'inconscient Points clĂ©s L'inconscient met en Ă©vidence la baisse de la vigilance, contrairement Ă  la conscience. Chez l'homme, certains comportements sont en effet automatiques, rĂ©sultant d'habitudes. L'inconscience implique Ă©galement l'irresponsabilitĂ© morale. Cependant, l'inconscient pose dĂ©bat sur la souverainetĂ© ou non de la conscience. 1. De l'inconscience animale Ă  la conscience humaine a. Inconscience et vigilance Les animaux et les hommes ont des perceptions, Ă©prouvent des sensations et manifestent des comportements liĂ©s Ă  leur survie. Ils sont dotĂ©s de conscience, au sens de vigilance psychique. L'inconscience met en Ă©vidence la baisse de la vigilance c'est un Ă©tat physique et mental liĂ© au fonctionnement du corps. Ainsi le sommeil est-il un Ă©tat inconscient. La conscience culmine chez l'homme en effet, l'homme est un ĂȘtre vivant qui ne se borne pas Ă  sentir, percevoir et agir ; il sait qu'il sent, perçoit et agit. L'ĂȘtre humain s'avĂšre capable de rĂ©flexion sur soi. La conscience rĂ©flĂ©chie n'appartient qu'au sujet pensant dotĂ© de raison. Dans cette perspective, ne serait-il pas tentant d'attribuer le plus haut degrĂ© de conscience Ă  l'homme ? L'inconscience ne serait-elle pas liĂ©e aux ĂȘtres les plus instinctifs, alors que la conscience rĂ©flĂ©chie, liĂ©e Ă  l'intelligence et Ă  la pensĂ©e, caractĂ©riserait les ĂȘtres capables d'hĂ©siter entre plusieurs actions possibles et de dĂ©libĂ©rer avec lui-mĂȘme avant de choisir ? Bergson 1859-1941 souligne l'intensitĂ© de la conscience humaine au moment du choix Quels sont [...] les moments oĂč notre conscience atteint le plus de vivacitĂ© ? Ne sont-ce pas les moments de crise intĂ©rieure, oĂč nous hĂ©sitons entre deux ou plusieurs partis Ă  prendre [...] ? Si conscience signifie mĂ©moire et anticipation, c'est que conscience est synonyme de choix. » L'Énergie spirituelle, 1919 C'est pourquoi, il est douteux », comme le dit encore Bergson, qu'on rencontre la conscience dans des organismes [...] qui n'ont pas de dĂ©cisions Ă  prendre ». b. Inconscience et habitude On observe chez l'homme certains comportements instinctifs, rĂ©sultant d'habitudes acquises. La plupart de ces comportements, dans la vie quotidienne, sont machinaux nous n'avons pas besoin, pour accomplir certaines actions, de rĂ©flĂ©chir. L'apprentissage de la conduite automobile, par exemple, semble fastidieuse, mais une fois que nous maĂźtrisons cette conduite, nous n'y pensons plus. Il en va de mĂȘme pour l'apprentissage d'un sport, voir d'un instrument de musique. N'y a-t-il pas, dans ces automatismes de la vie quotidienne, une forme d'inconscience ? Il y a, en tout homme, un ensemble d'automatismes, facilitant l'adaptation au milieu naturel et Ă  l'environnement social. La pensĂ©e consciente aurait, en somme, pour auxiliaires des activitĂ©s inconscientes fort utiles, ayant une fonction pratique. 2. L'inconscience morale une inconscience typiquement humaine L'inconscience n'est pas seulement un Ă©tat propre Ă  un organisme vivant, mettant en Ă©vidence une dĂ©faillance, une baisse ou une interruption de la vigilance. C'est aussi un Ă©tat d'esprit accompagnant un certain type de conduite humaine. On dit d'un homme qu'il est inconscient lorsque sa conduite est irresponsable ou lĂ©gĂšre, s'avĂšre blĂąmable, et porte prĂ©judice tant Ă  lui-mĂȘme qu'Ă  autrui. Il ne mesure pas les consĂ©quences de ses actes et ne prend pas en considĂ©ration la personne d'autrui. Ses dĂ©sirs et ses passions l'emportent sur sa raison, il semble ĂȘtre indiffĂ©rent aux valeurs morales. Les philosophes, dĂšs l'AntiquitĂ© grecque, dĂ©noncent ce type d'inconscience, caractĂ©risĂ©e par la non-maĂźtrise de soi. Socrate 470-399 av. est un modĂšle de maĂźtrise de soi et de dignitĂ© morale, que les Ă©coles philosophiques postĂ©rieures au platonisme ne cesseront de cĂ©lĂ©brer. La sagesse socratique porte la conscience morale Ă  son plus haut degrĂ© de perfection. 3. Le sujet pensant est-il conscient de tout ce qu'il pense, conçoit et ressent ? a. Les activitĂ©s inconscientes ne mettent pas en cause la souverainetĂ© de la conscience Les philosophes n'ont pas manquĂ© de signaler, au sein du sujet conscient, la prĂ©sence d'opĂ©rations et d'Ă©tats inconscients. Ainsi, comme l'explique Leibniz 1646-1716, les hommes ne perçoivent pas toutes les impressions qu'ils ressentent. Certaines perceptions sont insensibles ce sont des perceptions qui affectent le sujet, mais dont il ne se rend pas compte. Ainsi en est-il du bruit de la mer Pour entendre le bruit de la mer, il faut bien qu'on entende les parties qui composent ce tout, c'est-Ă -dire le bruit de chaque vague, quoique chacun de ces petits bruits ne se fasse que dans l'assemblage confus de tous les autres ensemble, et qu'il ne se remarquerait pas si cette vague qui le fait Ă©tait seule » Nouveaux essais sur l'entendement humain, 1704 Leibniz montre donc qu'il existe des perceptions de l'Ăąme dont nous ne sommes pas conscients. Mais, tout en signalant cette part d'inconscient en l'homme, la plupart des philosophes ne cessent de cĂ©lĂ©brer la souverainetĂ© du sujet conscient. Spinoza, dans La Lettre Ă  Shuller 1674-1675, compare la libertĂ© humaine Ă  celle de la pierre Une pierre reçoit d'une cause extĂ©rieure qui la pousse Ă  une certaine quantitĂ© de mouvement, par laquelle elle continuera certainement de se mouvoir aprĂšs l'arrĂȘt de l'impulsion externe. [...] Cette pierre, assurĂ©ment, puisqu'elle n'est consciente que de son effort, et qu'elle n'est pas indiffĂ©rente, croira ĂȘtre libre et ne persĂ©vĂ©rer dans son mouvement que par la seule raison qu'elle le dĂ©sire. Telle est cette libertĂ© humaine que tous les hommes se vantent d'avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs dĂ©sirs et ignorants des causes qui les dĂ©terminent ». Cette lettre, restĂ©e cĂ©lĂšbre dans l'histoire de la philosophie, montre que Spinoza ne croit pas Ă  la libertĂ© humaine. Toutefois, il serait faux de dire que Spinoza renonce Ă  l'idĂ©e de libertĂ© sachant que la libertĂ© est une illusion, dira-t-il en substance dans L'Éthique 1677, l'homme pourra apprendre Ă  devenir libre. Autrement dit, la conscience de ne pas ĂȘtre libre donne accĂšs Ă  la libertĂ©. b. La contestation de la souverainetĂ© de la pensĂ©e consciente Au XIXe siĂšcle, l'idĂ©e que la conscience est transparente Ă  elle-mĂȘme est radicalement remise en cause. Nietzsche 1844-1900 dĂ©nonce la superficialitĂ© de l'activitĂ© consciente. La pensĂ©e consciente ne serait qu'un aspect minime, voire dĂ©risoire, de l'activitĂ© de l'esprit. Ce qu'il y a de meilleur en l'homme Ă©chapperait Ă  la juridiction du moi » conscient. Le sujet conscient et volontaire, un et unifiĂ©, serait une illusion, engendrĂ©e la tradition grecque et chrĂ©tienne. La contestation vient ensuite de la psychanalyse. Freud 1856-1939, partant de l'Ă©tude des souffrances psychologiques, pose l'activitĂ© d'un inconscient, parallĂšlement Ă  celle de la conscience et opĂ©rant, donc, Ă  l'insu du sujet rĂ©flĂ©chi. La pensĂ©e consciente n'aurait pas la toute puissance que la tradition philosophique, morale, et religieuse, lui prĂȘte. Il y aurait, en tout homme, dĂšs l'enfance, des images, des souvenirs et des pensĂ©es, Ă©cartĂ©s et maintenus hors de la conscience cette opĂ©ration, que Freud nomme le refoulement », serait liĂ©e Ă  la pulsion sexuelle. Selon Freud, trois instances structurent le psychisme le moi », le ça », le surmoi ». Le moi » est l'Ă©quivalent de ce que nous appelons la conscience ». Notre moi s'exprime, par exemple, lorsque nous disons je ». Le ça » correspond Ă  l'inconscient, et plus particuliĂšrement aux pulsions et aux dĂ©sirs dont nous n'avons pas conscience - et dont le surmoi » empĂȘche la rĂ©alisation. Le surmoi correspond essentiellement Ă  l'instance morale Freud le compare Ă  la loi, aux interdits, mais aussi Ă  l'image du pĂšre. La seconde topique », qui correspond Ă  la tentative de dĂ©crire la structure du psychisme divisĂ©e en un moi, un ça et un surmoi a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e par Freud en 1920. La psychanalyse marque profondĂ©ment la pensĂ©e philosophique car elle met en cause l'idĂ©e traditionnelle de la conscience, par essence rationnelle. L'hypothĂšse de l'inconscient ruine l'idĂ©e selon laquelle le moi » serait maĂźtre en sa maison », selon les propres termes de Freud. Le moi » n'est dĂ©sormais plus transparent Ă  lui-mĂȘme. Vous avez dĂ©jĂ  mis une note Ă  ce cours. DĂ©couvrez les autres cours offerts par Maxicours ! DĂ©couvrez Maxicours Comment as-tu trouvĂ© ce cours ? Évalue ce cours ! Fiche de cours VidĂ©os Profs en ligne
Linconscient n’est donc pas une conscience obscurcie. Il constitue une vĂ©ritable instance du psychisme. Freud qualifie de prĂ©conscients les pensĂ©es, les souvenirs qui sont temporairement absents de la conscience, mais qui peuvent y revenir Ă  tout moment. Il le fait pour les distinguer des contenus qui sont vĂ©ritablement inconscients. La conscience est un pouvoir de reprĂ©sentation permettant Ă  l'homme d'avoir la connaissance des choses et de lui-mĂȘme. Il sait qu'elles existent et il a la connaissance immĂ©diate de sa propre existence ainsi que de ses Ă©tats et de ses actes. Le terme signifie Ă©tymologiquement avec la connaissance de ». La conscience est un savoir accompagnant la vie, les pensĂ©es et les actes d'une personne. C'est mĂȘme, si l'on en croit Locke, la conscience de soi qui fonde la possibilitĂ© de se savoir une seule et mĂȘme personne tout au long de sa vie. En ce sens il semble y avoir une Ă©quivalence entre la conscience de soi et la connaissance de soi. Pourtant suffit-il de s'apercevoir, de se donner la reprĂ©sentation de soi-mĂȘme pour prĂ©tendre avoir une vĂ©ritable connaissance de soi ? La notion de connaissance connote en effet l'idĂ©e d'un savoir obĂ©issant Ă  une exigence de luciditĂ© et d'objectivitĂ©. ConnaĂźtre en ce sens consiste Ă  dĂ©jouer les puissances trompeuses promptes Ă  abuser l'esprit dans sa recherche de la vĂ©ritĂ©. La notion connote aussi celle d'un effort d'intelligibilitĂ©. ConnaĂźtre consiste Ă  rendre raison des choses par l'intelligence des causes, celles-ci n'Ă©tant jamais donnĂ©es mais dĂ©couvertes par un exigeant travail de recherche. Si l'on donne Ă  la notion de connaissance, son sens fort, il ne va donc plus du tout de soi que la conscience de soi soit une connaissance de soi. Le doute s'impose, par ailleurs, car nous faisons souvent l'expĂ©rience de l'opacitĂ© de notre ĂȘtre. Nous sommes tristes mais nous ne comprenons pas pourquoi, nous sommes traversĂ©s par un dĂ©sir mais il nous Ă©tonne. Nous soupçonnons, dans telle situation, qu'il y a en nous quantitĂ© de choses dont nous ignorons l'existence et nous dĂ©couvrons parfois dans la stupĂ©faction, l'Ă©cart existant entre l'image que nous nous faisons de nous-mĂȘmes et celle que les autres nous renvoient. Pire, nous nous surprenons Ă  nous mentir et Ă  mentir aux autres comme s'il Ă©tait impossible d'assumer certaines dimensions de notre ĂȘtre. Et il faut souvent la mĂ©diation d'autrui ou de certaines Ă©preuves pour nous dessiller et comprendre que nous ne sommes pas ce que nous avions l'illusion d'ĂȘtre. Il apparaĂźt donc que la conscience de soi, qui est une condition nĂ©cessaire de la connaissance de soi, n'en est pas une condition suffisante. La question est alors de savoir pourquoi il en est ainsi. Qu'est-ce qui expose la conscience de soi Ă  l'illusion et la condamne souvent Ă  ĂȘtre une mĂ©connaissance de soi ? Pour autant, le terme de connaissance est-il appropriĂ© pour dĂ©signer l'opĂ©ration permettant de se saisir dans son identitĂ© humaine et dans son identitĂ© personnelle ? Car le propre d'un sujet est de ne pas avoir la consistance et la permanence des objets. Si la connaissance implique des procĂ©dures d'objectivation, n'est-elle pas par principe condamnĂ©e Ă  manquer l'identitĂ© d'un sujet ? Et qu'est-ce que le sujet ou le moi en dehors de la conscience qu'il a de lui-mĂȘme ? Une fiction peut-ĂȘtre comme le montre Hume, auquel cas la conscience de soi n'aurait pas d'objet et si elle en a un, elle est disqualifiĂ©e par la rĂ©flexion prĂ©cĂ©dente dans toute prĂ©tention Ă  l'objectivitĂ©. Alors faut-il renoncer Ă  la connaissance de soi-mĂȘme ou bien faut-il comprendre que l'identitĂ© humaine et l'identitĂ© personnelle sont plus un projet qu'une donnĂ©e ; une dĂ©cision qu'un ĂȘtre ; une destinĂ©e qu'un destin? Si c'est bien ainsi qu'il faut interprĂ©ter le connais-toi toi-mĂȘme » socratique, cela signifie que seule la conscience d'ĂȘtre un esprit ou une libertĂ© est une vĂ©ritable connaissance de soi. Mais cette connaissance est une tĂąche Ă  assumer, non le savoir objectif d'un supposĂ© objet. I La conscience de soi est une connaissance immĂ©diate de soi-mĂȘme et du monde. La conscience est la modalitĂ© d'existence de l'ĂȘtre humain. DĂšs que la conscience s'Ă©veille c'est le monde qui surgit avec moi et autrui situĂ©s en lui. Impossible d'Ă©chapper au savoir de sa propre existence, Ă  l'intuition de ses Ă©tats et de ses actes. Je fais tel geste et mĂȘme si c'est sous une forme confuse j'en ai conscience. Je m'ennuie dans ce cours et je le sais. Certes la conscience peut ĂȘtre vague, engluĂ©e dans les automatismes, reste que dĂšs qu'il y a conscience il y a connaissance. Il y a mĂȘme sentiment d'ĂȘtre une seule et mĂȘme personne tout au long de sa vie car Ă©tant toujours prĂ©sent par la conscience Ă  moi-mĂȘme, je vis la multiplicitĂ© et la diversitĂ© de mes Ă©tats comme miens. La conscience est donc une forme immĂ©diate de connaissance or une connaissance immĂ©diate peut-elle ĂȘtre une vĂ©ritable connaissance ? Sous sa forme spontanĂ©e, la conscience n'est-elle pas exposĂ©e au prĂ©jugĂ©, Ă  l'illusion, Ă  la naĂŻvetĂ©, aux piĂšges des fausses Ă©vidences ? Platon a pointĂ© dans l'allĂ©gorie de la caverne les risques d'un rapport au rĂ©el non mĂ©diatisĂ© par la rĂ©flexion et l'ascĂšse de notre part sensible. Le danger est toujours de confondre l'apparence des choses avec les choses elles-mĂȘmes. Par exemple, pour ce qui concerne notre question, est-il possible pour un sujet d'entretenir avec lui un rapport soucieux d'objectivitĂ© ? N'est-il pas beaucoup trop intĂ©ressĂ© Ă  construire une image gratifiante de lui-mĂȘme pour ĂȘtre le meilleur placĂ© pour se connaĂźtre ? Ce soupçon invite Ă  poser la question du statut de l'introspection et Ă  comprendre que sans la distance de l'extĂ©rioritĂ© et de l'objectivitĂ©, il est vain de prĂ©tendre Ă  une connaissance objective de quoi que ce soit. Or dans le cas de la connaissance de soi, il est impossible de disjoindre le sujet et l'objet de la connaissance. De mĂȘme, peut-il entrevoir que ce moi qu'il a conscience d'ĂȘtre est peut-ĂȘtre introuvable dĂšs lors qu'on se mĂȘle de le chercher sĂ©rieusement ? Chacun parle, en effet, spontanĂ©ment de lui comme s'il Ă©tait un ĂȘtre ayant une consistance et une permanence propres. Et les illusions intimistes sont monnaie courante. On invoque un moi profond », qui serait Ă  retrouver derriĂšre les multiples visages que chacun est pour chacun comme si la personne Ă©tait quelque chose en dehors des rĂŽles sociaux qu'elle incarne, des actes qui la rĂ©vĂšlent ou des mĂ©tamorphoses qu'elle subit. Or la rĂ©flexion pascalienne sur le moi nous affranchit de cette naĂŻvetĂ©. Le moi est inassignable car tout ce qui le caractĂ©rise dans sa singularitĂ© concrĂšte est multiple, divers et pĂ©rissable. Alors pourquoi ne peut-on pas Ă©tablir l'Ă©quivalence de la conscience de soi et de la connaissance de soi ? II Une connaissance non mĂ©diatisĂ©e n'est pas une vĂ©ritable connaissance. La conscience de soi est mĂ©connaissance de soi. Ce dĂ©veloppement exige d'exploiter les thĂšmes suivants Pascal et sa critique de l'intĂ©rĂȘt ou de l'amour-propre. Pascal souligne combien la conscience immĂ©diate est investie par des affects, des dĂ©sirs, des intĂ©rĂȘts sensibles. Ses reprĂ©sentations sont construites sur d'autres exigences que le souci de la vĂ©ritĂ©. D'oĂč les images de soi que chacun construit Ă  son avantage et l'hostilitĂ© Ă  l'Ă©gard de tous ceux qui dĂ©rangent Narcisse dans ses aveuglements. Cf. PensĂ©e B82 Notre propre intĂ©rĂȘt est encore un merveilleux instrument pour nous crever les yeux agrĂ©ablement. Il n'est pas permis au plus Ă©quitable homme du monde d'ĂȘtre juge en sa propre cause ». PensĂ©e B 100 La nature de l'amour-propre et de ce moi humain est de n'aimer que soi et de ne considĂ©rer que soi. Mais que fera-t-il ? Il ne saurait empĂȘcher que cet objet qu'il aime ne soit plein de dĂ©fauts et de misĂšres il veut ĂȘtre grand, et il se voit petit ; il veut ĂȘtre heureux, et il se voit misĂ©rable; il veut ĂȘtre parfait, et il se voit plein d'imperfections ; il veut ĂȘtre l'objet de l'amour et de l'estime des hommes, et il voit que ses dĂ©fauts ne mĂ©ritent que leur aversion et leur mĂ©pris. Cet embarras oĂč il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu'il soit possible de s'imaginer; car il conçoit une haine mortelle contre cette vĂ©ritĂ© qui le reprend, et qui le convainc de ses dĂ©fauts. Il dĂ©sirerait de l'anĂ©antir, et, ne pouvant la dĂ©truire en elle-mĂȘme, il la dĂ©truit, autant qu'il peut, dans sa connaissance et dans celle des autres; c'est-Ă -dire qu'il met tout son soin Ă  couvrir ses dĂ©fauts et aux autres et Ă  soi-mĂȘme, et qu'il ne peut souffrir qu'on les lui fasse voir, ni qu'on les voie. C'est sans doute un mal que d'ĂȘtre plein de dĂ©fauts mais c'est encore un plus grand mal que d'en ĂȘtre plein et de ne les vouloir pas reconnaĂźtre, puisque c'est ajouter encore celui d'une illusion volontaire ». Sartre et la thĂ©matique de la mauvaise foi. Mensonge Ă  soi et mensonge aux autres car il est difficile d'assumer les multiples responsabilitĂ©s qui nous incombent tant dans notre facticitĂ© que dans notre transcendance. Notre libertĂ© nous angoisse et nous expose sans cesse Ă  nous dĂ©fausser d'une certaine vĂ©ritĂ© de nous-mĂȘmes parce qu'elle nous dĂ©range. Rien n'est plus inaccessible Ă  l'homme que la sincĂ©ritĂ© puisqu'il n'existe pas dans l'identitĂ© de soi avec soi et l'authenticitĂ© n'est pas la vertu la mieux partagĂ©e. Il y faut un courage qui fait la plupart du temps dĂ©faut. Ici, il est intĂ©ressant de pointer cette tendance si courante du sujet Ă  s'identifier Ă  son rĂŽle social. On pense bien sĂ»r Ă  l'analyse sartrienne du garçon de cafĂ©. Il joue avec un tel sĂ©rieux son rĂŽle qu'il se prend pour un garçon de cafĂ©, qu'il confond sa personne avec son personnage. Et l'on observe que lorsque le rĂŽle est gratifiant, la personne a l'impression de "n'ĂȘtre plus rien" lorsqu'elle en est dĂ©possĂ©dĂ©e. Drame des disqualifications, de la retraite. "Dans toute carriĂšre publique, une fois que l'on a construit son personnage et que le bruit qu'il fait revient Ă  son auteur et lui enseigne ce qu'il paraĂźt, celui-ci joue son personnage ou plutĂŽt son personnage le joue" ValĂ©ry MĂ©langes. Freud et le thĂšme de l'inconscient. S'il est vrai, comme l'analyse Freud, que notre psychisme est pour l'essentiel inconscient, il est clair que la conscience de soi ne peut pas ĂȘtre le moyen de se connaĂźtre. Le moi en est rĂ©duit Ă  se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe en dehors de sa conscience dans sa vie psychique ». Freud montre que la luciditĂ© est barrĂ©e par principe car ce qu'il appelle inconscient, c'est l'Ă©cart entre le sens que chacun donne consciemment Ă  ses faits et gestes et le sens que ces mĂȘmes faits et gestes ont dans l'interprĂ©tation analytique. Seule la mĂ©diation d'un analyste permet au sujet de nouer un rapport plus lucide avec lui-mĂȘme. Descartes et le thĂšme de l'opacitĂ© de l'union de l'Ăąme et du corps, les phĂ©nomĂ©nologues et le thĂšme de l'opacitĂ© du corps. Etre l'union d'une Ăąme et d'un corps Descartes ou ĂȘtre un corps phĂ©nomĂ©nologie c'est vivre d'une vie qui n'est pas transparente Ă  l'entendement. J'ai bien conscience de ma dĂ©prime passion de l'Ăąme mais sa genĂšse, les causes qui l'expliquent me demeurent inconnues. Ainsi en est-il chaque fois que mes Ă©tats ne procĂšdent pas de l'initiative de ma pensĂ©e. Je subis dans la confusion mes Ă©tats d'Ăąme. Ma seule libertĂ© consiste Ă  me disposer d'une maniĂšre raisonnable Ă  leur endroit. Ce que Descartes appelle faire un bon usage des passions de l'Ăąme». Idem pour ce qui se passe dans mon corps. Pour l'essentiel je l'ignore. J'ai bien conscience de mon corps mais je suis privĂ© de la connaissance de sa vie propre. Spinoza et le thĂšme du rapport imaginaire Ă  soi-mĂȘme. Les hommes ont conscience de leurs actes mais ils ignorent les causes qui les dĂ©terminent. Seule la connaissance rationnelle, peut dĂ©raciner les prĂ©jugĂ©s en permettant une connaissance adĂ©quate. L'objectivitĂ©, la vĂ©ritĂ© d'une connaissance sont des conquĂȘtes non des donnĂ©es immĂ©diates. Sartre et le thĂšme de la nĂ©cessaire mĂ©diation d'autrui. Sans la distance que me donne sur moi-mĂȘme le regard de l'autre, je ne suis guĂšre en situation de rompre l'intimitĂ© de moi avec moi afin de me voir comme une conscience peut me voir. Le regard d'autrui en me chosifiant me met en demeure d'advenir Ă  la dimension de la conscience, celle-ci ne s'actualisant que comme mouvement de division, d'Ă©cart de soi Ă  soi. Le thĂšme de la nĂ©cessaire mĂ©diation des Ă©preuves et du temps. On peut jouer en imagination quantitĂ© de personnages. Celui du hĂ©ros ou au contraire celui du poltron. On peut rĂȘver disposer d'une libertĂ© sans limites. Seule l'Ă©preuve de la rĂ©alitĂ© nous permettra de prendre la mesure de notre courage ou de notre lĂąchetĂ© et de la marge de manoeuvre de notre libertĂ©. Par exemple, je pensais dans les temps heureux de la santĂ© que dans la maladie implacable je demanderais Ă  en finir et je dĂ©couvre que je lutte pour sauver un ultime Ă©clair de vie ; je pensais que la peur de mourir me rendrait lĂąche et je me dĂ©couvre courageux. Je me croyais capable de soulever des montagnes et je m'aperçois que je baisse les bras Ă  la premiĂšre difficultĂ©. Cf. St ExupĂ©ry dans Terre des hommes La terre nous en apprend plus long sur nous-mĂȘmes que tous les livres. Parce qu'elle nous rĂ©siste. L'homme se dĂ©couvre quand il se mesure avec l'obstacle. Mais pour l'atteindre, il lui faut un outil. Il lui faut un rabot ou une charrue. Le paysan dans son labour arrache peu Ă  peu quelque secret Ă  la nature, et la vĂ©ritĂ© qu'il dĂ©gage est universelle. De mĂȘme l'avion, l'outil des lignes aĂ©riennes, mĂȘle l'homme Ă  tous les vieux problĂšmes » et bien sĂ»r Ă  celui, ici, des conditions concrĂštes de la connaissance de soi. Sartre a dit cela aussi, d'une maniĂšre terrible pour tous les hommes qui, au lieu de se faire ĂȘtre, se contentent de se rĂȘver. L'homme n'est rien d'autre que son projet, il n'existe que dans la mesure oĂč il se rĂ©alise, il n'est rien d'autre que l'ensemble de ses actes, rien d'autre que sa vie. D'aprĂšs ceci, nous pouvons comprendre pourquoi notre doctrine fait horreur Ă  un certain nombre de gens. Car souvent ils n'ont qu'une seule maniĂšre de supporter leur misĂšre, c'est de penser Les circonstances ont Ă©tĂ© contre moi, je valais mieux que ce que j'ai Ă©tĂ© ; bien sĂ»r, je n'ai pas eu de grand amour, ou de grande amitiĂ© mais c'est parce que je n'ai pas rencontrĂ© un homme ou une femme qui en fusse digne ... Or, en rĂ©alitĂ©, pour l'existentialiste, il n'y a pas de possibilitĂ© d'amour autre que celle qui se manifeste dans un amour ... Un homme s'engage dans sa vie, dessine sa figure et en dehors de cette figure il n'y a rien » L'existentialisme est un humanisme. 1946. III VanitĂ© d'une connaissance de soi qui n'est pas conscience de la distance sĂ©parant le sujet de toutes ses expressions provisoires et inaccomplies. La connaissance de soi est donc une entreprise qui excĂšde les possibilitĂ©s de la conscience de soi immĂ©diate. Elle requiert de nombreuses mĂ©diations et est, au fond, toujours inachevĂ©e puisque l'identitĂ© d'un sujet n'est pas fixĂ©e une fois pour toutes. Elle se construit, se remanie continuellement en fonction des leçons de l'expĂ©rience et d'un projet d'existence. L'homme existe et il n'est que ce qu'il se fait, enseigne l'existentialisme. Il s'ensuit qu'on ne peut parler de l'ĂȘtre d'un homme qu'au passĂ©. Oui, il a Ă©tĂ© ceci ou cela mais impossible de dire ce qu'il est, puisque tant qu'il vit, il peut toujours surprendre et se vouloir autre que ce qu'il fut jusque lĂ . Telle est la condition du pour soi, c'est-Ă -dire de l'ĂȘtre impuissant Ă  ĂȘtre dans la clĂŽture et la plĂ©nitude de l'en soi. La vraie connaissance de soi n'est donc pas connaissance de ce que l'on est passivement. Certes, une personne intĂšgre de nombreuses donnĂ©es empiriques qu'elle n'a pas choisies. Elle est un homme ou une femme, un blanc ou un noir, un tempĂ©rament apathique ou nerveux etc. Il ne s'agit pas de nier qu'il y a des Ă©lĂ©ments reçus dans l'identitĂ© d'un homme. Mais prĂ©tendre rĂ©duire son ĂȘtre Ă  sa dimension de passivitĂ©, c'est s'identifier par sa facticitĂ©. Or, on se demande bien ce que peut ĂȘtre un "moi" en dehors de ce qui assure sa continuitĂ©, c'est-Ă -dire en dehors de la conscience qu'il a de lui-mĂȘme. Un mythe dit Hume et Montaigne, fin analyste de l'expĂ©rience humaine avoue "Je ne peins pas l'ĂȘtre, je peins le passage". C'est dire que toute rĂ©ification de soi dans l'invocation d'un prĂ©tendu ĂȘtre qui serait donnĂ© hors de la dĂ©cision de le faire exister de telle ou telle maniĂšre est une stratĂ©gie de mauvaise foi. Il n'y a pas de sujet hors de l'opĂ©ration par lequel il se pose, pas d'identitĂ© personnelle hors d'un processus d'identification. Le moi n'est pas un objet qui, hors de soi, serait Ă  connaĂźtre, c'est un sujet ne prenant consistance que par le mouvement de nier tout ce en quoi il ne peut pas se reconnaĂźtre. C'est dire qu'il n'a pas d'ĂȘtre parce que son ĂȘtre c'est la libertĂ©. Conclusion La conscience de soi n'est pas spontanĂ©ment une connaissance de soi. Il faut, pour prĂ©tendre Ă  une connaissance, quelle qu'elle soit, s'affranchir de tout ce qui aveugle car la luciditĂ© et le souci de la vĂ©ritĂ© sont des conquĂȘtes. Il y faut aussi de nombreuses mĂ©diations. Mais il convient de ne pas se tromper sur le sens d'une authentique connaissance de soi. Ce ne peut pas ĂȘtre une connaissance de type scientifique car un sujet ne peut pas ĂȘtre objectivĂ© sans ĂȘtre niĂ©. Se connaĂźtre revient donc, en derniĂšre analyse, Ă  se rĂ©flĂ©chir dans sa dignitĂ© de sujet et pour cette opĂ©ration la conscience suffit, Ă  condition de prĂ©ciser que cette conscience ne peut pas ĂȘtre la conscience spontanĂ©e. Pour qu'un sujet, une conscience ou une libertĂ© puisse faire l'expĂ©rience pure de son ĂȘtre, l'ascĂšse d'une mĂ©ditation mĂ©taphysique est nĂ©cessaire. Descartes a donnĂ© la mesure d'un tel exercice rĂ©flexif. Et cette mĂ©ditation a ceci de singulier qu'elle est moins dĂ©voilement d'une essence qu'assignation Ă  une tĂąche spirituelle et morale. Partager Marqueursamour-propre, condition nĂ©cessaire, condition suffisante, connaissance, conscience de soi, conscience immĂ©diate, conscience rĂ©flĂ©chie, conscience spontanĂ©e, illusion, mauvaise foi, regard d'autrui CĂ©tait bientĂŽt finit, se cauchemar prendrait bientĂŽt fin, encore quelques minutes et ça serait bon. Poussant un soupir de soulagement, encore un, Kyara Ă©coutai L'analyse du professeur La psychanalyse freudienne est cĂ©lĂšbre pour avoir construit l’hypothĂšse de l’inconscient, et mis ainsi au jour un systĂšme thĂ©orique limitant le pouvoir que l’individu conscient prĂ©tend avoir sur ses actions. Souvent dĂ©criĂ©, ce systĂšme thĂ©orique ne se veut pourtant pas un systĂšme absolu, qui passerait implicitement, mais fermement, de l’hypothĂšse Ă  la certitude. Tout au contraire, Freud montre que l’inconscient est une hypothĂšse qui permet Ă  la fois de mieux analyser l’action de l’homme, et de fournir Ă  chacun les outils pour s’affranchir des dĂ©terminismes psychiques qui pĂšsent sur la rĂ©alisation des actes. Une tension caractĂ©rise toutefois le jeu de ces deux atouts de l’analyse de Freud. D’une part, comme explication thĂ©orique, l’hypothĂšse de l’inconscient affirme clairement que le moi conscient n’est pas maĂźtre dans sa propre maison, et risque d’ĂȘtre le jouet de la tyrannie d’un autre lui-mĂȘme inconscient. Mais d’autre part, la possibilitĂ© de la thĂ©rapie psychologique semble indiquer la possibilitĂ© de ne pas accepter le dĂ©terminisme inconscient, et de s’en libĂ©rer. L’idĂ©e d’inconscient exclut-elle celle de libertĂ© ? InterprĂ©tĂ©e de façon littĂ©rale, cette question semble appeler une rĂ©ponse Ă©vidente si l’idĂ©e d’inconscient a une quelconque rĂ©alitĂ©, elle implique nĂ©cessairement l’exclusion de la libertĂ©, puisque l’homme est le jouet d’une force occulte qu’il ne peut apprĂ©hender consciemment. La question semble toutefois plus complexe, dans la mesure oĂč les deux idĂ©es ne sont pas nĂ©cessairement antithĂ©tiques, si tant est qu’elle ne soient pas affirmĂ©es ensemble. Autrement dit, l’idĂ©e d’inconscient pour pousser un homme Ă  rĂ©affirmer sa libertĂ© effective. DĂšs lors, le problĂšme qui se pose est celui de savoir dans quelle mesure l’idĂ©e d’inconscient peut ĂȘtre Ă  l’origine d’une prise conscience, et d’une action contre les effets de l’inconscient. Nous chercherons tout d’abord Ă  montrer que l’idĂ©e d’inconscient semble par dĂ©finition s’opposer Ă  celle de libertĂ©, dans la mesure oĂč le fait de rĂ©aliser la prĂ©sence de l’inconscient en soi impliquerait la nĂ©gation de son pouvoir de libertĂ© I. Ce constat nous engagera toutefois Ă  rĂ©flĂ©chir aux possibilitĂ©s thĂ©rapeutiques qui s’offre alors Ă  celui qui prend conscience de son inconscient. Nous nous attacherons ainsi Ă  montrer que la libertĂ© passe par une prise en compte du poids de l’inconscient dans l’affirmation de la responsabilitĂ© II. ... TheAwakening Conscience (1853) est une huile sur toile de l'artiste anglais William Holman Hunt, un des fondateurs de la FraternitĂ© prĂ©raphaĂ©lite. Une jeune femme y est reprĂ©sentĂ©e dans une piĂšce, en train de se lever des genoux d'un homme et regardant par la fenĂȘtre. Le tableau appartient Ă  la collection de la Tate Britain Ă  Londres. Sujet. Si le tableau semble reprĂ©senter

PubliĂ© le 10/02/2015 Ă  16h59 , mis Ă  jour le 10/02/2015 Ă  17h15 Validation mĂ©dicale 10 February 2015 Souvent associĂ© Ă  nos pulsions, nos dĂ©sirs inavouables ou nos angoisses, notre inconscient nous Ă©chappe. Toutefois, l’ignorer n’est pas la solution. D’ailleurs, il nous envoie sans cesse des messages. Le psychanalyste Saverio Tomasella nous explique pourquoi et comment en faire un alliĂ©, pour mieux se connaĂźtre et se libĂ©rer de rĂ©pĂ©titions malheureuses. Les poĂštes y puisent leur inspiration, les psy nous invitent Ă  l’éclairer
 Notre inconscient, ce mystĂšre qui nous habite, peut ĂȘtre Ă  la fois une entrave Ă  notre dĂ©veloppement et notre plus prĂ©cieux alliĂ©. Certes, "dans l’inconscient, il y a tout ce qui nous gĂȘne et que nous refoulons, enfouissons, mais Ă©galement l’infini trĂ©sor de notre potentiel" rappelle le psychanalyste Saverio Tomasella. Par dĂ©finition, l’inconscient relĂšve de tout ce qui n’est pas conscient, et qui nous reste donc Ă  dĂ©couvrir. Le rĂȘve, c’est la voie royale de l’inconscient ! Dans son traitĂ© des songes, Hippocrate, le pĂšre de la mĂ©decine moderne 460 Ă  360 av insiste sur l’importance du contenu onirique qui permet d’établir un symptĂŽme. Plus tard en 1899, le cĂ©lĂšbre psychanalyste Freud impose le rĂȘve et sa thĂ©orie de l’inconscient, avec la publication de Die Traumdeutung en 1899, militant en faveur d’une activitĂ© inconsciente crĂ©atrice fĂ©conde. Selon lui, l’homme forme des dĂ©sirs et des pulsions qui, inacceptables pour la conscience, sont refoulĂ©s. Il leur correspond une Ă©nergie emmagasinĂ©e que le sujet doit Ă©vacuer pour se soulager d’une tension psychique. A l’hypothĂšse que les rĂȘves se nourrissent des conflits de l’enfance, Carl Jung en soumet une autre et envisage, lui, le rĂȘve comme moyen d’accĂšs Ă  l’inconscient individuel au sein d’un inconscient collectif. L’inconscient, le rĂ©servoir de tous nos refoulements Souvent associĂ© Ă  l’ombre, l’inconscient recĂšle entre autres pulsions et dĂ©sirs parfois inavouables, profondes angoisses et traumatismes. D’oĂč notre rĂ©ticence Ă  y plonger. Toutefois l’ignorer n’est guĂšre possible ; il cherchera Ă  se manifester, le plus souvent Ă  votre insu, comme le signale notre expert "Nos lapsus, nos oublis, nos actes manquĂ©s, nos rĂ©pĂ©titions malheureuses, sont autant de messages que nous envoie notre inconscient, pour se rappeler Ă  notre bon souvenir". Par exemple, vous pouvez ressentir une sensation de gĂȘne, sans vraiment savoir pourquoi lĂ , pas de doute, c’est votre inconscient qui est Ă  l’Ɠuvre. "Il peut s’agir d’une mĂ©moire qui se rĂ©veille par rapport Ă  un Ă©vĂ©nement du passĂ©" explique Saverio Tomasella. Nos lapsus aussi sont lĂ©gion. Ce mot qui nous Ă©chappe, en remplacement d’un autre, signale une pensĂ©e, un dĂ©sir, dont nous ignorions l’existence et qui se fait jour, Ă  notre insu. Les actes manquĂ©s aussi figurent Ă  ce registre. Les survivants de catastrophe aĂ©rienne ou ferroviaire en tĂ©moignent. Quelque chose les a empĂȘchĂ©s de s’y rendre. Inconsciemment, ils savaient ! Par condensation La condensation correspond Ă  l’amalgame ou Ă  la fusion de rĂ©alitĂ©s diffĂ©rentes Ă©poques, lieux, personnes, situations, idĂ©es, qui sont associĂ©es du fait d’une convergence ou d’une ressemblance inconsciente. Exemple Dans un rĂȘve, Freud repĂšre que le mot botanique condense plusieurs rĂ©alitĂ©s un professeur dont le nom signifie "jardinier", une "florissante jeune femme", une patiente nommĂ©e Flora, une femme "Ă  qui son mari avait oubliĂ© d’apporter des fleurs", la fleur prĂ©fĂ©rĂ©e de son Ă©pouse, un souvenir d’Italie, Par dĂ©placement. Le dĂ©placement concerne la substitution d’un Ă©lĂ©ment important Ă©poque, lieu, personne, situation par un autre de moindre valeur, du fait d’une correspondance inconsciente entre eux. Exemple Annie, voit passer une voiture rouge et se sent envahie de tristesse
 Le rouge Ă©tait la couleur de la voiture de son pĂšre, mort il y a un an. La tristesse du deuil s’est dĂ©placĂ©e de son pĂšre Ă  la couleur de la voiture. Par conversion. Ce qui ne peut ĂȘtre exprimĂ© par la parole se manifeste par le corps. Exemple Sonia a mal au ventre avant de partir Ă  l’école. Elle ne peut pas dire clairement la raison pour laquelle elle ne veut pas y aller. Son dĂ©sir de rester Ă  la maison se manifeste dans son corps. À voir aussi L’inconscient, notre prĂ©cieux alliĂ© Si l’inconscient est au coeur de la psychanalyse et autres thĂ©rapies, c’est que son Ă©clairage est nĂ©cessaire pour mieux se connaĂźtre, mieux vivre et se sentir libre. "Il contiendrait aussi toutes nos ressources et nos trĂ©sors, eux aussi enfouis" rappelle notre expert. En lui faisant barrage, par crainte sans doute de dĂ©couvrir des choses qui nous dĂ©rangent, nous courrons le risque de le laisser nous influencer, en perpĂ©trant nombre de rĂ©pĂ©titions, dont le sens nous Ă©chappe, les vivant alors comme une fatalitĂ©. Lui prĂȘter, Ă  l’inverse, une oreille bienveillante permet Ă  chacun de se libĂ©rer de schĂ©mas inconscients qui nous dictent notre conduite souvent Ă  notre insu, et de dĂ©couvrir notre nature profonde et authentique ; celle qui Ă©chappe Ă  tous nos formatages, et autres injonctions de l’éducation et de la sociĂ©tĂ©. TentĂ© de nous conformer pour ne pas dĂ©plaire et ce depuis le plus jeune Ăąge, nous nous rĂ©duisons bien souvent aux seules bribes d’informations que nous avons en notre possession, alors que nous sommes bien plus que ce que nous croyons ĂȘtre. "Notre inconscient nous rappelle que nous avons une vie intĂ©rieure incroyablement riche et c’est seulement Ă  la lumiĂšre de la conscience que nous pourrons mettre Ă  jour nos infinis possibles" conclue Saverio Tomasella. S’ouvrir Ă  nos infinis possibles ! Le champ des nouvelles thĂ©rapies, dont l’hypnose eriksonienne, la plus rĂ©pandue et les pratiques de mĂ©ditation de la pleine conscience contribuent Ă  nous emmener Ă  la dĂ©couverte de notre incroyable potentiel, encore enfoui dans notre inconscient. Sans doute le plus beau territoire qui nous reste Ă  explorer Ă  l’intĂ©rieur de nous-mĂȘmes !

Quil perçoit aussi une rĂ©alitĂ© intĂ©rieure, subjective : celle de ses Ă©tats d'Ăąme, de ses dĂ©sirs, de ses souhaits. Conscience. La conscience est la prĂ©sence constante et immĂ©diate de soi Ă  soi. C'est la facultĂ© rĂ©flexive de l'esprit humain, c'est-Ă -dire sa capacitĂ© Ă  faire retour sur soi-mĂȘme. C'est la conscience qui permet Ă  l'homme de se prendre lui-mĂȘme comme objet de

Introduction Le mot "inconscient" et le mot "connaissance" semblent antinomiques. Ce qui est inconscient est ce qui Ă©chappe Ă  la conscience et donc ce qui Ă©chappe Ă  toute possibilitĂ© de connaissance. Mais la question, telle qu'elle est formulĂ©e suppose qu'on pourrait connaĂźtre l'inconscient, non pas directement, mais indirectement. Nous nous demanderons dans un premier temps ce qu'est l'inconscient, puis si l'on peut connaĂźtre l'inconscient et enfin quel intĂ©rĂȘt il y a Ă  connaĂźtre l'inconscient. 1. Qu'est-ce que l'inconscient ? La notion d'inconscient remet en cause la conception classique d'un homme maĂźtre de lui grĂące Ă  sa conscience. L’homme serait au contraire dĂ©terminĂ© par des forces obscures, auxquelles il ne pourrait pas avoir accĂšs. Pour Descartes, l'esprit s'identifiait avec la conscience, avec la pensĂ©e claire et distincte. On pouvait avoir accĂšs, par la conscience, Ă  tout ce qui se passe en nous, sans possibilitĂ© d'erreur. DĂšs le XVIIĂšme siĂšcle, bien avant Freud, un contemporain de Descartes, Leibniz, a rĂ©pondu Ă  Descartes que cette conception du psychisme humain est insuffisante. Pour Leibniz, contrairement Ă  Descartes, on ne peut pas rendre compte du psychisme, et mĂȘme du comportement en gĂ©nĂ©ral, sans reconnaĂźtre l'existence de pensĂ©es inconscientes. On n'a pas accĂšs Ă  tout ce qui se passe en nous. La pensĂ©e n'est pas toujours pensĂ©e consciente nous pensons toujours mais nous n'avons pas conscience de toutes nos pensĂ©es. Freud Ă©labore le concept d’un inconscient, instance Ă  la fois psychique et distincte de la conscience, qui a ses propres structures et ses propres lois de fonctionnement et d’action. Dans ce qu'il appelle la "topique" reprĂ©sentation spatiale du psychisme humain, Freud compare l'appareil psychique Ă  une maison Ă  trois Ă©tages. Ces trois parties conscient, prĂ©conscient, inconscient dans la premiĂšre topique/ moi, surmoi, ça dans la seconde se distinguent l'une de l'autre et possĂšdent leurs propres contenus et lois de fonctionnement, le plus souvent en conflit. Pour Freud, l'inconscient est l'ensemble des dĂ©sirs les plus primitifs, souvent sexuels, qu'ils soient refoulĂ©s ou originaires, constitutifs de tout homme. En gĂ©nĂ©ral, on dit que ce sont des dĂ©sirs refoulĂ©s dans l'enfance qui le constituent. Ce qui est nouveau, c'est que l'inconscient freudien est "agissant" il est dotĂ© d'une Ă©nergie qui le pousse vers le haut, et de rĂ©sistance formĂ©e par des conflits continus, et a un contenu propre des dĂ©sirs refoulĂ©s. C'est donc une entitĂ© rĂ©elle. Le concept d'inconscient s'enrichit donc il n'est plus seulement un rĂ©servoir de "contenus" Ă©chappant Ă  la conscience. Ces contenus sont dotĂ©s d'une signification, ils sont acceptables ou non par la conscience, et donc, "refoulĂ©s" par la conscience dans l'inconscient. L'inconscient a donc acquis, par rapport Ă  la tradition classique, un sens positif lieu psychique qui a ses contenus reprĂ©sentatifs spĂ©cifiques, une Ă©nergie et un fonctionnement propre. Ce n'est pas latent, mais "interdit de citĂ©" c'est ce que la conscience ne veut pas savoir, et cela, parce que "ça" va contre nos valeurs morales. On ne peut donc pas y accĂ©der facilement. 2. Peut-on connaĂźtre l'inconscient ? L'inconscient n'est pas une chose, il n'est pas de l'ordre des phĂ©nomĂšnes directement observable. On ne peut donc pas, Ă  proprement parler le connaĂźtre Ă  la maniĂšre des phĂ©nomĂšnes qu'observent des sciences comme la physique, l'astronomie ou la biologie. L'hystĂ©rie, les lapsus, les actes manquĂ©s, les rĂȘves, tous ces comportements qui auparavant Ă©taient considĂ©rĂ©s soit comme banals, soit comme absurdes donc sans signification sont les moyens qu'a trouvĂ©s l'inconscient pour se faire entendre, pour s'exprimer. Par lĂ , on satisfait en quelque sorte symboliquement nos dĂ©sirs rĂ©primĂ©s. Mais lĂ  oĂč l'inconscient se manifeste le plus, c'est la nuit pendant le sommeil. Alors, la censure laisse se manifester les contenus inconscients, qui font surface dans les rĂȘves. Comme le dit Freud dans Introduction Ă  la psychanalyse, le rĂȘve est la voie royale qui mĂšne Ă  l'inconscient. "le rĂȘve est la satisfaction inconsciente et dĂ©guisĂ©e d’un dĂ©sir refoulĂ©" satisfaction dĂ©guisĂ©e pour que justement la conscience en laisse Ă©merger des fragments plus ou moins nombreux et cohĂ©rents, dans lesquels elle ne reconnaĂźt pas ce qu’elle avait d’abord refoulĂ©. D’oĂč cette satisfaction au rĂ©veil satisfaction liĂ©e au sentiment, Ă  l'impression, d'avoir rĂ©alisĂ© un dĂ©sir, et d’avoir pu tromper la conscience. On peut donc connaĂźtre l'inconscient en analysant nos rĂȘves, en cherchant sous le contenu apparent, le contenu latent cachĂ© du rĂȘve. 3. Quel intĂ©rĂȘt y a-t-il Ă  connaĂźtre l'inconscient ? L'enjeu est de nous inciter Ă  rĂ©flĂ©chir honnĂȘtement sur la nature de nos dĂ©sirs et les vĂ©ritables motifs de nos pensĂ©es et de nos actions pour cesser de nous mentir Ă  nous-mĂȘmes. Nous devons mettre de cĂŽtĂ© notre "amour propre" et abandonner "la bonne opinion que nous tenons Ă  avoir de nous-mĂȘmes" pour regarder nos dĂ©sirs en face, non pas pour les assouvir systĂ©matiquement au dĂ©pens des autres, comme GygĂšs dans le mythe de Platon, mais pour faire en sorte que nos dĂ©sirs inconscients deviennent conscients. La connaissance de soi-mĂȘme, des souvenirs refoulĂ©s dans l'inconscient, la reconnaissance des pulsions inavouables du "ça" l'inconscient doivent nous aider en les nommant Ă  exorciser nos dĂ©sirs en Ă©clairant leur provenance et Ă  nous libĂ©rer des "monstres" qui sommeillent en nous. Freud oppose les "arguments logiques" et les "intĂ©rĂȘts affectifs" les arguments logiques, ce sont les raisonnements conformes Ă  la raison, au bon sens ; les intĂ©rĂȘts affectifs, ce sont les dĂ©sirs profonds, les Ă©motions, les sentiments. Selon Freud, les arguments logiques ne peuvent rien contre les intĂ©rĂȘts affectifs. Ce point de vue rejoint celui de Spinoza dans l'Ethique la raison ne peut rien contre le dĂ©sir, mais seulement un dĂ©sir plus fort. La dĂ©faite de la raison face aux passions et au dĂ©sir vient de l'opposition entre le "principe de rĂ©alitĂ©" et le "principe de plaisir"... Le principe de plaisir a toujours tendance Ă  l'emporter sur le principe de rĂ©alitĂ©. On peut vĂ©rifier la justesse de ce point de vue dans le domaine de la passion amoureuse et dans celui des passions nationalistes Ă©voquĂ©es par Freud dans les ConsidĂ©rations actuelles sur la guerre et sur la mort, paru en 1915, durant la premiĂšre Guerre mondiale. Comme chacun sait "l'amour rend aveugle" "le cƓur a ses raisons que la raison ignore", dit Pascal et aucun raisonnement ne peut convaincre quelqu'un "qu'il a fait le mauvais choix" s'il est profondĂ©ment amoureux, car nos "choix" amoureux - on a tort de parler de "choix" quand c'est le dĂ©sir qui choisit et non la raison - dĂ©pendent bien souvent d'intĂ©rĂȘts inconscients sur lesquels les arguments logiques n'ont pas de prise. Cette prĂ©pondĂ©rance de la vie affective sur l'intellect, le fait, comme le dit Freud que la vie intellectuelle est entiĂšrement sous la dĂ©pendance de la vie affective justifie selon lui la pratique psychanalytique au niveau individuel pour dĂ©nouer les conflits entre le "moi" et le "ça" en aidant le patient Ă  prendre conscience de ses motivations inconscientes. Mais Freud est Ă©galement prĂ©occupĂ© par les "nĂ©vroses collectives" comme les passions nationalistes qui sĂ©vissent autour de lui et dont il constate les effets destructeurs. A l'instar d'Emmanuel Kant dans son Projet de paix perpĂ©tuelle, Freud se demande s'il est possible d'Ă©viter la guerre et d'empĂȘcher les hommes de sombrer dans la barbarie. Au cours de la cure psychanalytique, on donne le nom de rĂ©sistance Ă  tout ce qui, dans les actions et les paroles de l’analysĂ©, s’oppose Ă  l’accĂšs de celui-ci Ă  son inconscient. Par extension, Freud a parlĂ© de rĂ©sistance Ă  la psychanalyse pour dĂ©signer une attitude d’opposition Ă  ses dĂ©couvertes en tant qu’elles rĂ©vĂ©laient les dĂ©sirs inconscients et infligeaient Ă  l’homme une vexation psychologique » vocabulaire de la psychanalyse. Freud dit que les propriĂ©tĂ©s essentielles de l’inconscient sont le refoulement opĂ©ration par laquelle le sujet cherche Ă  repousser ou Ă  maintenir dans l’inconscient des reprĂ©sentations pensĂ©es, images, souvenirs, liĂ©es Ă  une "pulsion" et la pulsion processus dynamique consistant dans une poussĂ©e - charge Ă©nergĂ©tique, facteur de motricitĂ© qui fait tendre l’organisme vers un but. Il y a des conflits entre conscience et inconscient, les contenus inconscients cherchant Ă  sortir pour reparaĂźtre Ă  la conscience, et la conscience y oppose la force de son refus. Jacques Lacan, disciple de Freud et principal reprĂ©sentant de la psychanalyse en France, insiste sur la rĂ©sistance de l'analyste et parle de la rĂ©sistance comme d'un refus de jouer le jeu de l'analyse. La notion de "rĂ©sistance" est fondamentale dans le processus psychanalytique, avec la notion de "transfert". La rĂ©sistance et le transfert ont d'abord Ă©tĂ© perçus de maniĂšre nĂ©gative par Freud lui-mĂȘme car ils semblaient empĂȘcher la cure d'avancer ; Freud a compris par la suite que ces deux phĂ©nomĂšnes Ă©taient inĂ©vitables car liĂ©s au fonctionnement-mĂȘme de la psychĂ© et aux rapports entre le moi et le ça et pouvaient contribuer au processus de guĂ©rison, l'obstacle pouvant se muer en instrument thĂ©rapeutique la rĂ©sistance, ainsi que la dĂ©nĂ©gation Verneinung ou le dĂ©ni qui est une forme de rĂ©sistance particuliĂšre, permet de cerner le complexe dont elle est le symptĂŽme, au mĂȘme titre que les rĂȘves, les actes manquĂ©s et les lapsus. Freud donne l'exemple d'un "homme intelligent" qui est sous l'emprise de la passion amoureuse ou nationaliste. L'amour est une force positive, un puissant auxiliaire au service de la vie, mais il peut aussi obscurcir notre jugement et se muer en passion destructrice. Il est bon d'aimer son pays, mais non de dĂ©tester les autres. Lors du dĂ©roulement de la cure psychanalytique, l'analyste va se heurter Ă  la "rĂ©sistance" de l'inconscient les dĂ©sirs refoulĂ©s d'un homme intelligent qui souffre d'une passion de ce genre car il ne veut pas que soit mis au jour les "vraies raisons" qu'il a d'agir et de penser comme il le fait. En effet, notre inconscient est fonciĂšrement conservateur et n'a pas envie de changer. Cependant, le sujet peut rĂ©ussir, avec l'aide de l'analyste, Ă  lever la rĂ©sistance, au bĂ©nĂ©fice de son intelligence et de sa facultĂ© de comprendre, en laissant parler l'inconscient par la mĂ©thode des "associations libres", par exemple en Ă©voquant un souvenir d'enfance ou un rĂȘve. La dimension Ă©thique de la psychanalyse Freud n'a pas fait l'apologie de l'irrationnel, et des "forces obscures" de la libido et de l'instinct de mort dont il se mĂ©fiait comme de la peste et dont il avait prĂ©dit les ravages prĂ©sents et Ă  venir. HĂ©ritiĂšre de la "Haskala" judaĂŻsme des LumiĂšres, la psychanalyse est une volontĂ© de faire Ă©merger le sujet, ce n'est pas une descente Ă  la cave, mais une montĂ©e vers la lumiĂšre "Wo Es war, soll Ich werden." "LĂ  oĂč c'Ă©tait, je dois advenir" "Partout oĂč/ Chaque fois qu'/ il Ă©tait inconscient, un Ă©lĂ©ment doit parvenir Ă  la conscience du Moi. "Es ist Kulturarbeit wie die Trockenlegung der Zuydersee."... "C'est un travail de civilisation, comme l'assĂšchement du Zuydersee.", ajoute Freud. La connaissance de soi-mĂȘme, des souvenirs refoulĂ©s dans l'inconscient, la reconnaissance des pulsions inavouables du "ça" l'inconscient doivent nous aider en les nommant Ă  exorciser nos dĂ©sirs en Ă©clairant leur provenance et Ă  nous libĂ©rer des "monstres" qui sommeillent en nous. Conclusion L'inconscient n'est pas un phĂ©nomĂšne observable. On ne peut donc pas le connaĂźtre directement Ă  la maniĂšre des phĂ©nomĂšnes qu'observe ou que crĂ©e la science dans les laboratoires. Le type d'expĂ©riences que l'on peut faire n'est pas reproductible et on a pu dire que l'inconscient ne relevait pas du savoir, mais de l'interprĂ©tation. Pourtant, des phĂ©nomĂšnes comme les rĂȘves les lapsus, les actes manquĂ©s montrent qu'il y a en nous une dimension cachĂ©e qui Ă©chappe Ă  notre conscience. ConnaĂźtre cette dimension cachĂ©e et agissante qui influence notre vie affective est un enjeu majeur.

Sujet5118. Discuter cette opinion de J.-J. Rousseau qu'il suffit, pour apprendre les lois de la vertu, de rentrer en soi-mĂȘme et d'Ă©couter la voix de la conscience dans le silence des passions. Sujet 102349. Dissertation sur un texte de Bergson : la conscience de l'ĂȘtre. Sujet 4152. Qu’est-ce que l’inconscient ? Quelle est sa nature et comment fonctionne-t’il ? La structure de l’ĂȘtre est consciente mais aussi inconsciente. La comprendre et l’apprĂ©hender est essentiel pour Ă©voluer Nous sommes une conscience au service de notre Ă©volution et de notre bien-ĂȘtre. Cependant un grand nombre de processus tiennent place en nous de maniĂšre inconsciente. Nous sommes un jeu d’ombre et de lumiĂšre, de conscience et d’inconscience. Il est essentiel pour celui qui souhaite Ă©voluer sur soi, de comprendre ce qu’est l’inconscient pour pouvoir agrandir son potentiel d’évolution et de transformation. Je me propose dans cet article, d’aborder le sujet de l’inconscient, et de vous prĂ©senter comment il fonctionne. RĂŽle de l’inconscient Je ne parle pas dans cet article de l’inconscient au sens Freudien. Ce n’est pas, pour moi, un ensemble de pulsions et de choses refoulĂ©es. Pour moi, l’inconscient est ce qui n’est pas conscient. Il peut s’agir de tous les automatismes vitaux et comportementaux qui sont en place en nous, mais aussi notre L’inconscient est un alliĂ© puissant qui nous aide Ă  sous-traiter un grand nombre de tĂąches. Le nombre de processus qui se font de maniĂšre inconsciente est gigantesque on l’estime Ă  environ 90%. Dans quel cas l’inconscient est-il un alliĂ© ? Pour gĂ©rer les fonctions vitales respirer, digĂ©rer, rythme cardiaque, fluides, cerveau, tempĂ©rature, 
 Actes volontaires manger boire, marcher, se tenir debout, utiliser nos bras, doigts, parler 
 Comportements rĂ©action face Ă  telle personne, affinitĂ© avec tel genre de personne, comportement face Ă  la solitude, rĂ©actions face Ă  l’expression en public, rĂ©action de stress face au temps 
 IntĂ©rieur rĂ©actions Ă©motives, rapport aux diffĂ©rentes Ă©motions, maniĂšre de pensĂ©es, liens fait par la pensĂ©e, croyances, optimisme ou pessimisme, imaginer le pire ou le meilleur 
 Dans bien des cas, nos comportements se trouvent ĂȘtre des rĂ©actions automatiques. Ceci est sur le cas sur tous les plans de notre ĂȘtre, autant au niveau vital qu’au niveau de notre esprit. L’inconscient se construit grĂące Ă  l’expĂ©rience c’est elle qui permet l’apprentissage. Il se construit et se structure souvent de maniĂšre inconsciente, sans que l’on ai l’impression d’avoir le choix. Cependant, il est autant possible d’interagir avec lui de maniĂšre consciente pour le faire Ă©voluer. Inconscient et mĂ©moire La mĂ©moire tient une place importante dans la constitution de notre structure intĂ©rieure notre personnalitĂ©, nos comportements et automatismes inconscients sont tous basĂ©s sur nos expĂ©riences passĂ©es. C’est comme s’il y avait une bibliothĂšque intĂ©rieure oĂč sont stockĂ©es absolument toutes les expĂ©riences passĂ©es, ainsi que les impressions que nous en avons eu. En effet, l’expĂ©rience est importante, mais l’impression complĂšte que nous en avons eu l’est encore plus. L’impression, c’est la perspective subjective que vous avez gardĂ© de l’expĂ©rience. Un souvenir gardĂ© en vous est constituĂ© du couple insĂ©parable La situation objective, l’image du souvenir avec la vue, le son, etc 
 Le point de vue subjectif sur la situation sensations, perceptions, points de vue, Ă©motions 
 L’expĂ©rience est inchangeable car dĂ©jĂ  passĂ©e et finie, mais l’impression subjective que l’on en a peut se changer. C’est comme cela qu’il est possible de “faire la paix” avec des expĂ©riences passĂ©es. Nous gardons nos expĂ©rience car c’est ce qui constitue notre ExpĂ©rience. L’ExpĂ©rience, c’est le fait d’avoir vĂ©cu des situations variĂ©es et leur inverses, ce qui nous permet d’en tirer une certaine Sagesse. L’inconscient un automate Si nous y faisions attention, nous verrions que le nombre de tĂąche que nous rĂ©pĂ©tons machinalement est impressionnant. Pour certaines, qui nĂ©cessitent un grand nombre de paramĂštres Ă  gĂ©rer, elles sont faites de maniĂšre totalement automatisĂ©e. Par exemple, le fait de marcher nĂ©cessite une synchronisation des deux jambes, le contrĂŽle de tous les muscles de maniĂšre coordonnĂ©e, la gestion de l’équilibre, la gestion de la vitesse
 Tout cela est fait, quasiment entiĂšrement, de maniĂšre automatique. Quel soulagement ! Si l’on devait gĂ©rer consciemment tout cela, ce serait trĂšs fatiguant. Merci l’inconscient. En fait, l’inconscient va faire que certaines perceptions ou situations vont donner naissance Ă  des rĂ©actions automatiques. C’est Ă  dire que si l’inconscient reconnaĂźt une situation/tĂąche/perception comme dĂ©jĂ  connue par le passĂ©, il va mettre en route un programme automatique pour gĂ©rer cela. L’apprĂ©ciation/perception de la situation prĂ©sentĂ©e est arrĂȘtĂ©e pour fournir de maniĂšre automatique et rapide la rĂ©ponse. Voici Ă  quoi ressemble le chemin de dĂ©cision Il y a deux cas Si la situation est jugĂ©e dĂ©jĂ  connue, alors l’inconscient donne une rĂ©ponse automatique adaptĂ©e. Du coup toute la chaĂźne de choix conscient et de libre arbitre est sautĂ©e, pour laisser place Ă  une rĂ©ponse rapide, automatique et “la plus adaptĂ©e”. Si la situation est jugĂ©e inconnue, alors la dĂ©cision passe par une analyse plus dĂ©taillĂ©e de la situation, et des solutions possibles, pour choisir soi-mĂȘme la solution adaptĂ©e. VoilĂ  ce que permet de faire l’inconscient il automatise les rĂ©actions afin de gagner du temps et de trouver la meilleure rĂ©ponse. Nous verrons dans la suite que le concept du “plus adaptĂ©â€ est totalement subjectif, et varie dans le temps et en fonction des objectifs souhaitĂ©s. Que veut dire “meilleure rĂ©ponse” ? Programmes inconscients Comme on a pu le voir, l’inconscient constitue un ensemble de rĂ©ponses automatiques Ă  des perceptions, tĂąches et situations. En fait, on peut dire que l’inconscient, c’est tout un ensemble de programmes chaque situation donne lieu Ă  une rĂ©ponse particuliĂšre prĂ©-calculĂ©e. Ce qu’il va se passer, c’est que lorsque l’individu va percevoir une situation, dĂšs qu’il a les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires pour identifier dans sa bibliothĂšque inconsciente une situation dĂ©jĂ  connue, il va stopper son Ă©valuation de la situation pour aller directement Ă  la rĂ©ponse. La perception est faite en “mode rapide”. Elle ne va pas dans le dĂ©tail ! Mais comment sont calculĂ©s les rĂ©ponses ? Voici un schĂ©ma expliquant comment sont fabriquĂ©s les rĂ©ponses inconscientes Les automatismes inconscients sont basĂ©s sur plusieurs paramĂštres, et chacun entre en jeu avec un poids propre Ă  chaque individu La mĂ©moire et ses impressions En fonction des souvenirs que nous avons de situations passĂ©es, mais aussi de la perception que nous avons gardĂ© de nos souvenirs plaisir ou douleur ?. Nos fonctions de gain En fonction des objectifs inconscients que nous souhaitons rĂ©aliser. Quelques exemples Survie, bonheur, plaisir, peur, protection, ouverture, En fonction de notre mĂ©moire transpersonnelle MĂ©moire gĂ©nĂ©rationnelle et hĂ©rĂ©ditaire, inconscient collectif, vies passĂ©es, mĂ©moire prĂ©-natale, mĂ©moire jusqu’à 7 ans 
 Il est fort Ă  penser que chaque individu est unique et possĂšde sa propre “recette inconsciente”. Ces paramĂštres font partie de la personnalitĂ© de la personne. Il faut savoir que l’inconscient fonctionne aussi bien sur nos fonctionnements physiques, qu’émotionnels et mentaux. En fait, il automatise des fonctions aussi variĂ©es que nos fonctions physiques, nos comportements, nos analyses, nos raisonnements, nos rĂ©actions Ă©motionnelles, nos attitudes, notre maniĂšre de penser 
 Afin de mieux comprendre comment entre en jeu chaque facteur citĂ© ci-dessus, prenons quelques exemples Marie voit un chien qui s’approche d’elle. Chaque exemple est indĂ©pendant et sert d’illustration Exemple 1 mĂ©moire et impression Lorsqu’elle Ă©tait bĂ©bĂ©, Ă  l’age de 5 ans, un chien s’est approchĂ© d’elle est a aboyĂ© agressivement. MĂȘme s’il ne lui voulait pas de mal, elle a mal vĂ©cu l’expĂ©rience et elle en garde Ă©videmment un souvenir nĂ©gatif L’image du chien est associĂ© Ă  l’agression douleur, peur. A la vue d’un chien, l’inconscient ne laisse pas la possibilitĂ© Ă  Marie de rĂ©flĂ©chir, elle a peur et se met en mode fuite. Exemple 2 fonction de gain Marie a 15 ans et n’a jamais vu de chien de sa vie imaginons le!. Elle a un fonctionnement trĂšs prudent et protectrice. Elle cherche inconsciemment, en toute situation, Ă  ne pas s’exposer Ă  du danger. Ses fonctions inconscientes prioritaires sont la survie, la prĂ©servation, la protection. N’ayant jamais vu de chien de sa vie, elle rĂ©agira par la mĂ©fiance elle reste distante de la nouvelle rencontre car sa prioritĂ© inconsciente est de se prĂ©server. Exemple 3 fonction de gain Marie a 15 ans et n’a jamais vu de chien de sa vie imaginons le!. Elle a un fonctionnement trĂšs aventurier et explorateur. Elle prend plaisir Ă  l’idĂ©e de connaĂźtre du nouveau, et est trĂšs enthousiaste et optimiste quant Ă  cela. Ses fonctions inconscientes prioritaires sont la dĂ©couverte, l’ouverture, la prise de contact. N’ayant jamais vu de chien de sa vie, elle rĂ©agira de maniĂšre inconsciente par l’enthousiasme de la rencontre elle ira gaiement Ă  la rencontre de cet inconnu. Exemple 4 transpersonnel Lorsque sa mĂšre Ă©tait enceinte d’elle, elle a assistĂ© Ă  l’agression d’un enfant par un chien. Marie n’était Ă©videmment pas consciente puisqu’au stade de foetus. Cependant, elle a Ă©tĂ© imprĂ©gnĂ©e par toute la situation, et notamment par le point de vue subjectif qu’a vĂ©cu sa mĂšre. Elle hĂ©rite alors du souvenir et des impressions que sa mĂšre a eu la peur, la douleur. Elle n’a bien sĂ»r pas ce souvenir en mĂ©moire, pourtant il fait partie d’elle chaque fois qu’elle croise un chien, la mĂȘme rĂ©action se passe en elle anxiĂ©tĂ©, peur et rĂ©pulsion. Les limites de l’inconscient Il est intĂ©ressant de comprendre que l’inconscient fonctionne par gĂ©nĂ©ralisation, analogie et apprentissage. Il donne des recettes prĂ©-Ă©tablies en fonction de l’expĂ©rience accumulĂ©e de l’individu, mais aussi de diffĂ©rents facteurs subjectifs. Ces facteurs subjectifs sont totalement libres de choix par chaque individu. En ce sens, chacun aura des automatismes inconscients propres. Le fait d’automatiser octroie un certain nombre d’avantages mais peut aussi se montrer limitant. Soit parce que l’on se limite Ă  une seule rĂ©ponse parmi tant d’autres. Soit parce que l’on peut rester “bloquĂ©â€ dans nos comportements. Imaginons qu’un individu met en oeuvre un fonctionnement automatique prĂ©cis pour une certaine situation, mais qu’en fait ce fonctionnement s’avĂšre le desservir, alors il est impĂ©ratif de savoir le voir puis le rectifier. C’est pourquoi il est nĂ©cessaire de comprendre comment l’inconscient fonctionne, mais aussi comment fonctionne la constitution d’unitĂ©s de l’inconscient. L’inconscient peut ĂȘtre problĂ©matique dans certaines situations Filtre des perceptions L’inconscient va avoir tendance Ă  stopper la perception de situations pour donner une rĂ©ponse automatique. Ceci est un problĂšme lorsque l’on souhaite percevoir dans son entier les situation, et que certaines informations clĂ©s ne paraissent pas importantes pour l’inconscient. Il est important de savoir dĂ©brider ses perceptions pour se servir de maniĂšre consciente de tout notre Ă©ventail sensoriel, ainsi que de notre objectivitĂ©. En appliquant des programmes inappropriĂ©s Il peut provoquer des rĂ©actions excessives ou totalement inefficaces dans certaines situations. Par exemple rĂ©agir par l’énervement au lieu du calme, rĂ©agir par le stress et l’anxiĂ©tĂ©, rĂ©agir par le rejet et l’enfermement 
 Ceci n’arriverait pas si nous Ă©tions conscient de nos rĂ©actions, et de la logique qui la sous-tend. Il nous fait voir le monde Ă  travers un filtre Nous voyons le monde Ă  travers nos reprĂ©sentations connues, nos filtres et pouvons parfois mal l’interprĂ©ter Ă  cause de cela. Cette subjectivitĂ© peut ĂȘtre restreignante quand il s’agit d’ĂȘtre objectif. Il est important de savoir porter un regard nouveau sur ce qui est cru connu. Prenons le temps d’identifier les diffĂ©rentes sources pouvant apparaĂźtre problĂ©matiques quant aux automatismes inconscients ProblĂšme de gĂ©nĂ©ralisation Lorsque l’inconscient cherche une solution Ă  la situation en cours, il va chercher dans les “situations analogues”. Il se passe un phĂ©nomĂšne de gĂ©nĂ©ralisation. C’est Ă  dire que si la situation passĂ©e ressemble “suffisamment” Ă  la situation prĂ©sente, alors on rĂ©pond. Ainsi si vous ĂȘtes en froid avec votre mĂšre, l’inconscient pourrait en tirer la rĂšgle suivante Ma mĂšre est une femme. Je suis en froid avec ma mĂšre. Donc je suis en froid avec les femmes. C’est trĂšs grossier, mais c’est pour donner une idĂ©e du danger Ă  gĂ©nĂ©raliser! ProblĂšme de subjectivitĂ© des souvenirs Avons-nous bien vĂ©cu ou mal vĂ©cu le souvenir ? Quel souvenir en gardons-nous ? Quelle empreinte Ă©motionnelle ? Il est Ă©vident que bien vivre ou mal vivre une situation est totalement subjectif et unique Ă  chaque situation. Cependant, baser nos fonctionnements sur une situation unique mal vĂ©cue est rĂ©ducteur, et peut nous empĂȘcher de vivre d’autres situations du mĂȘme type. Apprendre Ă  transcender nos mĂ©moires limitantes est une belle façon de faire Ă©voluer notre structure inconsciente. Bien savoir ce que l’on dĂ©sire les fonctions de gain Qu’est-ce que l’inconscient essaie de rĂ©aliser comme gain ? Quel est l’ordre de prioritĂ© des gains Ă  rĂ©aliser ? Est-ce que la fonction survie est dĂ©mesurĂ©e ? Fonctionnez-vous par la mĂ©fiance ou la confiance ? Est-ce que vous faire plaisir prend une part plus importante que de combler les manques ? Parfois l’inconscient nous restreindra de maniĂšre drastique alors que cela n’est pas nĂ©cessaire. Il est important de savoir ce que l’on veut vraiment rĂ©aliser et de savoir poser nos prioritĂ©s consciemment et de les faire intĂ©grer par l’inconscient. Notre mĂ©moire transpersonnelle Nous sommes connectĂ©s Ă  plein de mĂ©moires qui, Ă  premiĂšre vue, ne sont pas les nĂŽtres. Ce n’est pas parce que nous ne nous souvenons pas consciemment de nos souvenirs qu’ils n’ont pas une influence sur nous. Un grand nombre de donnĂ©es cachĂ©es en nous exercent une influence sur nous. Il est intĂ©ressant d’apprendre Ă  connecter et dĂ©samorcer ces diffĂ©rentes sources. L’évolution de notre inconscient Les programmations de notre inconscient sont, Ă  un instant de notre Ă©volution, fixĂ©es . Cependant elles restent totalement modifiables dans le temps. Plus nous avons d’expĂ©rience et plus nous sommes capable de crĂ©er un modĂšle de fonctionnement fiable. C’est pourquoi il est important de comprendre comment marche l’inconscient, mais aussi d’accepter de passer du temps Ă  mettre Ă  jour nos fonctionnements. Et, pour ce faire, nous pouvons agir sur plusieurs plans Changer les impressions que nous avons des souvenirs Nous pouvons par exemple libĂ©rer le poids Ă©motionnel engendrĂ© par des situations traumatisantes. Nous pouvons neutraliser dans l’inconscient des mĂ©moires qui desservent notre Ă©volution. Nous pouvons changer les points de vue subjectifs que nous gardons des souvenirs. Bien dĂ©terminer nos fonctions de gains et objectifs inconscients Il est important que l’inconscient, pour crĂ©er ses schĂ©mas, soit bien paramĂ©trĂ© quant aux objectifs Ă  rĂ©aliser. Par exemple, il pourrait ĂȘtre bĂ©nĂ©fique que les fonction premiĂšre Ă  rĂ©aliser soit le bien-ĂȘtre, l’épanouissement personnel, l’ouverture et l’expansion. Il pourrait ĂȘtre intĂ©ressant de baisser Ă  un niveau raisonnable les fonctions de survie, protection, peur et fermeture. LibĂ©rer nos mĂ©moires transpersonnelle Il est possible, par la mĂ©ditation ou la thĂ©rapie, d’accĂ©der et de libĂ©rer des mĂ©moires programmantes qui dĂ©passent notre comprĂ©hension consciente. Il est impressionnant de voir Ă  quel point certaines mĂ©moires inscrites en nous, peuvent nous affecter contre notre grĂ© et au delĂ  de notre conscience. Citons les mĂ©moires fƓtales, inconscientes collectives, des vies antĂ©rieures, de la famille, des ancĂȘtres, 
 Certes, cela demande une certaine ouverture d’esprit. Cependant, il est trĂšs simple de vĂ©rifier soi-mĂȘme, avec une aide adaptĂ©e, que cela ne relĂšve pas de la fantaisie mais bien du rĂ©el. Pleine conscience fin de l’inconscience Quel est l’opposĂ© de l’inconscient ? Le conscient! Quelle meilleure approche, pour faire Ă©voluer notre inconscient, que de vivre en conscience et d’ĂȘtre pleinement dans l’instant prĂ©sent ? Vivre en conscience, cela veut dire ne pas s’arrĂȘter au prĂ©jugĂ©s, aux programmations automatiques. Cela veut dire arrĂȘter de fonctionnement par l’inconscience et par l’automatisme. Cela veut dire, plutĂŽt que de s’arrĂȘter aux premiĂšres perceptions rapides, de percevoir et sentir les situations prĂ©sentes dans leur entier, afin de rĂ©pondre par des actions et des choix vraiment adaptĂ©s au moment prĂ©sent. Cela veut dire s’ouvrir Ă  l’éventail complet de sensations qui se prĂ©sentent Ă  nous Ă  travers nos expĂ©riences prĂ©sentes. Cela veut dire vivre chaque expĂ©rience comme une expĂ©rience nouvelle et totalement unique, comme si vous Ă©tiez un nouveau nĂ©. L’inconscient est ce qui fonctionne dans l’ombre. La conscience est de la lumiĂšre, qui a le pouvoir d’illuminer ce qu’elle observe. Observez ce qui est comme quelque chose de nouveau, et alors vous pourrez faire les meilleurs choix, avec votre libre arbitre et votre discernement. Prenez conscience de ce que vous faites, et de pourquoi vous le faites. Observez vos comportements, vos liens logiques, vos raisonnements, votre maniĂšre d’ĂȘtre Ă  l’intĂ©rieur comme Ă  l’extĂ©rieur. Remettez vos comportements en question ! La pleine conscience est une pratique qui permet d’ĂȘtre cette lumiĂšre qui illumine votre instant prĂ©sent et votre ĂȘtre tout entier. Pour en savoir plus sur la pleine conscience Tu as aimĂ© cet article ? Alors participe Ă  l'Eveil de Conscience et partage-le autour de toi, Ă  tes amis, connaissances, et sur les rĂ©seaux sociaux. Partage la Conscience ! Les emails Science du Soi Eveille ta conscience, Ă©panouis ton potentiel et transforme ta vie. Tu recevras nos vidĂ©os, pratiques, mĂ©ditations, articles et bien plus. Les emails sont gratuits, tes informations resteront privĂ©es et tu pourras te dĂ©sinscrire Ă  tout moment. Science du Soi sur Youtube DĂ©couvre notre contenu vidĂ©o pour t'Ă©veiller Ă  la Science du Soi et transformer ta vie ! Linconscient. 1. Quelle est la langue de l’inconscient ? (58 min) Lacan Ă©tait un vĂ©ritable moulin Ă  paroles, mais ce n'est pas sa faute disait-il : "Une fois que vous ĂȘtes entrĂ© dans la roue du moulin Ă  paroles, votre discours en dit toujours plus que ce que vous n’en dĂźtes". Alors, la langue parlerait Ă  notre place ? Qu'est-ce que
1. La conscience de soi est-elle immĂ©diate ?A. La conscience de soi paraĂźtre ĂȘtre mot conscience a eu pendant longtemps une signification morale. La conscience est en ce sens un conseiller qui nous avertit de ce que nous devons faire, et c’est aussi un juge qui se prononce sur ce que nous avons fait. Tel est le sens de l’expression avoir mauvaise conscience ». C’est avec Descartes philosophe, mathĂ©maticien et physicien français, 1596-1650 que la notion de conscience cesse d’ĂȘtre employĂ©e dans le sens de conscience morale » pour dĂ©signer la connaissance qu’a l’esprit de lui-mĂȘme. Le sujet ne peut Ă©prouver des sensations, des sentiments, avoir des pensĂ©es sans qu’il sache ou sente que c’est lui qui les Ă©prouve ou les pense. La conscience c’est donc le savoir qui accompagne nos reprĂ©sentations ou nos Ă©tats de conscience paraĂźt ĂȘtre, pour chacun, l’objet d’un savoir immĂ©diat. Le sujet qui pense ne sait-il pas qu’aussitĂŽt il pense ? Et celui qui est triste, ne sait-il pas qu’il est triste ? Il n’est pas un seul fait psychique qui ne soit accompagnĂ© de conscience sans conscience, pas de plaisir ni de douleur, pas de sensation, pas d’idĂ©e ni de jugement, pas de volontĂ©. La conscience est donc la condition de tous les faits psychiques. Je ne peux avoir conscience de moi sans avoir conscience de moi sentant, pensant ou spontanĂ©e et conscience de soiOn distingue la conscience spontanĂ©e, directe, Ă  laquelle on peut donner le nom de sens intime et la conscience claire, rĂ©flĂ©chie que l’on appelle conscience de soi. Dans la conscience simple, le moi sujet ne se distingue pas du moi objet. Mieux, il n’y a pas encore de moi. L’enfant parle de lui Ă  la troisiĂšme personne, il s’objective lui-mĂȘme, il s’appelle de son nom extĂ©rieur, comme les autres l’appellent lui-mĂȘme. Il dit Manuela fait ceci, Manuela veut cela. » La conscience rĂ©flĂ©chie, ou conscience de soi, commence lorsque l’enfant dit Je. Elle se prĂ©cise avec la diffĂ©rence du JE et du ME, lorsque l’on dit Je me connais moi-mĂȘme ».B. La conscience devient conscience d’elle-mĂȘme par la nĂ©gation de ce qui n’est pas ce prĂ©tendu savoir immĂ©diat de la conscience n’est-il pas un leurre ? Certes Descartes parle d’une saisie de la conscience pas elle-mĂȘme, mais celle-ci n’a rien de commun avec une simple prise de conscience immĂ©diate de soi. Ce n’est qu’au terme d’un processus de nĂ©gation de ce qui n’est pas elle que la conscience se saisit d’elle-mĂȘme, devient conscience de situation de l’homme Ă©pris de certitude est dĂ©primante. Descartes se rĂ©sout donc Ă  ne cherche la vĂ©ritĂ© qu’en lui-mĂȘme. C’est le point de dĂ©part d’un programme ambitieux recommencer Ă  philosopher comme si personne n’avait pensĂ© but de Descartes est donc la recherche de la vĂ©ritĂ©. Comment distinguer l’évidence de la pseudo-Ă©vidence ? Commence savoir avec certitude que ma certitude est bien le fait de la raison ? Une seule mĂ©thode commencer par douter et pousser le doute jusqu’au bout. C’est au terme d’un doute totalitaire radical, mĂ©thodique, que Descartes rencontre une idĂ©e claire et distincte, une idĂ©e qui rĂ©siste Ă  tous les efforts du doute il faut conclure, et tenir pour constante que cette proposition je suis, j’existe, est nĂ©cessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ou que je la conçois en mon esprit » MĂ©ditations mĂ©taphysiques, 1641. Je suis, j’existe, mais que suis-je, sinon une chose qui pense c’est-Ă -dire une Ăąme ou un esprit ? De cette vĂ©ritĂ© le fameux cogito, Descartes en dĂ©duit la distinction nĂ©cessaire entre deux substances, l’ñme et le corps, dont la premiĂšre est plus facile Ă  connaĂźtre que la seconde, car elle est premiĂšre dans l’ordre de la dĂ©couverte de la vĂ©ritĂ©. Aussi, Ă  la fin de la MĂ©ditation Seconde des MĂ©ditations mĂ©taphysiques, on peut lire Je connais Ă©videmment qu’il n’y a rien qui me soit plus facile Ă  connaĂźtre que mon esprit ».Je puis d’abord douter des apparences sensibles. Les sens ne me trompent-ils pas parfois ? Un bĂąton plongĂ© dans ne paraĂźt-il pas tordu ? Une tour carrĂ©e vue de loin ne paraĂźt-elle pas ronde ? Peut-on se fier entiĂšrement Ă  ceux qui nous ont une fois trompĂ©s ? Soit, mais puis-je vraiment douter que je sois ici assis auprĂšs du feu, vĂȘtu d’une robe de chambre, ayant ce papier entre les mains, et autres choses de cette nature » ? Descartes invoque alors les dĂ©lires des fous et surtout l’expĂ©rience du rĂȘve Combien de fois m’est-il arrivĂ© de songer, la nuit, que j’étais en ce lieu, que j’étais habillĂ©, que j’étais auprĂšs du feu, quoique je fusse tout nu dedans mon lit ? »Peut-on vraiment distinguer la veille du sommeil ? Qui sait si la vie n’est pas un songe ? Un soupçon se glisse. Cela suffit Ă  me faire douter de la nature corporelle et de toutes les sciences qui s’y rapportent la physique, l’astronomie, la mĂ©decine
Que reste-t-il ? Les idĂ©es simples, tellement simple qu’on ne peut pas les dĂ©composer en d’autres idĂ©es plus simples celles de figure, d’étendue, de quantitĂ© ou grandeur, de nombre, de lieu, de temps. Reste aussi les Ă©vidences mathĂ©matiques car soit que je veille ou je dorme, deux et trois joints ensemble formeront toujours le nombre de cinq, et le carrĂ© n’aura jamais plus de quatre cĂŽtĂ©s ». Mon esprit ne peut naturellement en douter. Mais tant que j’ignore l’origine de mon ĂȘtre, j’ignore aussi la valeur de ma facultĂ© de connaĂźtre. Qui sait si je n’ai pas Ă©tĂ© créé par un Dieu trompeur, de sorte que ma facultĂ© de connaĂźtre ne me permette pas d’atteindre les Ă©vidences ? Ainsi, de toutes les opinions que j’avais autrefois reçues en ma crĂ©ance pour vĂ©ritables, il n’y en a pas une de laquelle je ne puisse maintenant douter ». Et pour ne pas oublier toutes ces raisons de douter que j’ai avancĂ©es et maintenir le doute jusqu’à ce que je n’aie plus aucune raison de douter, j’imaginerais qu’il y a un Malin GĂ©nie qui me trompe toujours et partout dans mes ce doute qui s’étend Ă  toute la connaissance, ce doute poussĂ© jusqu’à l’extrĂȘme, qui se rĂ©vĂšle comme l’affirmation d’une premiĂšre vĂ©ritĂ©. En effet, pendant que je voulais ainsi penser que tout Ă©tait faux, il fallait nĂ©cessairement que Moi qui pensais cela fusse quelque chose ». Mais il y a un certain Malin GĂ©nie qui s’emploie Ă  toujours me tromper Il n’y a point de doute que je suis, s’il me trompe ; et qu’il me trompe tant qu’il voudra, il ne saura jamais faire que je ne sois rien, tant que je penserai ĂȘtre quelque chose. De sorte qu’aprĂšs y avoir bien pensĂ©, et avoir soigneusement examinĂ© toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition Je suis, j’existe, est nĂ©cessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon esprit. »Je suis certain que je suis, mais je ne connais pas encore assez clairement ce que je suis ? Avant l’opĂ©ration du doute, je me considĂ©rais comme ayant d’abord un corps, c’est-Ă -dire un visage, des mains, des bras, et toute cette machine composĂ©e d’os et de chair, telle qu’elle paraĂźt en un cadavre ». Outre cela, je constatais que je me nourrissais, que je marchais, que je sentais et que je pensais, et je rapportais toutes ces actions Ă  l’ñme ». Mais je ne m’attardais point Ă  penser ce que c’était que cette Ăąme et mon corps me paraissait plus aisĂ© Ă  connaĂźtre. AprĂšs le doute, c’est l’inverse. Moi qui, maintenant, pense que la vie n’est peut-ĂȘtre qu’un rĂȘve, moi qui suppose qu’il y a un Malin GĂ©nie qui me trompe toujours et partout, je ne suis plus assurĂ© d’avoir un corps, ni mĂȘme que se nourrir, marcher, sentir soient des attributs de l’ñme. Je ne suis certain que d’une seule chose, c’est que je suis une chose qui pense, un pur pouvoir de penser, c’est-Ă -dire un esprit, un entendement ou une raison. Si le cogito, c’est le moi conçu sans le corps, ce moi ne peut ĂȘtre qu’intelligence Descartes affirme Il n’y a rien qui me soit plus facile Ă  connaĂźtre que mon esprit », cela signifie que mon esprit est, dans l’ordre de la recherche de la vĂ©ritĂ©, la premiĂšre des connaissances. Mon esprit subsiste alors mĂȘme que je doute de tout, du monde, mĂȘme de mon propre Il n’y a pas de conscience purement intĂ©rieure, il n’y a pas de monde purement Toute conscience est conscience de quelque mĂȘme que je doute de tout, je prends conscience que je suis et, de plus que je suis une chose » qui pense, un esprit. Est-ce Ă  dire, comme l’affirme Descartes, que l’esprit est une rĂ©alitĂ© en soi, une rĂ©alitĂ© absolue qui n’a pas besoin du corps et de quelque objet que ce soit pour exister ? Gassendi abbĂ© Pierre Gassend dit Gassendi, 1592-1655, mathĂ©maticien, philosophe et astronome français. L'astĂ©roĂŻde 7179 Gassendi a Ă©tĂ© nommĂ© en son honneur. objecte Ă  Descartes Je pense, dites-vous ; mais que pensez-vous ? Car enfin toute pensĂ©e est pensĂ©e de quelque chose ». Je peux bien, en effet, percevoir ma pensĂ©e unie aux objets auxquels elle s’applique, mais non sĂ©parĂ©e de tout objet. Que je me connaisse comme ĂȘtre pensant, cela signifie donc tout simplement que j’existe moi comme ĂȘtre pensant, et non que ma pensĂ©e existe en soi. Le vĂ©ritable cogito n’est-il pas mouvement vers les choses, rapport au corps, au monde ?C’est ce qu’affirmera avec force Husserl philosophe allemand, 1859-1938, le fondateur de la phĂ©nomĂ©nologie science des phĂ©nomĂšnes, c'est-Ă -dire la science des vĂ©cus par opposition aux objets du monde extĂ©rieur toute conscience est conscience de quelque chose. Autrement dit, ma conscience n’est ni une sorte de tĂ©moin passif des impressions reçues – elle est l’activitĂ© de l’esprit tournĂ© vers les choses – ni le souverain mystĂ©rieux d’une vie intĂ©rieure secrĂšte conçue comme un systĂšme clos. Toute conscience est rapport du moi » au monde. La conscience est intentionnalitĂ©, c’est-Ă -dire visĂ©e d’un objet. VidĂ©e d’un objet, elle n’est plus conscience, elle s’anĂ©antit. L’objet peut-ĂȘtre extĂ©rieur, comme quand je perçois un arbre, ou intĂ©rieur, comme dans l’imagination ou le souvenir, je perçois ce mĂȘme arbre en son absence. Mais dans les deux cas, ma conscience se rapporte Ă  cet arbre qui est extĂ©rieur. MĂȘme des phĂ©nomĂšnes qui passent pour purement intĂ©rieurs ou purement psychiques reprĂ©sentent Ă  leur maniĂšre une certaine relation avec des objets ou des ĂȘtres Tout phĂ©nomĂšne psychique contient en soi quelque chose Ă  titre d’objet, mais chacun le contient Ă  sa façon. Dans les reprĂ©sentations, c’est quelque chose qui est reprĂ©sentĂ©, dans le jugement, quelque chose qui est admis ou rejetĂ©, dans l’amour, quelque chose qui est aimĂ©e, dans la haine, quelque chose qui est haĂŻ, dans le dĂ©sir, quelque chose qui est dĂ©sirĂ©, et ainsi de suite. Cette prĂ©sence intentionnelle appartient exclusivement aux phĂ©nomĂšnes psychiques. Aucun phĂ©nomĂšne physique ne prĂ©sente rien de semblable. » Husserl, MĂ©ditations cartĂ©siennes, 1929B. Toute conscience est conscience de quelque chose et en mĂȘme temps conscience d’ s’il n’y a pas de conscience purement intĂ©rieure, il n’y a pas non plus de monde purement extĂ©rieur. Il n’y a donc pas de dissociation Ă  faire entre un monde intĂ©rieur et le monde extĂ©rieur. DĂšs lors je ne peux pas prendre conscience de l’un des termes de la relation sans prendre en mĂȘme temps conscience de l’autre. Autrement dit, toute conscience est conscience de quelque chose et en mĂȘme temps conscience c’elle-mĂȘme comme sujet qui se tourne vers autre chose que L’inconscient est-il une rĂ©alitĂ© ?A. L’inconscient n’est-il qu’une conscience obscurcie ?La conscience de ce qui se passe en moi est liĂ©e Ă  l’attention. Cette derniĂšre a pour fonction de rendre plus claires et plus distinctes les perceptions auxquelles elle s’applique, et rĂ©ciproquement de rejeter dans l’obscuritĂ© celles auxquelles elle ne s’applique pas. Il y a donc dans la conscience deux sortes de perceptions celle qui sont claires, et celles qui sont obscures. Et ces derniĂšres peuvent ĂȘtre de plus en plus obscures, jusqu’au point oĂč, Ă©tant Ă  peine senties, on peut se demander mĂȘme si elles parviennent Ă  la conscience, si elles ne sont pas entiĂšrement inconscientes. D’oĂč la question l’inconscient n’est-il pas qu’une conscience obscurcie, c’est-Ă -dire une moindre conscience ou bien l’inconscient est-il une instance spĂ©cifique distincte de la conscience ?Leibniz philosophe, scientifique, mathĂ©maticien, diplomate, bibliothĂ©caire et homme de loi allemand, 1646-1716 affirme qu’il y a, Ă  tout moment, en nous une infinitĂ© de perceptions, mais sans aperception et sans rĂ©flexion, c’est-Ă -dire des changements dans l’ñme mĂȘme dont nous ne nous apercevons pas, parce que les impressions sont ou trop petites et en trop grand nombre ou trop unies, en sorte qu’elles n’ont rien d’assez distinguant Ă  part, mais jointes Ă  d’autres, elles ne laissent pas de faire leur effet et de se faire sentir moins confusĂ©ment dans l’assemblage » Nouveaux Essais sur l’entendement humain, 1765. Pour mieux nous faire comprendre ce qu’il entend par ces petites perceptions, Leibniz se sert de l’exemple du mugissement ou du bruit de la mer Pour entendre ce bruit comme l’on fait, il faut bien qu’on entende les parties qui composent ce tout, c’est-Ă -dire les bruits de chaque vague, quoique chacun de ces petits bruits ne se fasse connaĂźtre que dans l’assemblage confus de tous les autres ensemble, c’est-Ă -dire dans ce mugissement mĂȘme, et ne se remarquerait pas si cette vague qui le fait Ă©tait seule » Ibidem. Il y a donc en nous des pensĂ©es, des sentiments qui sont dĂ©jĂ  quelque chose pour nous, quoiqu’on ne les remarque L’inconscient est-il notre passĂ© ?Un peu dans la continuitĂ© de Leibniz, Bergson philosophe français, 1859-1941 soutient dans MatiĂšre et mĂ©moire, que la conscience n’est pas tout notre psychisme. Elle en est la part intĂ©ressĂ©e Ă  l’action et au prĂ©sent. La conscience a surtout pour rĂŽle de prĂ©sider Ă  l’action et d’éclairer un choix ». C’est pourquoi elle projette sa lumiĂšre sur les antĂ©cĂ©dents immĂ©diats de la dĂ©cision et sur tout ceux des souvenirs passĂ©s qui peuvent s’organiser utilement avec eux ». Le reste demeure dans l’ thĂšse de Bergson va Ă  l’encontre de la croyance que le passĂ© n’est plus. Le passĂ© est tout entier », Ă  tout instant » le passĂ© est lĂ , qui fait la synthĂšse de la totalitĂ© de notre personnalitĂ©, qui actualise l’intĂ©gralitĂ© de notre histoire, depuis notre premiĂšre enfance. Cependant, au quotidien, nous avons l’impression que le passĂ© n’est plus parce que l’homme agissant est tout entier tournĂ© vers l’action, et un mĂ©canisme cĂ©rĂ©bral veille Ă  filtrer que ce qui est de nature Ă  Ă©clairer la situation prĂ©sente ». D’un cĂŽtĂ© la masse intĂ©grale, immense et obscure du passĂ©, de l’autre l’infime besoin de ce qui est actuellement utile. D’oĂč l’emploi par Bergson de la notion d’inconscient, comme espace oĂč doit se cantonner la presque intĂ©gralitĂ© du passĂ©, avec l’idĂ©e du reconnaĂźt donc qu’il y a des Ă©tats psychologiques inconscients, autrement dit des Ă©tats des souvenirs, des pensĂ©es qui continuent d’exister sans pour autant ĂȘtre conscients. Mais si ces Ă©tats sont impuissants Ă  s’actualiser, c’est parce qu’ils ne sont pas utiles Ă  notre prĂ©sent. Ils peuvent donc Ă  tout moment, en fonction de nos besoins, redevenir conscients et n’ont, par consĂ©quent, rien Ă  voir avec les contenus que Freud psychanalyste autrichien, 1856-1939 qualifie d’ ne pas dire que Freud et Bergson affirment tous les deux l’existence de l’ L’inconscient est une instance du psychisme qui se manifeste par ses pour Freud, n’est ni l’inaperçu Leibniz ne ce qui n’est pas actuellement Ă  la conscience Bergson. C’est une instance du psychisme dont on ignore tout et qui se manifeste par ses effets. L’inconscient est constituĂ© de contenus refoulĂ©s des reprĂ©sentations psychiques souvent sexuelles, agressives – c’est-Ă -dire des pensĂ©es, des images, des souvenirs, des fantasmes sur lesquels se fixent des pulsions qui n’ont pu avoir accĂšs au systĂšme prĂ©conscient-conscient. Ces contenus inconscients ne peuvent revenir directement Ă  la conscience. Ils font retour de maniĂšre dĂ©guisĂ©e dans le rĂȘve ou encore sous forme de symptĂŽmes qui se traduisent souvent par des n’est donc pas une conscience obscurcie. Il constitue une vĂ©ritable instance du psychisme. Freud qualifie de prĂ©conscients les pensĂ©es, les souvenirs qui sont temporairement absents de la conscience, mais qui peuvent y revenir Ă  tout moment. Il le fait pour les distinguer des contenus qui sont vĂ©ritablement inconscients. Freud affirme que l’inconscient est un mĂ©canisme psychique dont nous sommes forcĂ© de reconnaĂźtre l’existence parce que nous le dĂ©duisons de ses manifestations, mais duquel nous ne savons rien ».Jusqu’à Freud, l’idĂ©e de psychique Ă©tait strictement analogue Ă  celle de conscience. La position de Freud, au contraire, est la suivante il y a des actes psychologiques conscients qui ne peuvent ĂȘtre expliquĂ©s que par des actes psychiques qui, eux, Ă©chappent au tĂ©moignage de la conscience. La conscience n’a pas de valeur explicative totale, mais seulement partielle. Dans bien des cas, un acte psychique ne s’explique pas par la conscience, mais par un autre acte psychique d’oĂč l’idĂ©e d’enchaĂźnement continu et sous-jacent des actes psychiques. La conscience est un phĂ©nomĂšne de surface dont les donnĂ©es sont lacunaires » et non pas continues. Autrement dit, il n’y a pas identitĂ© entre conscience et Ă©tats psychiques, mais un champ plus marge des Ă©tats psychiques que celui de la psychisme freudienFreud considĂšre que la conscience ne constitue pas l’essence du psychisme. Dans sa premiĂšre topique topos signifie lieu en grec, Ă©laborĂ©e en 1900, Freud compare le psychisme Ă  un appareil constituĂ© de deux systĂšmes radicalement distincts l’inconscient et le prĂ©conscient-conscient. L’inconscient est un systĂšme profond constituĂ© de contenus refoulĂ©s ne pouvant accĂ©der au systĂšme prĂ©conscient-conscient. A partir de 1923, Freud Ă©labore une seconde topique dans laquelle il utilise le terme inconscient pour qualifier le ça, mais aussi pour une part le moi et le surmoi. Le ça, totalement inconscient, est le rĂ©servoir des instincts primaires, des pulsions, des dĂ©sirs refoulĂ©s. Il est rĂ©gi par le seul principe du plaisir. Le moi, qui constitue, pour une part, la conscience, a pour fonction de se dĂ©fendre contre les pulsions du ça mĂ©canismes de dĂ©fense ou de les adapter aux conditions imposĂ©es par le monde extĂ©rieur. Il est donc rĂ©gi par le principe de rĂ©alitĂ©. Le surmoi qui est formĂ© par l’intĂ©riorisation des interdits parentaux et sociaux, est la conscience morale, le juge et le censeur du moi. Le ça demande, le surmoi autorise ou non. Le moi se trouve pris entre les exigences du ça et les impĂ©ratifs du surmoi. La nĂ©vrose ou la maladie n’est jamais qu’un mauvais compromis entre ces forces contradictoires. Comme le souligne Freud, le moi n’est pas maĂźtre dans sa propre maison. Il est soumis Ă  une triple servitude, et de ce fait menacĂ© par trois sortes de dangers celui qui vient du monde extĂ©rieur, celui de la libido pulsions du ça et celui de la sĂ©vĂ©ritĂ© du surmoi. L’essentiel des processus psychiques est inconscient. Seule une partie du moi, tel un iceberg, bref, si l’on ne recourt pas Ă  l’hypothĂšse de l’inconscient, les actes conscients qu’on peut rassembler – compte-tenu de leur caractĂšre lacunaire – demeurent incohĂ©rents et incomprĂ©hensibles ». Freud, en exposant sa thĂšse, introduit l’inconscient. C’est ce dernier et non la conscience qui donne sens. D’oĂč la recommandation de Freud propre Ă  toute mĂ©thode scientifique aller au-delĂ  de l’expĂ©rience au sens d’apparence immĂ©diate. Donc aller au-delĂ  du conscient, jusqu’à forger l’hypothĂšse de l’inconscient, mĂȘme si cette notion n’est pas donnĂ©e strictement par l’expĂ©rience immĂ©diate. Pour Freud, les donnĂ©es immĂ©diates de la conscience sont insuffisantes » pour donner raison de la totalitĂ© des actes psychiques. Au contraire, il est nĂ©cessaire de construire, Ă  l’opposĂ© du donnĂ©, la notion d’ lapsusLes lapsus sont des erreurs de langage qui ont un caractĂšre involontaire. Selon Freud, ils ne sont pas dus Ă  l’inattention ou Ă  la fatigue, ils ont un sens ils tĂ©moignent d’un dĂ©sir prĂ©conscient ou inconscient et rĂ©sultent de l’interfĂ©rence de ce dĂ©sir avec ce qu’on voudrait ou devrait consciemment dire. Exemple un prĂ©sident qui dĂ©clare, dĂšs l’ouverture, la sĂ©ance close. Il dit le contraire de ce qu’il voulait dire. A ces lapsus, se rajoutent d’autres phĂ©nomĂšnes de sens comme l’oubli momentanĂ© d’un nom propre, les erreurs de lecture, la perte ou le bris d’objets. Ces actes manquĂ©s sont, selon Freud, des discours rĂ©ussis. Ils expriment des pulsions ou des intentions qui ont leur source dans des dĂ©sirs ou des complexes ReconnaĂźtre l’existence de l’inconscient, n’est-ce pas abdiquer sa responsabilitĂ© ?Mais cet inconscient dont on ignore tout mais qui se manifeste par des effets est-il vraiment une rĂ©alitĂ© ? N’est-ce pas parce qu’il prĂ©suppose l’existence de l’inconscient que Freud peut en dĂ©couvrir les manifestations ? Les symptĂŽmes, le rĂȘve, les actes manquĂ©s ne peuvent rĂ©vĂ©ler l’existence de l’inconscient que si l’on postule qu’ils sont signifiants et forment un discours. Mais dirent qu’ils forment un discours, n’est-ce pas prĂ©supposer ce sujet dont on voudrait dĂ©montrer l’existence ?Ainsi Alain pseudonyme d’Emile-Auguste Chartier, philosophe français, 1868-1951 refuse-t-il, chaque fois qu’il s’exprime sur ce point, la croyance Ă  l’inconscient Cette idĂ©e de l’inconscient, tant vantĂ©e et si bien vendue, je n’en fais rien ; [
] quand j’ai voulu en user, afin de me mettre Ă  la mode, elle n’a rien saisi de l’homme, rien Ă©clairĂ© » FantĂŽmes, 23 septembre 1921. Il s’agit pour Alain de quelque chose de plus qu’une simple question de mots. Il estime qu’on ne peut pas fonder une quelconque morale Ă  partir de l’hypothĂšse d’un inconscient. Or, affirme Alain, il faut lier conscience et morale. Toute morale prĂ©suppose en effet un sujet conscient et libre. L’idĂ©e freudienne d’un psychisme inconscient fait problĂšme dans la mesure oĂč elle donne Ă  penser que nous sommes manipulĂ©s par des forces obscures qui nous Ă©chappent et que nous pourrions ne pas ĂȘtre responsables de nos choix, de nos actes, de Alain, l’inconscient n’est donc pas une instance du psychisme mais un simple mĂ©canisme corporel. Il y a, dit-il, un conflit sans cesse recommencĂ© entre les passions l’inconscient et la raison le conscient, ou, plus simplement encore, entre le corps et l’esprit. Les partisans de l’inconscient estiment sans doute que les signes qui viennent du corps sont des pensĂ©es qui mĂ©ritent d’ĂȘtre interprĂ©tĂ©es ; pour les tenants du rationalisme, il n’y a de pensĂ©es vĂ©ritables que critique de l’inconscient qu’on trouve chez Alain ne porte pas sur tel ou tel point de la doctrine de Freud. Elle est absolument radicale parce qu’elle Ă©carte le psychologisme au profit de la morale. ReconnaĂźtre l’existence d’un inconscient psychique est donc, pour Alain, une erreur l’inconscient est corporel et une faute au sens moral. Il rejette l’inconscient du cĂŽtĂ© du corps et renoue avec le cartĂ©sianisme pour lequel la conscience ou la pensĂ©e est l’essence du psychisme. Mais au-delĂ  des affirmations d’Alain, il n’y a aucune rĂ©futation vĂ©ritable de l’existence de l’inconscient. L’erreur de tous ceux qui rĂ©cusent l’inconscient, c’est prĂ©cisĂ©ment de considĂ©rer l’inconscient comme un autre moi qui doublerait le moi conscient, comme un sujet. Autrement dit, de penser l’inconscient dans les mĂȘmes termes que la n’est pas le lieu de forces diaboliques qui pĂšseraient mĂ©caniquement sur chacune de nos conduites, mais il influe sur notre maniĂšre d’ĂȘtre au monde, de rĂ©agir Ă  telle ou telle situation. Souffrir du complexe d’ƒdipe, c’est, par exemple, ne pouvoir aimer sans culpabilitĂ© des femmes que l’on respecte ou bien n’ĂȘtre attirĂ© que par celles qui sont mariĂ©e. Il est difficile de soutenir que de telles attitudes sont le fruit de nos libres choix. Le complexe d’ƒdipeLe complexe d’ƒdipe est une dĂ©couverte fondamentale de Freud. Il s’agit de l’attachement incestueux de l’enfant au parent de sexe opposĂ© et la rivalitĂ© avec le parent de mĂȘme sexe. Le 15 octobre 1897, Freud fait Ă  son ami Fliess mĂ©decin allemand, 1858-1928 une communication qui devait ĂȘtre dĂ©cisive pour l’avenir de la thĂ©orie psychanalytique En moi aussi se vĂ©rifie l’amour pour la mĂšre et la jalousie envers le pĂšre, au point que je les considĂšre maintenant comme un phĂ©nomĂšne gĂ©nĂ©ral de la premiĂšre enfance [
] S’il en est bien ainsi on comprend parfaitement l’effet saisissant d’ƒdipe-Roi ». On connaĂźt les deux crimes d’ƒdipe-Roi il a tuĂ© son pĂšre et Ă©pousĂ© sa mĂšre. Si cette tragĂ©die de Sophocle tragĂ©dien grec, 496-406 nous Ă©meut si profondĂ©ment dit Freud, c’est parce qu’elle a saisi une compulsion que nous reconnaissons tous pour l’avoir ressentie dans notre enfance. Chacun d’entre nous fut un jour, en germe, en imagination, un ƒdipe et s’épouvante devant la relation de son rĂȘve transposĂ© devant la rĂ©alitĂ© ». Lorsque le complexe d’ƒdipe n’est pas surmontĂ©, il est alors Ă  la source de symptĂŽmes Ă  l’ñge adulte. Il constitue mĂȘme, selon Freud, le noyau de toute plus qu’un dĂ©terminisme, pourrait ĂȘtre un destin. Il y a des personnes dont toutes les relations humaines connaissent la mĂȘme issue hommes dont toutes les amitiĂ©s s’achĂšvent par le trahison de l’ami, amoureux dont chaque affaire de cƓur avec les femmes traverse les mĂȘmes phases et conduit au mĂȘme Ă©chec
 Il y a des personnes qui semblent vivre passivement quelque chose sur quoi elles n’ont aucune part d’influence. Freud considĂšre qu’un tel destin est pour la plus grande part prĂ©parĂ© par le sujet lui-mĂȘme et dĂ©terminĂ© par des influences de la petite l’existence d’un inconscient, c’est refuser la possibilitĂ© de la connaissance de cet inconscient, c’est se condamner Ă  ĂȘtre celui qu’on n’a pas voulu ou choisi d’ĂȘtre. Avant de pouvoir ĂȘtre libre de choisir et d’agir, c’est d’abord de nous-mĂȘmes que nous devons nous dĂ©faire. La libertĂ© est libĂ©ration. Or la connaissance de l’inconscient est la seule maniĂšre que nous avons de nous sĂ©parer de nous-mĂȘmes. Pour Freud, reconnaĂźtre l’existence de l’inconscient, ce n’est pas abdiquer sa responsabilitĂ©. Bien au contraire, c’est un devoir, au sens moral, de s’efforcer de mieux le connaĂźtre. Autrement dit, il n’y a pas de vĂ©ritable autonomie du moi avant la cure psychanalytique. Plus je me connais, plus je peux choisir et agir en pleine connaissance de cause, plus je me sens responsable de moi-mĂȘme et de mes actes.

Morale& Politique. La liberté; Le devoir; Le bonheur; La société; Justice & Droit; Le sujet

Au cƓur de la vie extĂ©rieure ordinaire, la passionnante aventure intĂ©rieure De nos jours, de plus en plus de gens, et plus particuliĂšrement ceux qui vivent dans les grandes villes, souffrent d’un terrible sentiment de vide et d’ennui, comme s’ils attendaient quelque chose qui n’arrive jamais. Le cinĂ©ma et la tĂ©lĂ©visons, les spectacles sportifs, les Ă©vĂšnements politiques, les distraient pendant un temps mais ils se retrouvent sans cesse Ă©puisĂ©s et dĂ©senchantĂ©s devant le dĂ©sert de leur propre vie. La seule aventure qui vaille encore d’ĂȘtre vĂ©cue pour l’homme moderne se situe dans le royaume intĂ©rieur de sa psychĂ© inconsciente. C’est avec une conscience vague de cette idĂ©e que beaucoup se tournent aujourd’hui vers le Yoga, ou d’autres pratiques orientales. Mais elles n’offrent pas d’aventure authentiquement nouvelle, car nous ne faisons qu’y hĂ©riter la sagesse des Hindous ou des Chinois, sans avoir de contact direct avec notre centre psychique individuel. S’il est vrai que les mĂ©thodes orientales favorisent la concentration d’esprit et la mĂ©ditation intĂ©rieure ce qui est, en un sens, analogue Ă  l’introversion dans un traitement psychanalytique il y a une diffĂ©rence trĂšs importante. Jung a mis au point une mĂ©thode pour accĂ©der Ă  ce centre intĂ©rieur, et Ă©tablir le contact avec le mystĂšre vivant de l’inconscient, seule et sans aide. Ceci s’écarte complĂštement des sentiers battus. Essayer de donner Ă  la rĂ©alitĂ© vivante du Soi une quantitĂ© constante d’attention quotidienne Ă©quivaut Ă  essayer de vivre simultanĂ©ment sur deux plans, ou dans deux mondes diffĂ©rents. On s’occupe, comme avant, des obligations de la vie active, mais en mĂȘme temps on reste rĂ©ceptif Ă  toutes les suggestions, tous les signes, Ă  la fois ceux des rĂȘves et des Ă©vĂšnements extĂ©rieurs, que le Soi utilise pour symboliser ses intentions – le sens dans lequel coule le fleuve de la vie. Les vieux textes chinois qui ont trait Ă  cette expĂ©rience, utilisent frĂ©quemment l’image du chat qui observe le trou de la souris. Un texte dit qu’il ne faut pas se laisser distraire par des pensĂ©es incidentes, mais que l’attention ne doit pas non plus ĂȘtre trop aiguisĂ©e, ni d’ailleurs trop Ă©moussĂ©e. Il y a un seuil bien dĂ©fini de perception Si l’entrainement est pratiquĂ© de cette maniĂšre
.il deviendra efficace Ă  mesure que le temps passera et quand le principe touchera Ă  l’accomplissement, comme un melon mĂ»r qui tombe automatiquement, tout ce avec quoi il entrera en contact provoquera subitement l’éveil suprĂȘme de l’individu. C’est le moment oĂč le praticien sera comme l’homme qui boit de l’eau et qui est seul Ă  savoir si elle est froide ou chaude. Il est libĂ©rĂ© de tous les doutes sur lui-mĂȘme, et Ă©prouve un grand bonheur, comparable Ă  celui que l’on ressent quand on rencontre son pĂšre Ă  la croisĂ©e des chemins. C’est ainsi qu’au cƓur de la vie extĂ©rieure ordinaire, on est subitement engagĂ© dans la plus passionnante des aventures intĂ©rieures. Et du fait qu’elle est unique pour chaque individu, elle ne peut ĂȘtre ni violĂ©e, ni copiĂ©e. Il n’y a deux raisons principales qui font perdre Ă  l’homme contact avec son centre psychique rĂ©gulateur L’une est qu’une pulsion instinctuelle ou une image fortement chargĂ©e d’affectivitĂ© peut le faire pencher d’un cotĂ© et lui faire perdre son Ă©quilibre. Cela se produit aussi chez les animaux ; un cerf sous l’emprise de l’excitation sexuelle oubliera complĂštement et la faim et le soin de sa sĂ©curitĂ©. Cet aveuglement et cette perte d’équilibre inspirent beaucoup d’effroi aux primitifs, qui parlent alors de la perte de l’ñme ».L’équilibre intĂ©rieur est aussi menacĂ© par une tendance excessive Ă  la rĂȘverie, qui tourne en gĂ©nĂ©ral secrĂštement autour de certains complexes. En fait, cette rĂȘverie se produit prĂ©cisĂ©ment parce qu’elle met l’homme en relation avec ses complexes. Mais en mĂȘme temps, elle menace la concentration et la continuitĂ© de la conscience. Le deuxiĂšme obstacle, exactement opposĂ©, est dĂ» Ă  un trop grand raffermissement de la conscience du Moi. Bien qu’une conscience disciplinĂ©e soit nĂ©cessaire Ă  l’accomplissement des activitĂ©s de l’homme civilisĂ©, nous savons ce qui arrive lorsqu’un aiguilleur, sur la voie ferrĂ©e se laisse aller Ă  la rĂȘverie elle a l’inconvĂ©nient grave de devenir facilement un obstacle Ă  la rĂ©ception des impulsions et des message venant du centre. C’est pourquoi les rĂȘves des hommes civilisĂ©s s’efforcent si frĂ©quemment de rĂ©tablir cette rĂ©ceptivitĂ© en corrigeant l’attitude de la conscience Ă  l’égard du centre inconscient du Soi. Mandala, le cercle magique Parmi les reprĂ©sentations mythologiques du Soi, on trouve frĂ©quemment les quatre coins du monde, et dans beaucoup d’images, le Grand Homme figure au centre d’un cercle divisĂ© en quatre. Jung utilisait le mot Hindou mandala cercle magique pour dĂ©signer une structure de cet ordre, qui est une reprĂ©sentation symbolique du noyau originel de la psychĂ©, dont l’essence nous est inconnue. Et il est intĂ©ressant de remarquer ici que le chasseur Naskapi ne reprĂ©sente pas son Grand Homme comme un ĂȘtre humain, mais comme un mandala. Alors que les Naskapis peuple nomade du nord canadien ont une expĂ©rience immĂ©diate et naĂŻve du centre intĂ©rieur, sans l’aide de rites religieux ni de doctrines, d’autres communautĂ©s utilisent le mandala afin de rĂ©tablir un Ă©quilibre intĂ©rieur perdu. Par exemple, les Indiens Navahos essaient, au moyen de peinture sur le sable, auxquelles ils donnent la structure du mandala, de parvenir Ă  ramener un malade Ă  l’harmonie avec son Ăąme et le cosmos. Dans les civilisations orientales, des images analogues sont utilisĂ©es pour consolider l’ĂȘtre intĂ©rieur, ou pour favoriser la mĂ©ditation en profondeur. La contemplation d’un mandala est sensĂ© inspirer la sĂ©rĂ©nitĂ©, le sentiment que la vie Ă  retrouvĂ© son sens et son ordre. Le mandala produit le mĂȘme effet lorsqu’il apparaĂźt spontanĂ©ment dans les rĂȘves de l’homme moderne qui ignore ces traditions religieuses. Peut-ĂȘtre l’effet positif est-il encore plus grand dans ce cas parce que la connaissance et la tradition peuvent Ă©mousser ou mĂȘme rendre impossible l’expĂ©rience spontanĂ©e. Un exemple de mandala surgi spontanĂ©ment nous est donnĂ© dans le rĂȘve d’une femme de soixante deux ans. Il apparaĂźt comme un prĂ©lude Ă  une nouvelle phase de sa vie oĂč elle eut une activitĂ© crĂ©atrice particuliĂšrement intense Je vois un paysage dans la pĂ©nombre. A l’arriĂšre-plan, je vois s’élever puis se prolonger horizontalement la crĂȘte d’une colline. A l’endroit oĂč elle s’élĂšve, se meut un disque quadrangulaire qui brille comme de l’or. Au premier plan je vois de la terre noire labourĂ©e, oĂč des pousses commencent Ă  germer. Puis je perçois subitement une table ronde avec une dalle de pierre grise dessus, et au mĂȘme moment, le disque quadrangulaire est soudain debout sur la table. Il a quittĂ© la colline, mais quand et comment, je ne sais pas. Les paysages dans les rĂȘves comme dans l’art expriment souvent un Ă©tat d’ñme ineffable. Dans ce rĂȘve, la pĂ©nombre indique que la clartĂ© diurne de la conscience est obscurcie. La nature intĂ©rieure » peut maintenant commencer Ă  se rĂ©vĂ©ler dans sa propre lumiĂšre, aussi le disque quadrangulaire devient-il visible Ă  l’horizon ? Jusqu’à prĂ©sent, le symbole du Soi, le disque, avait Ă©tĂ© surtout une intuition Ă  l’horizon mental su sujet, mais maintenant il change de position et devient le centre du paysage de l’ñme. Une graine depuis longtemps semĂ©e, commence Ă  germer. Le sujet faisait depuis longtemps attention Ă  ses rĂȘves, et cette persĂ©vĂ©rance commence Ă  porter des fruits. On se souvient du rapport que j’ai dĂ©jĂ  mentionnĂ© entre le symbole du Grand Homme et la vie vĂ©gĂ©tale. Et puis le disque d’or se dĂ©place vers la droite » – le cotĂ© oĂč les choses devinent conscientes. Entre autres, la droite signifie souvent, psychologiquement, le cotĂ© de la conscience, de l’adaptation, alors que la gauche est la sphĂšre de l’inadaptation, des rĂ©actions inconscientes, et quelque fois mĂȘme de quelque chose de sinistre du mot latin sinister. Le disque d’or s’arrĂȘte dans son mouvement et vient se poser sur la table de pierre. Il a trouvĂ© une base permanente. La rondeur le motif du mandala symbolise en gĂ©nĂ©rale l’intĂ©gritĂ© naturelle, alors que la forme quadrangulaire reprĂ©sente la prise de conscience de cette intĂ©gritĂ©. Dans le rĂȘve, le disque carrĂ© et la table ronde se rencontrent, annonçant une prise de conscience imminente du centre. La table ronde, incidemment, est un symbole bien connu de plĂ©nitude, et joue un rĂŽle de mythologie, par exemple la table ronde du Roi Arthur, qui dĂ©rive elle-mĂȘme de la table de la CĂšne. En fait, Ă  chaque fois que l’ĂȘtre humain se tourne sincĂšrement vers son monde intĂ©rieur et essaie de se connaĂźtre, non pas en ruminant ses pensĂ©es et ses sentiments subjectifs, mais en suivant les manifestions de sa propre nature objective, tels que les rĂȘves et les fantasmes authentiques, alors, tĂŽt ou tard, le Soi Ă©merge. Le Moi dĂ©couvre alors une force intĂ©rieure qui contient toutes les possibilitĂ©s de renouvellement. Mais il surgit une difficultĂ© considĂ©rable, que je n’ai mentionnĂ©e qu’indirectement jusqu’à prĂ©sent. C’est que chaque personnification de l’inconscient – l’ombre, l’anima, l’animus ou le Soi – a non seulement un aspect lumineux mais un aspect tĂ©nĂ©breux. La polaritĂ© Nous avons vu que l’ombre peut ĂȘtre vile et mauvaise et se manifester comme une pulsion instinctuelle qu’il faut surmonter. Mais elle peut ĂȘtre aussi une impulsion allant dans le sens de la croissance, qu’il faut dĂ©velopper. De la mĂȘme façon, l’anima et l’animus ont des aspects doubles ils peuvent provoquer une Ă©volution vivifiante de la personnalitĂ©, lui apporter un esprit crĂ©ateur, ou ils peuvent causer la pĂ©trification et la mort physique. Le Soi lui-mĂȘme, ce symbole qui embrasse tout l’inconscient, a un effet ambivalent. Le cotĂ© tĂ©nĂ©breux du Soi reprĂ©sente le pus grand danger, prĂ©cisĂ©ment parce que le Soi est la plus grande des forces psychiques. Il peut amener les gens Ă  fabriquer des fantasmes mĂ©galomaniaques , ou d’autres aussi illusoires dont ils seront possĂ©dĂ©s » . Une personne qui se trouve dans cet Ă©tat croira, par exemple, avec une exaltation croissante qu’elle a percĂ© les grandes Ă©nigmes de l’univers, perdant ainsi tout contact avec la rĂ©alitĂ© humaine. Un symptĂŽme caractĂ©ristique de cet Ă©tat est la perte du sens de l’humour et des contacts humains. L’émergence du Soi peut donc mettre en danger le Moi conscient. Ce double aspect du Soi est joliment illustrĂ© par un vieux conte iranien appelĂ© Le Secret du Bain BĂądgerd » Le grand et noble prince HĂątim TĂąi reçoit de son roi l’ordre d’explorer le mystĂ©rieux Bain BĂądgerd chĂąteau de la non-existence. Quand il s’en approche aprĂšs de multiples et dangereuses aventures, il apprend que personne n’en est jamais revenu, mais veut tout de mĂȘme poursuivre son entreprise. Il est accueilli dans un Ă©difice circulaire par un barbier muni d’un miroir, qui le mĂšne au bain, mais sitĂŽt que le prince pĂ©nĂštre dans l’eau, il entend un bruit de tonnerre, l’obscuritĂ© se fait, le barbier disparaĂźt, et l’eau commence Ă  monter. HĂątim nage dĂ©sespĂ©rĂ©ment en rond jusqu’à ce que l’eau finalement atteigne le sommet de la coupole surmontant le bain. Se croyant perdu, il dit une priĂšre, et saisit la pierre centrale de la coupole. De nouveau le tonnerre retentit et HĂątim se trouve seul dans un dĂ©sert. AprĂšs avoir errĂ© longtemps il arrive dans un beau jardin au milieu duquel il y a un cercle de statues de pierre. Au centre, il aperçoit un perroquet dans une cage, et une voix venue d’en haut dit L’homme hĂ©roĂŻque, tu ne sortiras probablement pas vivant de ce bain. Jadis Gayomart le Premier Homme trouva un Ă©norme diamant qui brillait plus que le soleil et la lune. Il dĂ©cida de le cacher en un endroit oĂč personne ne pĂ»t le trouver et il construisit ce bain magique pour le protĂ©ger. Le perroquet que tu vois fait partie de cet enchantement. A cotĂ© de lui tu trouveras un arc d’or et une flĂšche attachĂ©e Ă  une chaine d’or avec lesquels tu peux essayer Ă  trois reprise de tuer le perroquet. Si tu l’atteins, la malĂ©diction sera levĂ©e. Sinon tu seras pĂ©trifiĂ©, comme le furent tous ceux que tu vois ici ». HĂątim essaie une premiĂšre fois, et manque l’oiseau. Ses jambes se pĂ©trifient. Il essaie une deuxiĂšme fois, et est pĂ©trifiĂ© jusqu’à la poitrine. La troisiĂšme fois, il ferme les yeux, s’exclamant Dieu est grand », tire Ă  l’aveuglette, et atteint le perroquet. Coup de tonnerre, nuages de poussiĂšre. Quand tout s’est apaisĂ© il y a, Ă  la place du perroquet, un Ă©norme diamant, et toutes les statues sont revenues Ă  la vie. Les hommes le remercient de les avoir dĂ©livrĂ©s. Le lecteur reconnaitra les symboles du Soi dans cette histoire le Premier Homme Gayomart, l’édifice rond en forme de mandala, la pierre centrale, et le diamant. Mais ce diamant est entourĂ© de dangers. Le perroquet dĂ©moniaque reprĂ©sente l’esprit d’imitation nĂ©faste qui nous fait manquer le but et nous pĂ©trifie psychologiquement. Comme je l’ai remarquĂ© plus haut, le processus d’individuation exclut toute imitation des autres. A maintes reprise, dans le monde, les hommes ont cherchĂ© Ă  copier par leur attitude extĂ©rieure et leur comportement rituel l’expĂ©rience religieuse originale, leurs maitres spirituels, Christ ou Bouddha par exemple, et se sont ainsi pĂ©trifiĂ©s ». Suivre la voie d’un maĂźtre spirituel ne signifie pas qu’il faille le copier et se conformer au modĂšle du processus d’individuation de ce guide. Cela signifie que chacun doit essayer de vivre sa propre vie avec une sincĂ©ritĂ© et une dĂ©votion Ă©gales Ă  celles du maĂźtre. Le barbier au miroir, qui disparaĂźt, symbolise la facultĂ© de rĂ©flexion que HĂątim perd au moment oĂč il en a le plus besoin. Les eaux qui montent reprĂ©sentent le risque de se noyer dans l’inconscient et de se perdre dans ses propres Ă©motions. Si l’on veut comprendre les indications symboliques que nous fournit l’inconscient, il faut prendre garde Ă  ne pas sortir de soi, Ă  ne pas ĂȘtre hors de soi ». Il est d’une importance essentielle que le Moi continue Ă  fonctionner normalement. Ce n’est que si je demeure un ĂȘtre humain ordinaire, conscient de son incomplĂ©tude, que je deviens rĂ©ceptif aux contenus et aux processus significatifs de l’inconscient. Mais comment l’ĂȘtre humain peut-il rĂ©sister Ă  la tension de se sentir en union avec l’univers entier, quand il n’est en mĂȘme temps qu’une misĂ©rable crĂ©ature humaine ? Si je me mĂ©prise, en considĂ©rant que je ne suis qu’un nombre dans une statistique, ma vie n’a pas de sens, et ne mĂ©rite pas d’ĂȘtre vĂ©cue. Mais si en revanche j’ai l’impression de participer Ă  quelque chose de beaucoup plus vaste, comment vais-je conserver les deux pieds sur terre ? Il est en fait trĂšs difficile d’unir en soi ces deux extrĂȘmes sans tomber dans un excĂšs ou dans un autre. Marie-Louise von Franz L’homme et ses symboles Edition Robert Laffont
Aperçudu corrigé : Peut-on prétendre à une science de l'inconscient ? Corrigé de 678 mots (soit 1 pages) directement accessible . Sujets connexes : l'inconscient n'est-il qu'une conscience obscurcie ? Les lacunes de la conscience justifient-elles l'existence de l'inconscient ? (Problématique et textes) Peut-il y avoir une science de l'inconscient? La
Chapitre 2 La subjectivite, par dela la conscience le probleme de l’inconscient Ce qui nous interesse est qu’Est-ce qui dans le sujet lui-meme l’entrave? Qu’Est-ce qui l’empeche d’etre ce qu’il veut etre? Qu’Est-ce qui en nous-memes resiste a notre conscience? On est a la recherche de la part de nous meme qui nous echappe. Tout se passe comme si je » etait un autre. Comment comprendre que je sois moi et pas moi? Il y a des choses dont je n’ai pas conscience et qui sont des entraves. Inconscient ce qui empeche la conscience d’etre elle-meme, pleine, d’exercer son pouvoirNon-conscient ce que notre conscience ignore sans que cela ait des consequences dans son fonctionnement. Ex nous n’avons pas conscience de la circulation du sang dans notre corps. Cela n’entrave en rien notre conscience. L’inconscient Est-ce que nous ignorons nous meme, ce qui peut nous mettre en danger. Ex reves non controles I- De l’alterite des croyances magiques a l’alterite en la tradition philosophique Alter= l’autre, ce qui est moi et pas moi A- La possession La plupart des croyances magiques ou religieuses propose une pensee de l’envoutement ou de la possession. Qu’Est-ce qu’un possede? est domine par quelqu’un d’autre. C’est une autre creature qui brime le sujet existant. Le possede fait l’experience d’etre lui et un autre. Dia= a travers Ble=ballein=jeter Diable= celui qui divise, celui qui se jette a travers Celui qui est possede par le diable croit vivre cette experience de la division. Les sujets pouvaient etre comme depossedes d’eux-memes car une autre creature le possede. Il y a dans le sujet une part qui lui est etrangere et il en est conscient. Qu’elle est la part de moi-meme qui a pris possession de? B- La division avec soi-meme dans la tradition philosophique Axe axe platonicien a part sombre du sujet= etat d’ignorance Je suis different d’avec moi-meme parce que je ne me connais pas. a injonction socratique = connais toi toi-meme Je ne me connais pas parce que je crois me connaitre. Je suis possede par des choses etrangeres que je crois miennes ex le prejugea donner l’impression que c’est une pensee propre alors que c’est une pensee d’emprunt. Dans le prejuge, c’est l’autre qui vit en moi et je l’ignore. Je pense adhere a une verite, alors qu’au fond c’est etranger cf. cours sur la verite Comment d’autres hommes peuvent prendre le pouvoir en nous? ex la propagandea il est l’instrument de la pensee d’un autre La facon d’eviter cela est de developper se pensee des influences exterieures afin que l’on se reapproprie sa propre pensee. Comment l’ordre des passions peuvent m’eloigner de moi-meme? Je suis l’? uvre des passions mais elles peuvent l’eloigner de moi-meme, de ce que je ne suis pas habitue a faire ex amoura on devient obsessionnel, jaloux
On n’arrive plus a etre raisonnable. On est emporte par la passion. Le sujet est submerge par une part de lui-meme. La passion vient obscurcir la conscience et ses pouvoirs. L’ignorance, la patience,
ont pu etre concu comme des menaces pour la conscience? Neanmoins, se sont des evenements ponctuels qui ne durent pas. On va chercher a elucider une part du sujet qui serait opaque et oriente d’une maniere fondamentale les existences subjectives a grande theorie de l’inconscience. III- L’invention de l’inconscient Freud est le premier a penser que chaque sujet porte en lui-meme, a cote de la conscience, un inconscient qui a ses regles propres et qui influence de maniere determinante l’existence du sujet. Freud est medecin de la fin du XIXeme siecle, viennois. Autrichien qui durant ses etudes se passionne pour la psychiatrie naissante. XIXeme sieclea la medecine se specialise par branchea naissance de la psychiatrie Il s’interesse aux cas d’hysterie. Les hysteriques focalisent de maniere ambigus l’attention des medecins. Les hysteriques sont essentiellement des jeunes femmes qui presentent des symptomes somatiques relativement lourd hydrophone=peur de l’eau, aveugle
. Ces symptomes ne correspondent a aucune lesion anatomique. Elles vont bien physiquement. Les medecins d ’epoque pensent que sa doit venir de causes feminines. Elles sont des menteuses selon eux, elles simulent pour que l’on s’interesse a elles. Elles sont beaucoup maltraitees. Freud est touche par ces symptomes imaginaires mais la souffrance est bien reelle selon lui. Dire que les souffrances sont reelles signifie qu’elles veulent se faire soigner. Il faut reconnaitre qu’il y a une autre instance psychique differente de la conscience qui a sa logique propre, ses pouvoirs propres et qui peut prendre le pouvoir dans la vie du sujet. Ca organise sa maniere de penser, d’agir,
 Freud parce que c’est un homme de science, se demande si l’inconscient est une instance chez tous les sujets? Tous les humains car il sont humain auraient une conscience et un inconscient. Pour Freud, un sujet s’organise en 3 strates – le ca reservoir a pulsions a pulsion qui cherche une satisfaction. La pulsion veut etre satisfaite et fuit tout desagrement, tout inconfort. apulsion vitale, erotique, sexuelle recherche de jouissance, de plaisir apulsion qui pousse a la souffrance, a la destruction anatos Soit la pulsion est satisfaite alors elle est abolie. Soit la pulsion n’est pas satisfaite alors elle n’est pas abolie. Elle continue a nous agiter mais n’occupe plus notre esprit donc elle est refoulee. Le ca »s’enrichie de toutes les pulsions qui ont ete refoulees. L’hysterique a trop de pulsions refoulees, trop de satisfaction, trop de censure a pulsions deborde. Pour pouvoir reflechir, il faut sortir de la pulsion aeducation. La culture se batit sur un ensemble de pulsion refouler. Le ca + contraintes educatives a le MOI c’est la part consciente du sujet. Freud dit que le MOI repond a un principe de realite. Le ca envoi une pulsion, le MOI reflechit. Le MOI obeit au principe de realite. a le SURMOI ce sont toutes les regles, les tabous,
qui ont ete interiorises pendant l’education. Le SURMOI repond a un principe de culpabilite. Il est contre la jouissance. Il est contre le ca. Il arbitre. Il releve de l’inconscient. Le sujet est pris entre une part qu’il ne connait pas et une part qu’il connait. Le ca et le SURMOI sont strictement inconscients. Le MOI est conscient et inconscient. Ce qui est inconscient c’Est-ce qui regit les mecanismes de refoulement. Freud considere le refoulement necessaire. Si chacun se laissait aller, ce ne serait pas possible. La sublimation nom donne par Freud Une pulsion peut etre satisfaite differemment. Nous ne desirons pas tous les memes personnes. Notre pulsion se singularise, se determine. Pulsion sexuelle peut etre satisfaite ou non. Dans la sublimation, le sujet satisfait une pulsion erotique ou de mort a travers un objet socialement valorise. Ex agressivite, soit grand nevrose, soit militaire/chirurgien/sportif/
 La sublimation est une maniere constructive de se defouler. On se met au service de quelque chose mais pas pour la destruction. Pour Freud, il y a n fond pulsionnel quoiqu’on fasse soit on refoule, soit on sublime. Quelles sont les incursions les plus frequentes de l’inconscient dans la vie du sujet? A- Les manifestations de l’inconscient dans la vie du sujet Il y a toutes les manifestations saines qui concernent tous les sujets. Tous les sujets presentent un inconscient. Il s’agit de penser un retour du refoule qui soit sain pas maladif, pathologique ex un lapsus on dit ce que l’on veut precisement cacher. Sur un plan conscient, je sais exactement ce que je veux dire et taire, pourtant quand je parle, je dit le contraire. Si nous n’etions constitue que par notre conscience, il n’y aurait pas de lapsus selon Freud. Le lapsus nous renseigne sur nos pulsions inconscientes et permet de leur donner une forme de satisfaction. a Les actes manques sont une forme de lapsus oubli, retards, maladresse
 qui sont des retour du refoule selon Freud. Sur un plan conscient, on a fait tel ou tel choix, pourtant au moment d’accomplir on ne le fait pas car oublie, ou pas le temps. Notre fond pulsionnel va chercher a fuir ex aller chez le dentiste. a Le reve n’obeit en rien aux lois de la conscience. Tout est inverse le temps, l’espace
. Le reve est incoherent. Il faut apprendre a les analyser pour Freud. Dans les reves, l’inconscient se relache. Dans un reve on donne satisfaction a un certain nombre de desir refoule, inconscient. Ex le reve du chapeau a femme reve d’acheter un chapeau noir, cher et chic. Freud l’interroge car elle est l’une de ses patientes. L’objet renvoie a une forme fonctionnelle precise. Ici elle veut un homme car c’est une jeune femme marie a un vieillard. Il y a deux types de pulsions le desir de tuer l’ancien mari -pulsion d’agressivite -pulsion erotique Quelque chose de refoule reconnait toute sa force, toute sa puissance. Le discours que tient notre inconscient est de l’ordre du symbolique. Il s’agit de guerir des sujets a travers la liberation des paroles. La parole est refoulee par la conscience donc il ne peut plus nuire. La psychanalyse a pour enjeu la sante, non le bonheur. Ce que l’on peut retrouver sur soi est extremement violent. * pulsion/instinct la pulsion peut etre refoulee -le reve du peigne une fille s’est vue offert un peigne, elle en est rejouie. Interpretation de Freud= un peigne=un phallus=un homme Pourquoi le phallus est un peigne pour elle? La jeune fille appartient a la bonne societe juive orthodoxe. Elle reve qu’on lui offre un homme pas juif. -le reve de la reveuse contestatrice reve d’une menagere qui devait tenir un diner chez elle mais qui n’avait rien a offrir a ses convives. Manifestations pathologiques ce que Freud appelle nevrose le sujet perd la maitrise qu’il a de lui et sa conscience est reglee par les dictats de la conscience. Nevrose= retour pathologique du sujet Pathologique car le sujet n’arrive pas a agir normalement. Le nevrose voit ses liens sociaux et affectifs troubles. La phobie est une nevrose, de meme que l’hysterie, les rituels, l’obsession, le schema de repetition
Les sujets qui recommencent toujours les catastrophes existentielles echouer aux examens, abandon d’enfants de generation en generation
 a nevroses Le nevrotique ne choisit pas son existence, il assume, il est dans une logique de repetition, vit toujours le meme drame. Freud veut soigner ces nevroses par une cure =la psychanalyse. Le psychanalyste n’administre rien au patient, il le laisse parler sans aucune censure. Il faut que les nevroses prennent conscience des contenus inconscients refoules qui creent les symptomes. Il doit redevenir maitre de lui-meme. Complexe d’? dipe garcon tombe amoureux de sa mere. Quand la mere n’encourage pas les pulsions de l’enfant. Certaines nevroses sont commandes par des souvenirs traumatiques. La psychanalyse c’est troquer la maladie contre un malheur ordinaire. La bonne sante psychique c’est etre capable d’aimer, de travailler. Si on peut le faire alors on est en bonne sante. Celui qui est clot en lui-meme ne peut s’engager dans une relation. Etre en bonne sante c’est etre capable de sortir de soi. Bonne sante psychique= bonne conscience= etre capable d’etre tourne vers le dehors. Le depressif vit une sorte de cloture. Il ne peut sortir de lui, de chez lui. B- Perspective critique sur le freudisme € critique a krinein= juger donc adopte une perspective critique, chercher a en juger, faire la part des chosesa jugement Dans la critique il y a de bonnes et de mauvaises choses. 1/ Valeurs de la theorie de Freud € la theorie du sujet de Freud autorise un indicatif a gain d’intelligibilite moins de mysteres dans la vie du sujet grace a la notion d’inconscient. a grande puissance theorique la theorie de Freud renouvelle completement l’anthropologie. Il apparait comme un sujet opaque dont la maitrise peut sans cesse etre remise en cause de l’interieur. On ne pense plus l’homme de la meme facon avant et apres Freud. Un homme n’est plus un homme qui se controle mentalement. On va etre attentif aux enfants de maniere differente car c’est dans l’enfance que tout se joue. L’humanite a connu 3 grandes blessures narcissiques Narcissea tres beau jeune homme qui tombe amoureux de lui-meme puis meurt en voulant s’etreindre lui-meme a il se noie. Freud dit l’humanite est profondement narcissique ». Les trois blessures que va subir l’humanite sont – Darwin XIXeme s. a nature commune du vivant, de la bacterie a l’homme. Cette theorie est interdite dans plusieurs etats americains et certains etats arabes. – Freudisme a l’homme n’est plus au centre de l’existence, il y a des zones qu’il ne maitrise pas. Le sujet n’est plus au centre de lui-meme. Puissance theorique mesuree a la fecondite. Renouvellement d’interpretation concernant toutes les pratiques humaines. Envisageons maintenant les limites. 2/ Les limites Il y en a quelque unes mais elles ne sont pas anecdotiques. Les limites sont d’abord morales ou ethiques. Passage d’un sujet maitre a un sujet determine par des causes qu’il ne maitrise pas et donc il est victime faute de ses parents. Les gens aiment se voir en victime. Etat d’esprit victimaire et d’ayant droit. Le sujet est responsable des actes qu’il pose. Pour qu’il y ai responsabilite il faut qu’il y ai lucidite. Si Freud met en place la psychanalyse c’est pour resituer le sujet. a Critique epistemologique – Dans quel sens la psychanalyse est-elle une science? Pourquoi se demander ca? Car pour les peres Freud la psychanalyse est une suite. La psychanalyse a pu etre un discours de pouvoir. Politiquement a partir des annees 60’, il n’y a pas de politique juridique, de cinema
qui ne se fasse sans la psychanalyse. La psychanalyse est un discours de pouvoir comment elever les enfants, gerer son budget
. Si la psychanalyse n’est pas un discours elle ne peut demander de distance, de recul. € science= On en parle quand un discours cherche a prendre en charge essentiellement une realite ex biologie, physique,
etudies a partir du XVIIeme siecle. XVIIeme siecle= methode experimentale une theorie est scientifique quand elle est issue de cette methode aUn fait polemique un fait qui ne colle pas avec les theories deja admises. aFormulation d’une hypothese elle a pour vocation de dissoudre la contradiction Pour qu’une hypothese est une valeur scientifique, elle doit etre testee. a teste de l’hypothese dans un protocole experimental. A l’issu de ce texte, l’hypothese est validee a creation d’une nouvelle theorie scientifique. Le point de bascule entre hypothese et certitude est le teste. On passe de l’incertain au certain. Freud part d’un fait polemique sujet constitue uniquement par une conscience, hors il existe l’hysterie. Alors l’hypothese de Freud est qu’il existe un inconscient. Dans quelle mesure a-t-il mene son experience pour que son hypothese soit absolument verifiee Popper a falsification face a un discours qui se presente sous le masque de la science, on se demande ce qu’il en est de la falsification. Deux facons de mettre en ? uvre un protocole experimental € soit un protocole pour verifier l’hypothese et on a une grande chance de se tromper. Augmentation de la marge d’erreur. On manque d’objectivite. Il a envi que ca marche. Quand on veut des preuves on en trouve toujours. Il faut tout mettre en ? uvre pour trouver des defauts. Une hypothese n’est admise que lorsqu’elle a resiste a tout les efforts pour la rendre fausse ou la falsifier. Ex grande revue dans le monde, etoiles des articles bases sur le protocole experimental a falsifiabilite la falsifiabilite est le critere de la scientificite d’une science. Un discours est falsifiable quand il est structure de telle facon qu’un fait nouveau puisse le contredire. A chaque fois que quelqu’un veut le pouvoir, il le fait au nom de la science. Savoir faire la difference entre une experience scientifique et pseudo scientifique. En quel sens Freud a-t-il ete porte par un effort de falsification? Ex theorie du systeme solaire 8 planetes Debut du XX eme siecle, decouverte d’une 9eme planete. En quelle mesure la theorie de Freud est-elle falsifiable? Chacune de ses theories est falsifiee de maniere psychanalytique. Toute critique est immediatement rejetee ex vous voulez restez maitre de vous-meme. La psychanalyse n’est pas une science. Ce sont des concepts a manier avec prudence. CCL Le XIXeme siecle a le merite de clairement poser qu’il est impossible de poser la subjectivite uniquement a partir de la conscience. Penser le sujet c’est penser a un etre fendu, qui contient une part de mystere et qui est constitutif de son existence meme.
PrĂ©sentationdu chapitre II: Conscience. Inconscient. Sujet. La conscience est un pouvoir de reprĂ©sentation. « Avoir conscience qu’il y a une personne dans la piĂšce » ; « ĂȘtre conscient de ma joie » signifie que j’ai la connaissance d’une prĂ©sence dans l’espace ou de mon Ă©tat moral. Je m’en aperçois ; je me les reprĂ©sente. Harry Potter 2005 ~€~ Autres Lieux Magiques ~€~ Les villagesKristen BellSerdaigle [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©Kristen Bell, le Lun 14 Avr - 913 Bonjour,VoilĂ  l'habitation de Potter peut dĂšs Ă  prĂ©sent poster!Bonne JournĂ©e, Potter JamesGryffondor Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©Potter James, le Lun 14 Avr - 2004 James marchait au bord d'une petite route, au beau milieu d'un petit village qui s'appelait Loutry Ste Chaspoule. Le soleil tapĂ© fort sur son visage, le sol Ă©tait sec et dur. James entendit un coq chantĂ© tandis qu'il passait devant une petite ferme. Le village Ă©tait petit mais trĂšs mignon et calme. James savait que Loutry Ste Chaspoule Ă©tait un village ou de nombreuse famille de sorciers y tourna a droite, il marchait Ă  prĂ©sent dans un petit chemin caillouteux. Il entendit l'eau qui coulait dans un petit ruisseau. James marcha lentement pendant deux bonne minutes, il passa a coter d'un grand manoir, il dominait tout le petit village. Une trentaine de mĂštres se trouvait une petite maison de vit un petit Ă©criteau devant sur lequel il Ă©tait Ă©crit en petite lettres dorĂ©e " James House". Il eut un petit sourire, c'Ă©tait sa tout premiĂšre maison. Elle ne comportait pas d'Ă©tage, c'Ă©tait une simple maison mais James en Ă©tait trĂšs fiĂšre.*C'est mon chez moi*.Les murs extĂ©rieurs Ă©tait en brique blanche, il y avait deux fenĂȘtres en bois, et une petite porte de il y avait une petite surface d'herbe, avec une allĂ©e pleine de gravier. Un petit grillage dĂ©limitĂ©e la propriĂ©tĂ©. James poussa le petit portillon vert, il entra dans la cour. Son coeur battait, il n'arrivait pas a encore rĂ©alisĂ© que cette maison Ă©tait la sienne. Bien sur il avait du faire un prĂȘt, mais il ne pensait pas avoir de problĂšme pour remboursĂ© cet argent. Il ouvrit la porte, il se trouva dans un petit hall d'entrer. Les murs Ă©tait rouge clair, tout a fait le style de James. Il fit quelque pas, a sa gauche se trouvait une petite cuisine, avec trĂšs peu de meubles. Il n'avait pas encore eut le temps de meublĂ© sa maison. James retourna dans le couloir, les murs Ă©tait toujours rouge trĂšs clair. Il trouvait les murs triste, il se dit que dĂ©s qu'il le pourrait il acrochĂ© un maximum de tableau pour rendre les lieux un peu plus gai. James ouvrit une porte vitrĂ©e, il fit son entrĂ© dans le salon qui Ă©tait trois fois plus grand que la cuisine. Il y avait une grande cheminĂ©e au fond. A coter se trouvĂ© un petit bar trĂšs rustique avec plein de tabouret autour. Vers le centre se trouvait une grande et Ă©lĂ©gante table a manger. Un peu plus loin dans un coin se trouvait un canapĂ© ainsi que deux petit fauteuils. Il y avait un grand meuble qui Ă©tait vide. James se demandait comment il aller remplir tout ce vide mais il se dit que cela viendrait avec le ressortit dans le couloir, il fit trois petit pas et il ouvrit la porte de gauche. Les toilettes rien de particulier ! Il revint dans le couloir et ouvrit la porte en face. La salle de bain Ă©tait grande et lumineuse. Le carrelage Ă©tait blanc et bleu. James n'arrivait pas a faire la diffĂ©rence car le sol changĂ© de couleur. James sut tout de suite que le sol avait Ă©tait posĂ© par un sorcier, et non par des moldues. Il jeta un coup d'oeil par la fenĂȘtre. Il avait une trĂšs belle vue du petit village, l'Ă©glise dominait les habitations environnante. James Ă©tait content de voir que son plus proche voisin Ă©tait a plus de trente mĂštre de sa aimait la compagnie mais il n'aimait pas trop vivre prĂ©s de autre ressortit, il restĂ© deux portes qu'il n'avait pas ouverte. Sa chambre, et une autre chambre plus ouvrit la porte de sa chambre. Elle Ă©tait simple et sobre. Il y avait un grand a baldaquin, le mĂȘme genre qu'a Poudlard, une grande armoire, et une petite table de nuit. Des valises Ă©taient entassĂ© devant le lit ainsi que plusieurs cartons. James sourit, son Elfe de Maison, Hupec, avait dĂ©jĂ  apportĂ© quelque une de ces affaires. Il sauta sur le lit, et il s'allongea. Il Ă©tait fatiguĂ© mais trĂšs heureux de sa maison. James regarda le plafond, puis ses yeux se fermĂ©rent... Sara ShakeSerdaigle Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©Sara Shake, le Mar 25 Jan - 1325 Changement de Gordon InvitĂ© Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©InvitĂ©, le Jeu 27 Jan - 1202 Villa SĂ©lĂ©nĂ©... Elle Ă©tait bien modeste, la petite maison de Lily Gordon. A l’image de la jeune femme, sans doute. Pas de piscine olympique dans le jardin, pas de spa-pool ou de sauna dans un petit coin, pas non plus de salle de musculation Ă  la pointe de la technologie. Non, rien qui inspire le luxe, l’opulence ou le seule piĂšce qui recelait de merveilles Ă©tait une bibliothĂšque, aussi Ă©troite et chargĂ©e que les Ă©talages de Ollivander’s. Pour le reste, mobilier simple et confortable, ambiance chaleureuse relevĂ©e par des planchers en bois et un Ă©norme poĂȘle dont les flammes laissaient s’échapper un doux halo entre les arbres, la nouvelle propriĂ©tĂ© de la jeune femme n’avait de trĂ©sor que l’écrin de verdure dans lequel elle reposait. Et ce silence
 uniquement rompu par les animaux osant s’approcher de la lisĂšre de la foret un peu plus plus que la maison elle-mĂȘme c’était le cadre incroyable qui avait convaincu la demoiselle d’apposer un joli Lily Gordon en lettres manuscrites en bas de l’acte de vente. Il Ă©tait Ă©tonnant que personne n’ait voulu de cette maison, certes modeste, mais aux atouts une fois, Lily n’avait pas vu ce que la majoritĂ© des gens observaient. A dĂ©faut d’y voir les travaux Ă  prĂ©voir pour amĂ©nager certaines piĂšces ou l’escalier en colimaçon synonyme de chutes futures, la jeune femme s’était plutĂŽt rĂ©jouit de la tranquillitĂ© des lieux et des levers de soleil qu’elle pourrait admirer sur le ponton bordant le tout petit lac devant la un petit paradis terrestre comme celui-ci, il sera bien plus agrĂ©able dĂ©sormais d’assister Ă  la montĂ©e d’HĂ©lios dans le ciel aprĂšs une nuit sans sommeil. InvitĂ© Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©InvitĂ©, le Dim 17 Avr - 2007 Le soleil ne brillait pas, en cette sombre et froide soirĂ©e de janvier. Dix-huit heures sonnait. Joseph, qui achevait de se prĂ©parer, jeta un oeil furtif sur la grosse pendule en bois rouge que le narrateur ne cesse de citer, lorsqu'il lui faut esquisser quelques notions chronologiques logiques, et ferma les deux derniers boutons de sa veste. Songeant Ă  quelques dĂ©tails qui envahissaient, Ă  la maniĂšre d'archers anglais, son esprit, il parcouru d'une dĂ©marche tout aussi glaciale que la tempĂ©rature extĂ©rieure l'appartement, pour vĂ©rifier l'exemplaritĂ© de sa toilette. La pĂąleur de sa peau semblait faire contraste avec la noirceur du tabac qui attendait patiemment dans son emballage de cartons, et dans la poche intĂ©rieure de la veste que, quelques secondes plutĂŽt, il terminait d'enfiler, avec une certaine maniaquerie. Son teint, d'un naturel dĂ©jĂ  trĂšs blanc, Ă©tait accentuĂ© d'une espĂšce d'aigreur Ă©trange comme s'il avait Ă©tĂ© un jeune homme qui, pour la premiĂšre fois, s'apprĂȘtait Ă  sortir avec la fille aĂźnĂ©e des amis bourgeois de ses parents et qui, il fallait l'admettre, ne le rĂ©jouissait pas vraiment... quoiqu'une certaine excitation se serrait certainement fait sentir. C'Ă©tait bien chez une jeune femme charmante, Ă  la taille svelte et Ă  l'air enfantin, que Joseph se rendait ce soir. NĂ©anmoins, il ne s'agissait bien entendu pas de la fille aĂźnĂ©e des amis bourgeois de ses parents mais plutĂŽt de l'ancienne amie de son cousin, et il Ă©tait plutĂŽt rĂ©jouis de pouvoir partager avec une si jolie femme une soirĂ©e qui, mĂȘme si elle Ă©tait froide, serait probablement chaleureuse quant aux relations qui dĂ©jĂ  commençaient Ă  se dessiner entre les deux individus. Le narrateur tient tout de mĂȘme Ă  rassurer le lecteur quant au fait que les relations Ă©voquĂ©es dans la phrase prĂ©cĂ©dente ne sont en fait qu'Ă  leur naissance et qu'il ne s'agit en fait que d'une maniĂšre pour lui de montrer Ă  son partenaire le chemin sur lequel il aimerait faire avancer leur deux personnages. L'heure arriva. Il Ă©tait maintenant temps de partir. Joseph, qui fut tout Ă©mu quelques heures auparavant comme s'il avait Ă©tĂ© un petit oisillon cherchant Ă  s'envoler pour la premiĂšre fois, avait sur le visage une certaine gravitĂ©, soulignĂ©e au moment oĂč il alluma sa premiĂšre cigarette de la soirĂ©e. Levant la tĂȘte vers Gabriel, qui Ă©tait de quelques centimĂštres plus grand que lui et qui suffisaient Ă  lui faire lever les yeux au ciel pour s'adresser au majordome, il dĂ©posa sa main sur son Ă©paule et tous deux partirent jusqu'Ă  Loutry Ste Caspoule, oĂč vivait, assez modestement, demoiselle Gordon. ... quelques minutes plus tard, et grĂące Ă  la magie que Joseph ne maĂźtrisait quasiment pas, ils arrivĂšrent dans une partie plutĂŽt dĂ©serte de la ville. LĂ , il n'y avait que bois et animaux. La petite maison, oĂč vivait la jeune femme, Ă©tait plantĂ©e entre un somptueux petit lac et quelques hauts arbres dont les sommets, dans la nuit hivernale, ne pouvait ĂȘtre vus de la hauteur Ă  laquelle marchait les deux hommes. Quand ils furent arrivĂ©s au petit carrefour oĂč le chemin se sĂ©parait en deux sentiers, l'un allant vers la modeste mais non moins charmante habitation, l'autre s’enfonçant dans les bois, Joseph congĂ©dia son employĂ©, se saisissant du paquet qu'il tenait dans sa longue et fĂ©minine main droite. - Merci, dit-il. Le majordome transplanna, laissant son employeur dans la noirceur ingrate de la nuit. Ce dernier, qui ne remarqua pas cette noirceur ingrate dont le narrateur parle, se dirigea avec un dynamisme certain vers la porte d'entrĂ©e et frappa trois fois... InvitĂ© Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©InvitĂ©, le Jeu 21 Avr - 1704 Mais qu’était-il donc passĂ© par la tĂȘte de Lily le jour oĂč elle avait cru bon d’inviter l’ami Jo Ă  dĂźner ? L’idĂ©e lui avait semblĂ© bonne, sur l’instant. Le politicien Ă©tait arrivĂ© dans un pays Ă©tranger, sans vraiment avoir d’attache ou de connaissances. Il Ă©tait dĂ©jĂ  difficile de supporter la solitude, et ça l’était d’autant plus quand il fallait s’intĂ©grer Ă  un nouveau milieu. Alors, la gĂ©nĂ©reuse et sympathique jeune femme avait prononcĂ© ces mots absurdes Je serais ravie de vous inviter Ă  dĂźner, le soir de votre choix. » Ne pouvait-elle pas lui donner rendez-vous dans un restaurant londonien, en profitant par la mĂȘme occasion pour lui faire visiter un peu la ville ? Pourquoi avait-il fallu qu’elle le convie chez elle, dans sa propre maison ? Ca signifiait mĂ©nage, cuisine, jolie table, jolie tenue pour une jolie maĂźtresse de maison. Pour le mĂ©nage, quelques Recurvit et le tour Ă©tait jouĂ©. Elle avait allumĂ© un feu qui crĂ©pitait dans la cheminĂ©e, rĂ©pandant un halo chaleureux dans toute la piĂšce. Pour l’habit de circonstance, une paire de chaussures Ă  talons et la classique petite robe noire, et c’était dans la poche ! Pour ce qui Ă©tait de la cuisine, par contre
 Tout ce qu’elle pouvait espĂ©rer, c’était qu’il ne connaisse rien Ă  la gastronomie britannique elle pourrait mettre le goĂ»t insipide de ses plats sur le compte de la cuisine et brĂ»lĂ©e
 Alors que l’auror se tortillait pour enfiler sa robe aprĂšs avoir aspergĂ© quelques gouttes de Lilas dans ses cheveux, une Ă©paisse fumĂ©e noire vint envahir les plafonds. Il fallu cependant quelques secondes Ă  la sorciĂšre pour faire le rapprochement avec le pauvre rĂŽti oubliĂ© lamentablement dans le four
 RĂŽti qui tenait Ă  prĂ©sent d’avantage d’un bout de charbon que d’un plat de rĂ©sistance. Par Merlin ! Lily se prĂ©cipita hors de sa chambre
 Lily courut sur les parquets, se risquant Ă  une chute lorsque son talon glissa dans un virage
 Lily pointa sa baguette sur le four, lançant un Accio RĂŽti dĂ©sespĂ©rĂ© et parfaitement inutile
 Oui, Feu RĂŽti n’était plus
 La jeune femme resta plantĂ©e lĂ , la mine dĂ©confite, devant l’ex-dĂźner qui Ă©tait parti en fumĂ©e. Alors qu’elle Ă©valuait mentalement le temps qu’il lui faudrait pour transplaner, aller chercher un plat Ă  emporter Ă  l’Auberge des deux Mondes puis revenir, trois petits coups Ă  la porte la tirĂšrent de ses plans. Ses yeux s’agrandirent sous l’effet de la panique, se posĂšrent sur l’horloge du mur pour constater que son invitĂ© Ă©tait lĂ©gĂšrement en avance, puis firent des va-et-vient pour Ă©valuer la situation qui s’offrait devant elle. C’était une catastrophe
 Pas le choix, elle ne pouvait de toutes façons pas laisser le sorcier sur le pas de la porte. Dans un geste prĂ©cipitĂ©, elle enfourna ce qui traĂźnait sur le plan de travail dans le four, glissa ses doigts dans ses cheveux pour dompter quelques boucles puis tenta de remonter la fermeture Ă©clair de sa robe. Vous savez, c’est toujours dans ces moments-lĂ , dans ces moments oĂč il faudrait que tout aille comme sur des roulettes
 Dans ces moments oĂč l’erreur n’est plus possible et que dans l’absolu tout doit ĂȘtre rĂ©glĂ© comme sur du papier Ă  musique
 Dans ces moments oĂč on n’a pas besoin de galĂšres supplĂ©mentaires
 Bah, c’est dans ces moments-lĂ  justement que rien ne va ! Et cette fichue fermeture Ă©clair dans son dos Ă©tait trop loin de ses p’tites mains, et pas assez Eclair ! Elle ne voulait pas y mettre du sien ? Soit !La jeune femme se dandina jusqu’à la porte, une main calĂ©e sur son cƓur pour Ă©viter que la robe ne glisse. A moitiĂ© essoufflĂ©e, elle ouvrit le battant Ă  la volĂ©e en arborant un sourire exagĂ©rĂ©. Jooooooo !!! »Comme si c’était une visite surprise et qu’elle ne s’attendait pas Ă  le voir ici
 Quelle idiote ! D’un Ɠil apprĂ©ciateur, elle constata cependant qu’il ne manquait pas de cette Ă©lĂ©gance Ă  laquelle il l’avait habituĂ©e Ă  chacune de ses rencontres. Elle laissa courir son regard par-dessus l’épaule du politicien, cherchant des yeux une silhouette dans l’ombre. Gabriel m’a-t-il jugĂ©e suffisamment inoffensive pour vous laisser seul avec moi ?..... Ou bien l’avez-vous semĂ© au dĂ©tour d’un sentier ?... »Elle arbora une mine amusĂ©e avant de s’effacer de devant l’entrĂ©e pour laisser pĂ©nĂ©trer son invitĂ© Ă  l’intĂ©rieur. Bienvenue Ă  la Villa SĂ©lĂ©nĂ© ! Entrez, je vous prie. Il fait un temps glacial, dehors. »Elle referma la porte sans tarder, se dĂ©pĂȘchant de contenir la brise nocturne qui Ă©tait venue faire voler quelques mĂšches de cheveux devant ses yeux. D’une main tendue, elle invita le sorcier Ă  lui confier sa veste. Puis-je vous dĂ©barrasser ? »De sa main libre, elle dĂ©posa les affaires de Joseph sur le portemanteau avant de constater qu’il faudrait qu’elle se dĂ©cide Ă  fermeturĂ©clairiser sa robe
 A demie amusĂ©e, elle s’approcha de son invitĂ©. Avant de vous proposer de vous asseoir prĂšs du feu, je vais avoir besoin de votre aide
 »Elle ramena ses cheveux sur une de ses Ă©paules puis tourna le dos au sorcier. S’il vous plait
 » InvitĂ© Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©InvitĂ©, le Jeu 2 Juin - 1625 Hrp Permissions de Lily et Wena pour utiliser leur Hominum revelio...Dans un silence extrĂȘmement pesant, Lily Gordon, Wena Horner et Jason Stanley restĂšrent Ă  l'entrĂ©e du vestibule, guettant moindre signe... Lorsque tout soupçon de prĂ©sence humaine fut Ă©cartĂ© par le sortilĂšge, le groupe d'Aurors poussa un profond soupir de Jason, verrouille la protester, le jeune Serdaigle s’exĂ©cuta. En temps normal, recevoir des directives de la part de Lily aurait entraĂźnĂ© quelques boutades ; mais Ă  proprement parler, l'heure n'Ă©tait pas Ă  la Tirez tous les rideaux pour nous cacher de l'extĂ©rieur, mais ne fermez pas les volets nous rendre ici discrĂštement Ă©tait dĂ©jĂ  assez difficile, je n'ai pas envie qu'on se fasse repĂ©rer par nĂ©gligence. Et Jason, ne touche pas Ă  cette lampe par pitiĂ© ! Quand on est invitĂ©, on se tient une moue bougonne, Jason abandonna ses pitreries et s'attela Ă  la fermeture des rideaux avec Lily et Wena ; de ce fait, la petite Ă©quipe eut tĂŽt fait de cacher l'intĂ©rieur de la maison Ă  tout observateur indĂ©sirable. DĂ©terminĂ©s Ă  ce qu'aucun dĂ©tail ne soit laissĂ© au hasard, chacun des Aurors s'appliqua Ă©galement Ă  dissimuler et protĂ©ger le refuge de fortune ; Jason lança notamment le sortilĂšge de Cridurut pendant que Wena impermĂ©abilisait chaque porte extĂ©rieure ou fenĂȘtre Ă  l'aide de sortilĂšges d'impassibilitĂ©... Voyant Lily prĂ©parer un Protego Totalum, le jeune Serdaigle arrĂȘta toutefois le geste de sa jeune amie, la jugeant trop dĂ©concentrĂ©e par les Ă©vĂšnements - Lily... Personne ne nous a encore trouvĂ©, et tu sais parfaitement que ce sortilĂšge est Ă©puisant Ă  long terme. Allons, ne gaspille pas ton Ă©nergie pour l'instant ; aprĂšs tout, nous en avons dĂ©jĂ  fait assez pour nous assurer un minimum de peine Jason eut-il terminĂ© sa phrase que Lily riposta d'un air rageur - Un minimum de sĂ©curitĂ© ? Ils nous ont trahi Jason ; tous les droits de la constitution magiques ont Ă©tĂ© bafouĂ©s, et ce sont les membres de la communautĂ© magique qui en feront bientĂŽt les frais ! Je ne veux pas prendre le risque de nous faire attraper alors que nous pouvons encore agir contre ces agissements Tu crois que ça ne me rĂ©volte pas ?! Que j'accepte que le ministĂšre soit contrĂŽlĂ© par des sorciers avides de pouvoir, qui considĂšrent chaque sorcier comme un ennemi potentiel ? Allons, calme toi et rĂ©flĂ©chis ; je ne dis pas tout ça pour t'accabler ni pour t'offenser... Je te conseille par ce qu'Ă  prĂ©sent, nous devons agir discrĂštement ; et que selon moi, couvrir une habitation de puissants sortilĂšges de protection est le meilleur moyen d'attirer tous les regards, surtout lorsqu'on est dans un Ă©tat tel que le tien. Je t'en prie, laissons donc le Cridurut agir pour l'instant et profitons-en pour nous reposer un peu ; Ă  moins que tu n'aies pas confiance en mes capacitĂ©s...Contenant son empressement, Lily desserra sa baguette et, concĂ©dant qu'une lĂ©gĂšre relĂąche ne serait pas de trop, conduisit ses invitĂ©s dans le salon une fois arrivĂ©s, tous se laissĂšrent tomber dans les confortables canapĂ©s de la Poufsouffle et ne dirent plus un mot... Lorsque soudain, Lily tapa du poing sur son canapĂ© d'un air rageur, laissant monter sa colĂšre - Bon j'suis dĂ©solĂ©e, mais je n'arrive pas Ă  me calmer lĂ ... J'y crois pas quoi, on est devenu des parias ! Le ministĂšre a dĂ©cidĂ©ment trop de pouvoir ; Ă  croire que tous les membres du gouvernement sont des Mangemorts !Le regard encore dans la vague, Jason fut tirĂ© de ses pensĂ©es par sa jeune amie - LĂ  j'admets que c'est un peu raide comme mesures... On a plus aucune marge de manƓuvre, sans compter que nous sommes sans nouvelles des autres Aurors ; Ă  ce propos Lily, connais-tu d'autres sorciers habitant Loutry ? J'ai cru entendre que Takeuchi habitait dans les environs, mais je ne suis sĂ»r de Takeuchi a effectivement un manoir Ă  Loutry, mĂȘme s'il n'y est pas trĂšs souvent si nous arrivons Ă  le contacter lui et les autres aurors, disposer d'un si large domaine pourrait rendre notre traque plus difficile... Bien que nous n'ayons aucun moyen de savoir qui est Ce qui, dans l'absolu, est un problĂšme assez Ă©pineux, puisque nous ne pouvons dĂ©cemment pas envoyer nos patronus n'importe oĂč. Essayons donc de nous organiser par nos propres moyens en attendant qu'un autre groupe d'Aurors ne nous contacte ; en ce sens, je suggĂšre que nous en profitions pour mettre les choses Ă  plat concernant notre fuite du ministĂšre... Reprenant la parole, Lily se tourna vers la cuisine et lĂącha d'un ton monocorde - Je sens que cette discussion sera longue. Quelqu'un veut un petit en-cas ou bien un verre d'eau ? Je vous aurais bien proposĂ© quelque chose de plus fort, mais je pense que les circonstances actuelles ne le permettent accueillit chaleureusement la proposition de son amie avant de se tourner vers Wena - Donc, nous disions comment as-tu su pour les rĂ©formes du ministĂšres ? Nous pensions Lily et moi compter parmi les rares Aurors Ă  avoir Ă©tĂ© mis au courant avant que toute fuite soit impossible ; te croiser dans les couloirs nous a dĂ©contenancĂ©, je dois dire... Tu n'aurais pas aperçu d'autres Aurors durant ta course, pas hasard ? Savoir qui est hors d'atteinte serait dĂ©jĂ  un dĂ©but de piste. InvitĂ© Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©InvitĂ©, le Jeu 2 Juin - 2000 Le simple fait d'avoir pĂ©nĂ©trĂ© dans la demeure de Lily, et d'avoir jeter quelques sortilĂšges de protection avec l'aide de Jason avait quelque peu rĂ©ussi Ă  calmer les nerfs de Wena. Ses deux collĂšgues commencĂšrent Ă  discuter Ă  propos des divers sorts nĂ©cessaires Ă  leur sĂ©curitĂ©, et ce fut finalement Jason qui donna raison Ă  son amie. AprĂšs s'ĂȘtre posĂ© sur le canapĂ©, le trio commença Ă  parler du plan d'action qui serait mis en vigueur par la suite. A un moment, Lily se leva et se dirigea vers la cuisine en proposant quelque chose Ă  ses moi je veux bien un verre d'eau s'il te plait. Toute cette agitation m'a complĂštement qu'elle observait la jeune Gordon disparaitre par la porte de la cuisine, Jason se tourna vers elle et lui dit -Donc, nous disions comment as-tu su pour les rĂ©formes du ministĂšres ? Nous pensions Lily et moi compter parmi les rares Aurors Ă  avoir Ă©tĂ© mis au courant avant que toute fuite soit impossible ; te croiser dans les couloirs nous a dĂ©contenancĂ©, je dois dire... Tu n'aurais pas aperçu d'autres Aurors durant ta course, pas hasard ? Savoir qui est hors d'atteinte serait dĂ©jĂ  un dĂ©but de jeune Auror en formation observa le Serdaigle pendant qu'il tentait de comprendre comment elle avait pu rĂ©ussir Ă  s'enfuir. Quelque peu Ă©tonnĂ©e par ses questions, elle lui enchaina -Quand je suis arrivĂ©e au MinistĂšre, j'ai vu qu'une note avait Ă©tĂ© placardĂ©e par Rabastan lui-mĂȘme, sur le panneau d'affichage, annonçant que nous Ă©tions dĂ©sormais considĂ©rĂ©s comme hors-la-lois. J'ai Ă©galement remarquĂ© que MĂ©lina Ă©tait arrĂȘtĂ©e. C'est Ă  ce moment-lĂ  que j'ai compris que le temps Ă©tait venu de fuir. Les noms des nouveaux Gardiens venaient d'ĂȘtre annoncĂ©s et je pu donc Ă©viter facilement les personnes susceptible de m'attirer des fit une pause en se souvenant de la maniĂšre dont elle avait coursĂ© les Agents de SĂ©curitĂ© du MinistĂšre Ă  travers les couloirs de l'important bĂątiment, mais qui Ă©tait dĂ©sormais devenu un nid de traitres et de Mangemorts. A ce souvenir, un sourire se dessina sur ses lĂšvres, et elle poursuivit son en fait, il Ă©tait quasiment impossible pour un Auror de s'Ă©vader du MinistĂšre Ă  ce stade lĂ . Mais je ne pouvais me rĂ©soudre Ă  prendre seule, la poudre d'escampette. C'est pourquoi je suis descendue au 2iĂšme Ă©tage, ma cape rabattue sur la tĂȘte, afin de vous trouver. Mais j'ai constatĂ© que le Quartier des Aurors avait Ă©tĂ© supprimĂ©. Elle marqua un second temps d'arrĂȘt et croisa les jambes, en Ă©coutant les bruits qui venaient de la cuisine, annonçant sans doute que son verre d'eau n'allait pas tarder Ă  lĂ , une Agent de SĂ©curitĂ© est arrivĂ©e et m'a surprise. Comme cela ne fait pas trĂšs longtemps que je frĂ©quente le MinistĂšre, elle ne m'a pas reconnu. De plus, Ă©tant encore en formation, je n'avais pas l'insigne d'Auror Ă©pinglĂ©e sur ma cape, et la capuche de cette derniĂšre recouvrait mon visage. Le soucis Ă©tait que l'Agent s'avĂ©rait ĂȘtre une de mes anciennes camarades de classe. Elle m'a demandĂ© qui j'Ă©tais et ce que je faisais lĂ . Je dois te dire que j'Ă©tais bien embĂȘtĂ©e, n'ayant prĂ©parĂ© d'excuse auparavant. Je dĂ©cidait donc de la prendre de haut, en me faisant passer pour une Directrice. Sur un ton acerbe, je lui rĂ©torquais donc que je travaillais ici et que c'Ă©tait une honte qu'elle ne me reconnaissait pas. Je misais sur sa naĂŻvetĂ© et j’eus raison... pour un lĂ  que les vĂ©ritables problĂšmes avaient commencĂ©s. Si elle avait rĂ©ussi Ă  faire croire jusqu'au bout Ă  l'Agent qu'elle Ă©tait rĂ©ellement employĂ©e du MinistĂšre, Wena aurait pu s'enfuir tranquillement en traversant le hall d'entrĂ©e bondĂ© de j'ai vu CĂ©leste Otaway passer en courant et monter dans son bureau. Au moment oĂč les portes de l'ascenseur se refermaient, j'ai fais l'erreur de crier son nom et c'est cela qui m'a dĂ©masquĂ©. La Gardienne a alors tirĂ© sur ma cape et fait tomber ma capuche. Je me suis enfuie en courant en montant dans les Ă©tages, afin de retrouver CĂ©leste et de m'Ă©chapper avec elle. Mais quand je suis arrivĂ©e Ă  l'Ă©tage oĂč elle s'Ă©tait rendue, je l'ai vu pĂ©nĂ©trer promptement dans son bureau. Tout de suite aprĂšs, une seconde personne qui m'Ă©tait inconnue sortit, tout aussi pressĂ©e. Je rentrais donc dans son lieu de travail mais le lieu Ă©tait dĂ©sert. Sans rĂ©flĂ©chir plus longtemps, je sortit de la piĂšce en dĂ©duisant que CĂ©leste avait rĂ©ussi Ă  s' information Ă©tait capitale Le fait de savoir qu'un autre Auror avait rĂ©ussi Ă  s'extirper des griffes du MinistĂšre Ă©tait rĂ©ellement rĂ©confortant. Moins il y avait de Chasseurs de Mages Noirs qui se faisaient prendre, plus les chances de se venger Ă©taient Quoi qu'il en soit, moi j'Ă©tais toujours piĂ©gĂ©e dans les corridors de la bĂątisse de malheurs, les agents sur mes talons. Malheureusement, le fait d'avoir jeter un Ɠil Ă  la fenĂȘtre, me couta un sortilĂšge de Morve de Dragon sur le bras, suivi d'un Incendio, ce qui m'a infligĂ© releva la manche de sa robe de sorcier, pour dĂ©voiler son avant-bras gauche qui prĂ©sentait une brĂ»lure assez importante. Elle rabattit le tissu sur sa peau pour masquer la plaie, ce qui lui arracha une grimace de j'avais trois agents de sĂ©curitĂ© devant moi et de l'autre cĂŽtĂ©, l'ascenseur qui m'ouvrait ses portes. Je sautais donc dans celui-ci et appuyais sur Rez-de-ChaussĂ©. Dans le hall, j'avais moins de chance de me faire pendre avec tout le monde qui passait, je pouvait me fondre dans la foule. Mon plan fonctionna et c'est lĂ  que je vous vis, Lily et toi. La suite, tu la effet, le chemin jusqu'Ă  la maison Otaway, ils l'avaient fait ensemble, donc la Gryffone put terminer lĂ  l'explication du dĂ©roulement de sa fuite. Elle s'adossa au dossier du canapĂ© et ferma les yeux, profitant de ces instants de repos tant attendus. C'Ă©tait la premiĂšre fois qu'elle subissait autant de pression d'un coup. MĂȘme lors de sa formation avec Nemaja, elle n'avait pas eu si peur. La diffĂ©rence avec ses entrainements fictifs, Ă©tait que lĂ , c'Ă©tait la rĂ©alitĂ©. Calypso OtawaySerdaigle Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©Calypso Otaway, le Mer 8 Juin - 1158 Il Ă©tait bien beau que de prendre ses jambes Ă  son coup et de s'enfuir pour se mettre Ă  l'abri. Encore fallait il savoir oĂč aller. Et mĂȘme si l'on savait oĂč l'on devait se rendre, une question restait et persistait. En tous cas c'Ă©tait comme ça dans l'esprit de CĂ©leste qui Ă©tait torturĂ©e par une question. Et les autres ?Tout le monde n'avait pas la chance de passer entre les griffes du ministĂšre sans se faire repĂ©rer. Elle Ă©tait partie dans la prĂ©cipitation, sur un coup de tĂȘte et n'avait pas vraiment eu le temps de penser Ă  un plan de rechange. Les autres Ă©taient dans la mĂȘme galĂšre et dans ce genre de moment, il fallait se serrer les coudes, il fallait qu'ils restent en groupe et solidaire. La jeune femme avait pu se mettre Ă  l'abri, mais son cƓur Ă©tait lourd et empli de craintes. Qu'allait il advenir d'eux ? Qu'allait devenir les aurors ? Et MĂ©lina allait elle vraiment ĂȘtre arrĂȘtĂ©e et jugĂ©e coupable de trahison ?Elle se disait au fond d'elle que tout cela n'Ă©tait qu'une vaste plaisanterie. Qu'aprĂšs tout, mĂȘme si nous n'Ă©tions pas le premier avril, cela pouvait s'agir d'une blague et que demain, on les accueillerait Ă  bras ouvert au ministĂšre en leur disant “Comment on vous a bien eu !”N'est il pas beau de rĂȘver ? Si lorsque le rĂȘve est la seule chose qu'il vous reste. Mais CĂ©leste Ă©tait certaine d'une chose, elle ne baisserait pas les bras. Et elle connaissait assez bien le reste de ses collĂšgues pour savoir que la plupart refuserait de se rendre aussi la question pour le moment Ă©tait de savoir si tous le monde Ă©tait en sĂ©curitĂ© et si la situation avait Ă©voluĂ©e. Il fallait Ă©galement qu'ils puissent se rĂ©unir. Mais oĂč ?CĂ©leste rĂ©flĂ©chit tout d'abord Ă  vitesse grand V. Comment leur transmettre un message sans ĂȘtre repĂ©rĂ© ? Elle avait bien pensĂ© au hibou, Ă  un patronus mais ces solutions ne lui convenaient pas au fond. Ils pouvaient ĂȘtre traquĂ©s. Alors que...La jeune femme s'enveloppa dans sa cape et alla se rĂ©fugier au couvert des arbres. Cela faisait presque un an qu'elle ne l'avait pas vu, presque un an que toute cette sombre histoire Ă©tait arrivĂ©e. Pourtant elle n'hĂ©sita pas une seule seconde.“Daisy! Daisy j'ai besoin de toi. J'ai besoin de toi maintenant !!!”Le coeur de CĂ©leste se mit Ă  battre. Pourquoi, pourquoi n'arrivait elle pas... Était il arrivĂ© quelque chose Ă  Daisy ? OĂč refusait elle simplement de voir son ancienne maĂźtresse ?“DAISY ! Je t'en prie !”Un plop sonore se fit entendre en mĂȘme temps que des gĂ©missements tiraillĂ©s et des pleures, et une petite forme sombre se prĂ©cipita sur CĂ©leste. Elle avait oubliĂ© que cette petite chose frĂȘle avait autant de force car elle faillit basculer en arriĂšre ou alors Ă©tait-ce elle qui n'avait plus de force ce soir ?“Madame ne pas supplier Daisy, oh non s'il vous plait, ne pas la supplier. Cela fait trop mal Ă  Daisy...”S'ensuivit un torrent de larme et de plainte en tout genre. Quelque chose n'allait pas, mais cela la brunette qu'elle Ă©tait devenue pouvait facilement le deviner. Elle n'avait pas le droit de voir CĂ©leste et si sa maĂźtresse apprenait sa dĂ©viance de ce soir elle se ferait sĂ©vĂšrement punir. Cela fit beaucoup de peine Ă  la sorciĂšre, mais elle avait besoin de Daisy. Elle ne pouvait compter sur personne d' attrapa la petite elfe de maison par les Ă©paules et plongea son regard bleu azur dans les siens.“Je suis heureuse de te revoir Daisy. Et je sais que tu n'as pas le droit d'ĂȘtre lĂ , mais j'ai besoin de toi. Tu es certainement au courant que les aurors ont quelques problĂšmes en ce moment. Je suis certaine que tu le sais dĂ©jĂ . Je vais bien ne me regardes pas comme ça. Et tu sais que je vais me dĂ©brouiller. Mais j'ai besoin que tu me rendes un service. Que tu ailles chez chacun de mes amis aurors et que tu dĂ©couvres s'ils sont en bonne santĂ© et en sĂ©curitĂ©. AprĂšs cela je ne te demanderai plus jamais rien. Je t'en...”CĂ©leste n'avait pas terminĂ© sa phrase que son elfe avait dĂ©jĂ  disparut. Elle reviendrait pour lui donner des bonnes nouvelles, ou pas. Mais ensuite elle avait l'intime conviction qu'elle ne la verrait plus jamais. Une larme perla sur sa joue alors qu'elle retourner vers l'endroit qu'elle avait rĂ©ussi Ă  trouver pour se reposer un peu.~€~~€~~€~~€~~€~~€~~€~~€~~€~~€~~€~~€~~€~~€~Daisy se pressait dans les rues de Loutry Ste Chaspoule, Ă  la recherche des diffĂ©rentes maisons qu'on lui avait demander de retrouver. Elle changeait rapidement de place afin de ne pas se faire repĂ©rer. Plop, plop, plop. Elle Ă©tait loin, trĂšs loin de chez elle et ne connaissait pas vraiment cet endroit. Mais les elfes de maison sont futĂ©s et leur pouvoirs inĂ©galables, alors Daisy ne craignait pas de se tromper. En revanche elle avait peur. Elle avait peur et aussi froid. Le petit ĂȘtre rabougri tremblait de tout ses membres quand enfin elle aperçut la maison de la premiĂšre personne qu'elle devait allĂ© voir. Lily petit elfe renifla et ferma les yeux quelques secondes. Son cƓur battait la chamade. Mais elle devait faire vite. Sa maĂźtresse...L'elfe se tapa la tĂȘte contre un poteau. Non son ancienne maĂźtresse ! il fallait qu'elle se rentre ça dans le crĂąne ! Elle avait besoin de ces informations le plus vite possible. Et puis plus vite elle aurait terminĂ©, plus vite elle pourrait rentrer pour aller se punir en se repassant les mains au fer Ă  petit elfe couina avant de se retrouver dans un plop sonore au milieu d'un salon et au milieu non pas d'un comme elle l'avait imaginĂ©, mais de trois sorciers. Le petit elfe se recroquevilla et hurla de toute ses forces en fermant les yeux, comme si elle avait peur qu'on ne la frappe.“C'est Madame CĂ©leste qui m'envoie. Elle a un message pour Lily Gordon.”Daisy voyant qu'aucun coups ne venaient finalement, ouvrit les yeux et se tourna vers celle aux yeux bleus. Elle Ă©tait brune et avait des yeux bleus. C'Ă©tait elle la maĂźtresse de maison. On ne lui avait pas menti elle Ă©tait trĂšs belle. Elle reprit d'une petite voix hĂ©sitant et tremblotante.“Madame CĂ©leste voudrait vous informer que tout va bien pour elle. Elle est en sĂ©curitĂ©. Et elle voulait savoir si vous alliez bien, et si vous Ă©tiez en sĂ©curitĂ© vous aussi. Elle demande Ă©galement si vous avez des informations Ă  lui fournir sur ... elle baissa la voix ... les Ă©vĂšnement rĂ©cents.”Daisy sursauta tout d'un coup comme si elle venait de s'apercevoir de la prĂ©sence des deux autres sorciers et pointa son petit doigt sur l'homme qui se tenait non loin.“Et lui c'est qui ?”Puis se tournant vers Wena.“Et elle ? Madame CĂ©leste veut que je lui apporte toutes les informations importantes. Je vous prĂ©cise Ă©galement qu'un point de rendez vous secret a Ă©tĂ© mis en place.”Daisy attendit patiemment qu'on veuille bien lui donner les informations. Si on ne les lui donnait pas, elle Ă©tait capable de mordre. Elle n'avait pas le droit de l'aimer. On le lui avait interdit. Pourtant en secret, elle aimait son ancienne maĂźtresse plus que tout. Et pouvoir l'aider ce soir Ă©tait un grand fois que les informations lui furent fournies, l'elfe fit une rĂ©vĂ©rence et disparut sans demander son reste. Elle avait eut l'information sur les aurors. Qui plus est, trois pour le prix d'un. Et elle en Ă©tait extrĂȘmement puis ça lui ferait toujours un peu moins de travail... InvitĂ© Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©InvitĂ©, le Dim 7 AoĂ» - 1735 [PV Lily Gordon][Avec l'accord de Lily Gordon][En cours de correction]Ce mois d’aoĂ»t Ă©tait bien Ă©trange. Depuis trois mois dĂ©jĂ , le temps avait Ă©tĂ© chaud, clair et on ne peut plus accueillant pour tous les touristes qui, dĂ©s le moi de juin, dĂ©barquent en Grande-Bretagne, forts des prĂ©jugĂ©s sur la mĂ©tĂ©o britannique, et dĂ©couvrent que, en effet, mĂȘme ici, il fait relativement beau l'Ă©tĂ©. Ces voyageurs ont de spĂ©cial ce rĂ©flexe ils gardent toujours le k-way Ă  portĂ© de mains, comme si ce rituel conjurait le mauvais sort, et empĂȘchait la pluie d'arriver. Juin avait Ă©tĂ© chaud, comme juillet... aoĂ»t devrait ĂȘtre pluvieux. Gabriel, pour des raisons encore inconnues aux yeux du lecteur et que je ne dĂ©velopperais pas encore, avait passĂ© la nuit dans les alentours de Loutry Ste Chaspoule. L'homme aimait se promener en forĂȘt, et celles qui encerclaient le village lui plaisaient particuliĂšrement pour l'absence presque totale d'humains, et la prĂ©sence de nombreux animaux qu'il se plaisait Ă  observer, sentir, et suivre. Depuis quelques temps, le sorcier Ă©tait libre des obligations professionnelles qui l'asseyait presque tous son temps derriĂšre un bureau oĂč il gĂ©rait les affaires de son employeur, ce trĂšs estimĂ© Whitworth. Ce dernier venait de mourir, dans des circonstances que je ne dĂ©voilerais pas non plus, mais que vous pourrez lire d'ici quelques jours, dans d'autres lieux. AprĂšs une courte pĂ©riode de chĂŽmage, et aprĂšs avoir utilisĂ© avec un certain talent ses charmes, il avait Ă©tĂ© engagĂ© comme porte-parole du ministĂšre de la magie et entamait de privilĂ©giĂ©s rapports avec l'actuel ministre de la magie, un homme un peu gauche, mais profondĂ©ment niais. Sa mission officielle Ă©tait de rendre compte Ă  la population, en communiquĂ©s, les dĂ©cisions, dĂ©crets et autres arrĂȘtĂ©s, du ministre de la magie, de ses directeurs et de ses magenmages. Plus officieusement, il conseillait le ministre sur les dĂ©cisions relatives Ă  la sĂ©curitĂ© du ministĂšre. Le rĂ©cit se dĂ©roule donc quelques jours aprĂšs cette nomination, vers dix heures du matin, dans quelque bruyante forĂȘt de Ste Chaspoule. En levant la tĂȘte, Gabriel ne pouvait voir le ciel la vĂ©gĂ©tation formait un dĂŽme verdoyant que seuls les oiseaux pouvaient percer. Le sol Ă©tait humide. Les pieds du sorcier s'enfonçaient plus ou moins Ă  chacun de ses pas. Les odeurs montaient au nez de ce sorcier Ă  l'allure si stricte, et s'entrechoquaient, en formant d'obsolets fumets. Gabriel marchait Ă  pas lents, Ă©coutant le bruits de ses chaussures et les petits cris des oiseaux. Il ne s'Ă©tait pas changĂ© depuis la vielle, et portait toujours ce costume sombre qu'il avait appris Ă  apprĂ©cier au service de monsieur Whitworth. Le sol instablement boueux engendrait parfois de pĂ©rilleux mouvements qui plaquaient la chemise blanche du sorcier contre son corps transpirant. A plusieurs reprises, et en de disgracieux gestes, il la tirait en avant, pensait qu'il ferait bien de rentrer prendre une douche le plus rapidement possible. Il arriva en un point oĂč la forĂȘt semblait prendre fin. Il reconnu une habitation... mais sur laquelle il ne pouvait mettre de propriĂ©taire. Il se souvenait ĂȘtre passĂ© lĂ , un soir, accompagner son employeur. Lorsque Gabriel sortit des bois, un lĂ©ger rayon de soleil Ă©carta le gris des nuages, et vint se poser sur la maison, comme un signe de la providence. Dans le mĂȘme instant, une pluie Ă©paisse et puissante s'abattit sur le sorcier qui ne bougea pas, paraissant renifler avec dĂ©lectation l'odeur nouvelle qui se prĂ©sentait Ă  ses narines. L'herbe mouillĂ©e a une odeur qui ne plait pas Ă  tout le monde, mais que lui apprĂ©ciait. Un cri fĂ©minin arriva aux oreilles de Gabriel. Il semblait venir de la petite bicoque. Se saisissant de sa baguette... magique, il se dirigea vers la porte qu'il poussa elle Ă©tait ouverte. - Ma... dame ? appela-t-il une premiĂšre fois. Un nouveau rĂąle, plus lourd, oppressant, se fit entendre Ă  nouveau. - Madame... je suis chez vous, est-ce que tout va bien ? Rien Ă  l'intĂ©rieur ne semblait en dĂ©sordre. Tout Ă©tait rangĂ©. L'intĂ©rieur Ă©tait coquet. Gabriel s'avança Ă  travers le salon, rapidement, se dirigeant vers les soupirs. Il arriva devant une porte, qu'il poussa sans mĂ©nagement. Une silhouette semblait se dĂ©battre dans la baignoire de la petite salle de bain. Observant quelques secondes, il se souvint. La jeune femme Ă©tait une jeune auror au physique sĂ©duisant, Ă  la taille fine et au galbe prononcĂ©. Son corps ainsi nu, troubla l'esprit du sorcier, mais ses cris le rĂ©veillĂšrent. Sans rĂ©flĂ©chir d'avantage, il s'approcha de la jeune femme, la saisit sous l'Ă©paule et par la taille, et l'aida Ă  sortir de la baignoire. Le contact de ce corps mouillĂ© contre le sien, tout aussi mouillĂ©, hypnotisa Gabriel. - Mes excuses pour... la terre sur le tapis de bain... dit-il, posant son regard dans celui de la sĂ©duisante crĂ©ature qui se trouvait collĂ©e Ă  lui. InvitĂ© Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©InvitĂ©, le Mer 10 AoĂ» - 1516 Plouf ! Quelques centimĂštres de mousse en guise de bolĂ©ro, les vapeurs d’une eau aussi brĂ»lante que celle d’un spa-pool, deux bonnes heures oĂč absolument rien n’était venu troubler le cĂ©rĂ©monial du bain de Miss Gordon
 Oui, c’était dimanche, et il y avait encore toute la journĂ©e pour profiter du temps qu’il restait avant de se retrouver sous les mauvais augures qu’apporte en gĂ©nĂ©ral le Lundi lundi, dans n’importe quel pays oĂč l’on habite, quelque soit l’ñge, le sexe, la profession ou le rang social bien qu’il soit plus agrĂ©able d’apprĂ©hender un lundi matin sur le pont d’un Yacht, personne n’était Ă  l’abri de la malĂ©diction du lundi. Ca pourrait d’ailleurs donner un trĂšs bon titre de film d’épouvante. Seulement, le cauchemar qu’entraĂźnait ce jour n’avait rien de fictif. Si vous attendiez la paye en dĂ©but de mois pour changer le joint de culasse de la voiture, c’est un lundi que le moteur vous lĂąchera. Si votre bien-aimĂ© attendait le bon moment pour vous annoncer que finalement, il ne vous mĂ©ritait pas, qu’il valait mieux en rester lĂ  », c’est un lundi qu’il le fera. Et les impĂŽts sur le revenu, ne cherchez pas non plus, ça sera bien un lundi que le hibou du TrĂ©sor Public se perchera sur votre fenĂȘtre ! Et il revenait, tous les 7 jours, irrĂ©mĂ©diablement, comme pour narguer le monde et lui signifier qu’il lui rĂ©serverait une surprise de plus dĂšs que le dimanche minuit aurait sonnĂ©. Alors oui, s’il y avait bien un jour durant lequel profiter du calme avant la poisse, c’était bien aujourd’ serein dimanche
 Le bain Ă©tait dĂ©licatement parfumĂ© avec quelques gouttes de lilas, le poste de radio moldu Ă©tait posĂ© sur le rebord de la baignoire et crachait quelques notes de Jazz. Lily savourait cet instant de grĂące, les paupiĂšres fermĂ©es, la nuque appuyĂ©e sur la faĂŻence, laissant quelques mĂšches Ă©chappĂ©es d’un chignon se noyer dans le nuage de mousse. Tout Ă©tait par-fait !Les derniers Ă©vĂ©nements dans le monde magique avaient bouleversĂ© la plupart des sorciers ainsi que leur quotidien. La rĂ©cente illĂ©galitĂ© des Aurors, bien qu’elle n’ait pas durĂ© des lunes, avait signifiĂ© un tournant dans la vie de ces derniers. Pourtant, Lily ne s’était pas affolĂ©e, bien au contraire. C’était leur ancienne patronne qui Ă©tait recherchĂ©e ; ses employĂ©s Ă©tant seulement dans l’obligation de se prĂ©senter Ă  une convocation officielle. Convocation que la demoiselle avait prit soin d’ignorer ! On ne finissait pas Ă  Azkaban pour un simple rendez-vous manquĂ©, de toutes façons !C’est donc l’esprit lĂ©ger et la peau lustrĂ©e qu’elle entreprit de sortir enfin ! de l’eau. Dans un soupir las, elle lorgna sur sa montre posĂ©e un peu plus loin et consentit donc Ă  Ă©merger. Du bout du pied, elle pressa le bouchon qui s’ouvrit, ne laissant de ce bain agrĂ©able qu’un souvenir parfumĂ© sur la peau de la jeune femme. D’un geste nonchalant, elle ramena ses genoux contre elle et se leva. Peut-ĂȘtre le lundi avait-il un peu d’avance ? Peut-ĂȘtre le Destin voulait-il se faire un remake Ă  la Claude François ? Toujours est-il que le poste de radio bascula du rebord, pour finir sa course dans le reste d’eau au fond de la baignoire. Instinctivement, dans un rĂ©flexe certes humain, mais parfaitement idiot, Lily tenta de mourir avec panache de rattraper l’appareil avec le pied. Erreur
 Grosse erreur
 Lorsque le facteur hĂ©rĂ©ditaire concernant l’absence de coordination du corps entre en ligne de compte, il faut s’attendre Ă  un Ă©chec cuisant. Cuisant mais surtout douloureux ! Non seulement la petite sorciĂšre perdit l’équilibre dans un hurlement Ă  rĂ©veiller un mort narcoleptique, mais en plus elle atterrit avec violence dans le fond de flotte et de douleur fut fulgurante. Et dans un sanglot Ă©touffĂ©, elle porta sa main sur son Ă©paule gauche en grimaçant. Elle tenta de relever le buste pour se remettre sur ses pieds mais fut incapable de faire le moindre mouvement, clouĂ©e par une douleur lancinante. GĂ©nial
 Devait-elle appeler un elfe de maison du MinistĂšre ?... Gratt’papier ne serait de toute Ă©vidence pas assez costaud pour la soulever. Peut-ĂȘtre avec un peu de Magie y parviendrait-il ? Avec une voix sanglotante, elle appela Gratt’papier ?....Gratt’papieeeeeeeeeeeeeeeer ?..... GRATT’PAPIEEEEEERRR !!! »Son Ă©paule la rappela Ă  l’ordre illico. Et pour exorciser son agacement, elle donna un coup de poing rageur dans la paroi de la baignoire. RamĂšne tes fesses ici, par Merlin !.... GRRRAAAATT’PAAAAP

. »La porte s’ouvrit avec fracas, laissant apparaĂźtre une crĂ©ature non des moins intĂ©ressantes. Non, pas un gobelin. Non, pas un Strangulos. Non non, pas un Poufsouffle non plus
 Je vois dĂ©jĂ  le suspense grandir dans vos yeux Ă©bahis, chers lecteurs. Ne cherchez pas, ça n’est pas Gratt’papier qui craint les reprĂ©sailles du lendemain son lundi matin sera sans doute Ă  la hauteur de sa dĂ©sobĂ©issance. Non, il s’agissait d’une espĂšce rare et particuliĂšrement recherchĂ©e l’Homme au syndrome du SuperhĂ©ro ! Grand, brun
 employĂ© de Feu Joseph. Gabriel n’avait jamais Ă©changĂ© un seul mot avec elle. C’est Ă  peine si elle connaissait le son de sa voix. Sa dĂ©marche, sa stature par contre, elle l’aurait repĂ©rĂ© entre mille, pour l’avoir vu suivre son patron des heures durant lors de ses balades hivernales avec Lily. Oui, le fidĂšle Gabriel Ă©tait lĂ , au beau milieu de sa salle de bain
*Mais
 Qu’est-ce
 Qu’est ce qu’il attend ?...*A croire qu’il lisait dans ses pensĂ©es puisqu’il se prĂ©cipita quelques secondes aprĂšs une nouvelle plainte agacĂ©e. Il la releva avec prĂ©caution avant de s’excuser pour avoir ruinĂ© son tapis de bain. Ok
 Attrape cette serviette, là
en dĂ©signant une chaise d’un geste du menton
 J’te jure que si tu ne gardes pas les yeux relevĂ©s, c’est plus que le tapis de bain que je te ferais avaler, Superman
 »Elle ne se fit pas prier pour s’enrouler dans la serviette qu’il tendit devant elle, prenant soin de conserver le bras gauche collĂ© Ă  son buste pour limiter les qu’elle avait du mal Ă  le regarder dans les yeux, la Lily ! Etait-ce un lĂ©ger rougissement qui pointait sur les pommettes de la demoiselle ? Elle dĂ©gagea une mĂšche collĂ©e sur sa joue d’un geste Ă©nervĂ© avant de fixer l’invitĂ© surprise d’un air exagĂ©rĂ©ment hautain. Hum
 c’est un vieux
 le tapis, j’veux dire »Elle afficha une moue amusĂ©e puis grimaça sous l’élancement de son articulation. Sa pauvre Ă©paule n’était pas luxĂ©e Ă  premiĂšre vue, mais les tendons n’avaient sans doute pas aimĂ© les 50kgs qui s’étaient abattus sur eux avec grĂące et lĂ©gĂšretĂ© ! Dans un Ploc sourd, un petit elfe aux grands yeux larmoyants apparut devant les deux sorciers. Il plissa les yeux et couina, comme dans l’attente de se recevoir un coup. Gratt’papier ! J’aurais eu le temps de claquer 15 fois
 »Couinement. Peux-tu transplaner Ă  Ste Mangouste et demander Ă  Monsieur Stanley s’il peut passer ici dans la journĂ©e ? Il aura sans doute de quoi soigner ça instantanĂ©ment. »La petite crĂ©ature se tenait debout, dans l’attente d’un ordre supplĂ©mentaire. Tu ne veux pas non plus un thĂ© citronnĂ© ?... EXECUTION ! » et sans demander son reste, Gratt’papier disparut en direction, elle l’espĂ©rait, de l’hĂŽpital. Elle n’était mĂȘme pas sure que son collĂšgue soit de garde un dimanche. S’il n’était toujours pas passĂ© en fin d’aprĂšs-midi, elle irait le voir directement chez lui. HĂ©sitante, elle se tourna vers Gabriel. Il va falloir m’aider Ă  enfiler quelque chose ! » on parle bien de vĂȘtements, hein ?!Lily se dirigea vers la chambre et attrapa une espĂšce de pull assez long pour lui camoufler le haut des cuisses. Ca suffirait en attendant Jason et ça Ă©viterait qu’elle ne doive se tortiller pour enfiler un pantalon en plus. Avec un doigt autoritaire, elle lui fit signe de lui tourner le dos et laissa tomber lourdement la serviette au sol. InvitĂ© Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©InvitĂ©, le Dim 22 Avr - 2146 La lune ronde et pleine dansait dans le ciel, Ă©pitaphe astrale d’une nuit de chasse. Courir. Ne pas s’arrĂȘter. Sa vie en dĂ©pendait. Il allait la tuer
 Il Ă©tait lĂ , Ă  quelques mĂštres derriĂšre elle, se rapprochant inĂ©luctablement avec une rapiditĂ© inhumaine. Elle n’allait pas lui Ă©chapper, elle en Ă©tait certaine Ă  prĂ©sent. Elle s’arrĂȘta derriĂšre un arbre, tremblante, haletante. Elle se recouvrit la bouche de sa main, pour dissimuler le bruit de sa respiration erratique, avant de retenir son souffle. Il Ă©tait là
 Elle pouvait entendre les Ă©normes pattes dans les fourrĂ©s Ă  quelques mĂštres d’ici. Elle ferma les yeux, attendant que les grognements frĂ©nĂ©tiques arrivent jusqu’à elle. Dans combien de temps les griffes allaient-elles s’abattre sur sa gorge ? Allait-elle hurler ? Allait-il la tuer en un seul coup de mĂąchoire ou bien savourerait-il les derniers battements de son cƓur avec une dĂ©lectation non dissimulable ? Serait-elle consciente, souffrirait-elle ? Aimera-t-il ça ?... Un souffle chaud dans sa nuque mit un terme Ă  ses questionnements. Elle se retourna pour apercevoir deux pupilles jaunes, avant de sentir un museau fondre dans ses s’éveilla, le visage baignĂ© de sueur. Ses boucles collaient Ă  son front, sa respiration Ă©tait saccadĂ©e, sa vision encore floue. Elle tenta de bouger mais une douleur lancinante Ă  l’épaule l’immobilisa, lui arrachant un cri. Une douleur vive, brĂ»lante, tranchante. Les traits crispĂ©s, elle laissa courir un regard autour d’elle. Les murs Ă©taient recouverts d’un bois clair, une couverture en laine Ă©tait posĂ©e sur elle et une odeur de cafĂ© flottait dans l’air. Elle Ă©tait chez elle Ă  Loutry, dans sa propre chambre. Elle posa les yeux sur son Ă©paule douloureuse, dĂ©sormais recouverte d’un pansement et immobilisĂ©e dans une attelle. Le monde semblait tanguer autour d’elle, pourtant elle voulut se lever. Elle releva le buste dans une grimace puis posa les pieds au sol. Pourquoi Ă©tait-elle ici ? Poudlard
 La mission Basilic
 Un sortilĂšge qui Ă©tait venu la frapper de plein fouet. La derniĂšre chose dont elle se souvienne, c’était la pierre froide contre son dos, l’odeur de sang, et le regard inquiet de Revanor au-dessus d’elle. Elle l’avait senti la traĂźner Ă  l’abri. Puis les tĂ©nĂšbres avaient remplacĂ© le dĂ©cor de l’école de sorcellerie et le combat qui faisait rage. L’avait-il Ă©vacuĂ©e ensuite ? Combien de temps Ă©tait-elle restĂ©e inconsciente ? Elle n’avait aucun souvenir de son sĂ©jour Ă  Ste Mangouste, cependant. Avec difficultĂ© elle se leva enfin, avec un Ă©quilibre plus qu’approximatif. Qui l’avait ramenĂ©e chez elle, et quand ? Un pas, puis un autre. Le poste de tĂ©lĂ©vision moldu dans le salon crachait le dernier tube Ă  la mode. Sa tĂȘte tourna, la douleur s’amplifia et elle se sentie sombrer. Elle se raccrocha Ă  l’encadrement de la porte et tenta d’appeler son elfe du MinistĂšre d’une voix qu’elle espĂ©rait claire. Gratt-papier

. »Encore un effort et elle arriverait Ă  se traĂźner jusqu’au sĂ©jour, oĂč le feu crĂ©pitait. La pluie frappait les carreaux en de grosses rafales, mĂ©lopĂ©e automnale d’un ciel pourtant d’avril. Quelle heure Ă©tait-il ? La jeune femme passa sa main valide sur son visage pour en dĂ©gager quelques mĂšches. Ses yeux s’échouĂšrent sur une missive officielle provenant du MinistĂšre, posĂ©e sur la console du couloir. Elle parcourut grossiĂšrement les quelques lignes signifiant qu’elle Ă©tait relevĂ©e de ses fonctions d’Auror en raison d’une blessure grave l’empĂȘchant d’exercer son mĂ©tier durant plusieurs mois. Son monde semblait s’écrouler autour d’elle sans qu’elle n’ait aucune prise dessus. Elle s’était Ă©veillĂ©e d’un cauchemar mais la rĂ©alitĂ© semblait bien plus sombre. Souffrance. GĂ©missement de douleur. La lettre glissa de sa main pour venir toucher le plancher avec lĂ©gĂšretĂ©. Ses genoux flanchĂšrent sous l’élancement, le sang frappa dans ses tempes avec force. Et juste avant que sa tĂȘte ne cogne le sol, elle aperçut de nouveau les deux pupilles ambrĂ©es dans les tĂ©nĂšbres qui l’enveloppĂšrent. Elle s’y laissa tomber, comme on s’abandonne aux bras d’un tendre amant. Puis le nĂ©ant. InvitĂ© Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©InvitĂ©, le Mer 23 Mai - 2313 La lune est belle, elle brille comme Ă  son habitude depuis des temps immĂ©moriaux. EntitĂ© Ă  part entiĂšre, la vieille dame semble pourtant ne pas avoir perdu de son charme et continue de sĂ©duire de jeunes rĂȘveurs qui ne demandent qu'un instant dans ses bras. Sans doute est-ce du fait que cette sirĂšne astrale ne dĂ©voile sa plus belle mĂ©lodie que la nuit. Combien de gens avaient-ils pu se perdre quelques minutes, des heures entiĂšre dans son reflet, avant de se rendre compte que la rĂ©alitĂ© qu'on leur avait imposĂ© n'Ă©tait pas des plus jolies. La rĂ©alitĂ© n'a rien d'agrĂ©able. Allez dire ça aux idĂ©alistes qui maintiennent encore que la vie est belle. Foutaise. Cette mĂȘme rĂ©alitĂ© n'est qu'un ploc qui vient faire Ă©clater la bulle de rĂȘve que l'Ă©toile nous accorde chaque nuit. NichĂ© dans les bois, je suis seul. Pas un bruit pour dĂ©ranger le calme transcendant dans lequel je me trouve. Les senteur boisĂ©es et parfumĂ©es de l'encens dans la piĂšce obscurcie rĂ©veillent en moi de bien agrĂ©ables sensations. Le doux nectar ambrĂ© quant Ă  lui vient apporter la lumiĂšre dans le reflet du cigare incandescent. La toile est belle, le dĂ©cor est posĂ©. L'obscuritĂ© rĂ©veille et amplifie des sens que je pensais endormis depuis bien longtemps. Mon instinct de chasse s'en Ă©tait allĂ© avec elle, la nuit oĂč la belle m'avait tout pris, sur mon propre territoire. Le prĂ©dateur soumis par la frĂȘle Ă©garĂ©e. A cette pensĂ©e, bien que je ne sois plus Ă  mĂȘme de contrĂŽler la moindre de mes pensĂ©es, je me plaisais Ă  croire que ces quelques secondes oĂč je semblait partagĂ© entre deux mondes Ă©tait les miennes et que jamais personne ne pourrait venir les contester. Cependant, alors que le temps ne semblait plus avoir d'emprise sur ma personne, je me surprenais moi-mĂȘme Ă  ressentir ce frissonnement dans les muscles. Comme une sorte de... frustration. Sentiment Ă©tranger Ă  l'ĂȘtre libre et sans attaches que j'Ă©tais, mais qui pourtant, semblait bien vouloir s'inviter au tour de cette table bancale, seul vestige d'une vie morte et enterrĂ©e. Ce soir le loup serait remis en cage, et je pourrai finalement profiter des quelques absurditĂ©s que la vie, en dehors de ces murs branlants pouvaient m'accorder. Un peu de distraction dans un ennui qui se veut sans fin. Mister Revanor renaĂźt de ses cendres ce soir et gare au loup braves gens, n'est pas dĂ©mon qui veut sans en avoir mĂ©ritĂ© le mĂ©fait. C'est dans un crac sonore Ă  rĂ©veiller un mort que je disparu, laissant derriĂšre cet ultime dĂ©part sans retour, les ruines de cette bicoque qui m'avait si souvent servit de refuge. Ce soir, je ne me cache plus, ce soir, je profite enfin de ce que la vie a Ă  m'offrir et quoi de mieux, oh oui quoi de mieux... que de savourer cet Ă©lan de jeunesse autour d'un bon whisky purfeu ? Dublin. Temple Bar. Haut lieu de soirĂ©es pubs de la capitale irlandaise, je ne pouvais rĂȘver meilleure ambiance aprĂšs tant de semaines passĂ©es dans le calme le plus total. Le brouhaha environnant camoufle a la perfection mon arrivĂ©e plus ou moins douteuse dans les palettes de l'arriĂšre cour du lieu dit. Tu rouilles mon ami... Besoin d'aide ? » Quand j'aurai besoin de toi, je te le ferai savoir sombre malin. Cette nuit est mienne et il n'est point encore temps de verser le premier sang. Laisse moi savourer le spectacle qui s'offre Ă  moi. Je sens qu'il s'apaise. Je peux presque l'entendre ronronner. La bĂȘte se dĂ©lecte de la chair fraĂźche qui s'agite sous ses yeux frĂ©tillants et moi... je bois. Oh oh ! Buvons l'ami, l'ivresse a toujours Ă©tĂ© notre meilleure alliĂ©e, pourquoi la laisser derriĂšre et ne pas l'embarquer dans notre formidable Ă©popĂ©e ? Alors qu'aprĂšs m'ĂȘtre dirigĂ© au comptoir, bousculant au passage deux penots qui semblaient avoir envie d'en dĂ©coudre l'un avec l'autre, venait le moment de payer mon dĂ», je ne pu m'empĂȘcher de la ressentir... Cette vague de nostalgie qui se frayait un chemin tout le long de mon cƓur. Plongeant ma main droite dans la poche intĂ©rieure de ma veste en cuir, je les sentais... ces lunettes de soleil qui avaient tant de fois dissimulĂ© Ă  la perfection mes expression faciales les plus carnassiĂšres. Les verres fumĂ©s dans cette si subtile couleur ambrĂ©e qui me faisait littĂ©ralement chavirer, je ne pouvais me sĂ©parer d'elles. A croire qu'elles Ă©taient revenues Ă  leur maĂźtre le soir oĂč celui-la mĂȘme avait dĂ©cidĂ© de rĂ©-apparaĂźtre. La lumiĂšre est tamisĂ©e, juste de quoi laisser apercevoir quelques jolis minois, Ă©tudiantes sans doute encore pucelles cherchant le frisson du risque de se faire prendre alcoolisĂ©e en rentrant chez elles... si toute fois elles y parvenaient. Un bestiaire Ă  part entiĂšre mon tendre ami. Je sais que tu apprĂ©cie tout autant que moi ce que tu vois... Mais cette nuit tu n'auras droit qu'au doux nectar qui me fais depuis toujours planer. Alors que je m'enivre de toutes les sensations qui s'offrent Ă  moi, me dĂ©lectant ainsi de la vue, du goĂ»t et de l'ouĂŻe de ce titre moldu ma foi fort agrĂ©able, je ne peux que me laisser porter par le rythme de la musique et m'imaginer qui peuvent ĂȘtre toutes ces personnes. Tiens... le premier que j'aperçois est cet abrutit de semi-homme qui ne sent pas encore assez de poids dans son caleçon pour aborder la jeune dĂ©vergondĂ©e qu'il reluque depuis dix minutes, se dĂ©hanchant sur un rythme endiablĂ© qui essouffle dĂ©jĂ  les quelques asthmatiques que je repĂšre. C'est vrai qu'elle est pas mal... Elle sait visiblement jouer de sa criniĂšre tĂ©nĂ©breuse, faisant onduler sa silhouette hypnotique avec agilitĂ©, dĂ©couvrant de tant Ă  autres un tatouage circulaire dans le creux de ses reins. Sans doute une supercherie de plus pour aguicher un amateur d'aventures risquĂ©es. Je me surprends moi-mĂȘme Ă  l'observer de plus en plus longtemps. Elle semble ne jamais s'arrĂȘter. OĂč alors est-ce moi qui aurait appuyĂ© sur pause ? Le verre que je tiens dans ma main me rappelle sa prĂ©sence. Non... l'alcool n'y est pour rien, je le sais... c'est autre chose. La musique aussi semble ralentie. Seule la lumiĂšre conserve son apparence. C'est bon signe... je suis encore sans doute en vie. Qui es-tu dĂ©mon ? Que cherches-tu ? Pourquoi ne s'est-elle encore pas tournĂ©e une seule fois ? Cette jeune femme m'intrigue. Elle suscite en moi la curiositĂ©. Je me dĂ©place, lentement, le verre toujours serrĂ© dans ma main droite, je me fraye un passage a travers la foule qui semble toute fois encore animĂ©e. Le temps semble avoir pris une drĂŽle de dimension. J'y suis presque, je peux bientĂŽt apercevoir son visage... oui bientĂŽt j.... 
. Mon sang s'agite et dĂ©ferle dans mes tempes tel un torrent dĂ©chaĂźnĂ©. Le rĂ©cipient de ce si dĂ©licieux nectar s'Ă©chappe de mes mains et entame une chute longue... interminable alors que moi-mĂȘme je reste figĂ© dans cette tumultueuse avalanche d'Ă©motion qui s'abat sur moi. Son visage m'apparaĂźt enfin diaboliquement angĂ©lique, il recel quelque chose que je ne comprends pas. Ses yeux bleus ocĂ©ans m'inondent les poumons et accĂ©lĂšrent ma respiration, ses lĂšvres pulpeuses ne laissent deviner que les choses les plus malsaines du monde souterrain, et ses tĂąches de rousseur... discrĂštes mais bien prĂ©sentes, ne sont que les Ă©pices qui viennent apporter toute la sournoiserie et le feu d'un visage mutin que je ne connais que trop bien. Oui... Ce visage, portrait artistique en lui-mĂȘme demeurera bien assez longtemps gravĂ© dans ma mĂ©moire pour que je ne puisse y rester de marbre. Mais alors que je m'approche, je sens ses yeux se poser sur moi l'espace d'une seconde et le temps reprend son cours, accĂ©lĂ©rant de plus belle la musique aux sonoritĂ©s rock, endolorissant mes tympans au son du brouhaha ambiant et du bruit du verre se brisant sur le sol. Ploc... Elle disparaĂźt, elle aussi. Laissant place Ă  une toute autre crĂ©ature... blonde celle-ci se dĂ©hanchant sur le mĂȘme rythme endiablĂ©. L'aurai-je rĂȘvĂ© ? Quelle est donc cette sensation qui m'envahit soudain... Je me surprends Ă  sentir le bout de mes doigts trembler, et bien vite l'incomprĂ©hension s'empare de toute mon Ăąme. Que vient-il de se produire ? N'Ă©tiez-vous donc qu'une illusion ? Pourquoi ? Comment ? Que diable faisiez-vous ici Ă  un moment oĂč je suis sorti de votre vie ? Pourquoi cet acharnement ? Pourquoi je ne l'oublie pas ? Et toi... oĂč es-tu ? Pourquoi ne dis-tu rien ? 
 Le silence.... REPONDS !!!OĂč es-tu mon vieil ami... Toi qui a toujours rĂ©ponse Ă  tout, pourquoi me laisses-tu dans l'impasse Ă  un moment oĂč je ne comprends fichtrement rien ? Serais-tu vexĂ© ? REPONDS MOI !!!!!!! Le sang s'affole une fois de plus dans mes veines et je sens dĂ©jĂ  le bout de mes extrĂ©mitĂ©s trembler Ă  nouveau. Je ne comprends pas ce qu'il se passe. Quelle est donc cette sorcellerie ? Pourquoi suis-je seul ? OĂč est-il passĂ© lui le prĂ©dateur carnassier qui n'aurait pas loupĂ© une occasion pareille de pouvoir lancer un sarcasme de plus sur cette impuissance intolĂ©rable ? Je suis perdu... je commence Ă  avoir le tournis et alors que je me prĂ©cipite vers la sortie du pub afin de respirer une bouffĂ©e d'air frais, des Ă©chos s'emparent de ma tĂȘte dansants au rythme des bourrasques de vent extĂ©rieures. Je m'appelle Lily Gordon » ... 
.Lily Gordon.... » ... ... Tu peux venir chez moi si tu le souhaites.... » ... Lilyyy... Gordoooon.... » 
 Loutry » 
 SĂ©lĂ©nĂ©...... »Les voix disparaissent dans un soupir glacial, les portes du pub s'ouvrent, les videurs semblent heureux de voir un ivrogne de plus dĂ©taller... Ça leur fera toujours un merdier en moins Ă  nettoyer ce soir.. Je disparais, il faut que je m'en aille, loin... loin de cette folie absurde et que je ne comprends pas. Et je transplane tant bien que mal sans rĂ©flĂ©chir, ne pensant qu'aux derniers mots qui viennent de m'ĂȘtre prononcĂ©s et laissant derriĂšre mois les dĂ©bris d'un scooter que je fis exploser dans mon dĂ©part tonitruant. Il fait nuit noire et les alentours, Ă©clairĂ©s par la seule maĂźtresse universelle de la pĂ©nombre, me donnent chaud au cƓur. Ma respiration est encore affolĂ©e par ce qu'il vient de se passer. Mon esprit est confus... je ne sais pas.... je suis perdu. L'endroit ne m'Ă©voque rien. Comment est-il seulement possible que je puisse y transplaner ? L'humiditĂ© des alentours m'Ă©voque une sensation que j'ai dĂ©jĂ  connu... Serait-ce toi vilaine bĂȘte qui serait dĂ©jĂ  venue y faire ta balade nocturne ? Serait-ce toi qui m'a conduit ici ? Pourquoi ? A quelques mĂštres de lĂ , une boite au lettre m'apparaĂźt rĂ©vĂ©lant derriĂšre elle, les formes d'une habitation, trĂšs habilement camouflĂ©e dans la vĂ©gĂ©tation verdoyante des bois alentours. Je m'approche, le pas chancelant et hĂ©sitant. Je me surprends pour la premiĂšre fois depuis longtemps Ă  me mĂ©fier du terrain oĂč je m'aventure... Le doute et l'incomprĂ©hension cĂšdent vite leur place Ă  l'excitation et l'apprĂ©hension. Sur l'Ă©criteau, je peux dĂ©sormais clairement y lire l'inscription Villa SĂ©lĂ©nĂ©, si c'est qu't'y es, c'est qu't'es pas paumĂ© pov'con ! » Ces initiales m'interpellent, je ne les connais que trop bien... toujours cet amalgame avec les loups garous quand je les lis et pourtant c'est une toute autre crĂ©ature qui se cache derriĂšre ces deux lettres maudites... Pourquoi m'as-tu amenĂ© jusqu'ici ? RĂ©ponds... Le silence rĂšgne, ça et lĂ  le bruit de quelques grenouilles, grillons et autres colocataires animaliers. La lune est belle... elle au moins, ne me quittera jamais. Cependant... elle ne m'apporte pas plus de rĂ©ponses et je n'ai nulle part oĂč aller. Je dois comprendre ce que je fais ici. Il faut que j'en ai le cƓur net. Je m'avance sur les dalles qui tracent le modeste chemin menant Ă  la porte d'entrĂ©e, et empoignant la tĂȘte d'Ă©cureuil en mĂ©tal forgĂ©, je frappe trois fois. * Frap * Je retire mes lunettes, ma respiration s'accĂ©lĂšre. * Frap *Je place mes lunettes sur mon col, un frisson se fraye un chemin le long de mon dos. * Frap *Ma respiration s'arrĂȘte, et la lumiĂšre fut. Des bruits de pas se font entendre, un craquement et la porte entre en mouvement... lentement.... Son visage apparaĂźt. Un dernier souffle s'Ă©chappe de mes poumons, et de sa voix mĂ©lodieuse, elle brise le silence.... Bonsoir vous... je crois que j'ai besoin de toi. Tu me feriez l'honneur de m'inviter chez toi ? InvitĂ© Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©InvitĂ©, le Mer 30 Mai - 1943 *Ô douce torpeur et violente douceur ! OĂč suis-je ? Qui suis-je ? OĂč vais-je ? Suis-je en vie ? Un silence assourdissant, un calme tumultueux ne peuvent exister. ChimĂšres salvatrices, gardez moi prĂšs de vous, par pitiĂ©. Pourquoi mes pieds touchent de nouveau terre, pourquoi ma luciditĂ© revient-elle, promesse d’un retour Ă  la rĂ©alitĂ© ? Un retour en classe Ă©conomique, inconfortable, et sans la petite collation servie par une hĂŽtesse trop parfumĂ©e. Oh oui, je suis en vie
 Un tel mal-ĂȘtre ne peut ĂȘtre ressenti ailleurs qu’ici bas. Inconscience adorĂ©e, rouvre moi tes bras ! Ne mĂ©ritais-je pas ta protection ?Oh non
 Tout redevient clair
 Ma vue, mon ouĂŻe. Mon cerveau recommence Ă  fonctionner normalement et de façon rationnelle. Le plancher est tiĂšde sous ma joue. Pourquoi ai-je froid, alors ? J’avais si chaud il y a quelques heures. Tout Ă©tait merveilleux, j’aimais la vie, j’aimais les gens. MĂȘme mes ennemis ! D’ailleurs, je n’avais plus d’ennemis
 J’avais envie de sortir hurler au monde Ă  quel point je l’aime. Tout Ă©tait plus lĂ©ger, sans contraintes. Tout Ă©tait plus agrĂ©able avant le redresse la tĂȘte, il fait sombre dehors. Quelle heure est-il ? Je regarde ma montre. Il s’est Ă©coulĂ© 4 heures en 20min. Mon Ă©paule est encore douloureuse mais ça n’est pas pour cette raison que la boĂźte de CodĂ©ine est quasiment vide. Pour ĂȘtre honnĂȘte, mon Ă©paule n’est pas douloureuse au point d’en prendre autant. De continuer Ă  en prendre tout de passion violente, de lente agonie sur fond de piano. S’abĂźmer l’ñme, parce que c’est bon. BrĂ»ler pour se sentir en boivent pour oublier, moi je me CodĂ©ine pour me souvenir. Me souvenir de tout. Me souvenir de rien. Me souvenir d’un temps oĂč j’ai peut-ĂȘtre Ă©tĂ© heureuse. Me souvenir d’une Ă©poque oĂč ma drogue Ă©tait un regard et un sourire. Pas besoin de cachets, j’étais Ă  la merci de ses yeux et de ses lĂšvres. Est-ce le souvenir de son parfum qui rend ma respiration difficile, ou bien le bad trip est plus bad que trip ? Aimerais-je de nouveau aussi fort ? Et si oui, Ă  quelle heure ?Pourquoi je me pose autant de questions ? Pourquoi je ne m’en posais aucune tout Ă  l’heure ? Quelles sont les coordonnĂ©es GPS du pays des Merveilles ? Je veux y retourner
 Y a-t-il un joli Lapin Blanc dans le coin ? Les lapins frappent-ils aux portes ?... Tire la bobinette et la chevillette cherra. Ou pas. Le monde tourne-t-il si vite d’habitude ?Je me lĂšve, chancelante et aperçois mon visage dans le miroir qui fait face. Qui ĂȘtes-vous ? OĂč est Lily Gordon ? Est-ce elle, sous ces traits tirĂ©s, les cheveux Ă©chevelĂ©s, les yeux yeux-tifiĂ©s ?*Pilotage automatique jusqu’à la porte d’entrĂ©e, qu’elle aurait prĂ©fĂ©rĂ©e de sortie. Elle ouvre, doucement, machinalement. Son regard remonte sur la silhouette qui lui semble familiĂšre. Comme vous avez de grandes dents ! Surprise, prenant conscience qu’elle doit avoir une mine dĂ©sastreuse, elle tente de faire bonne figure, remonte le gilet dĂ©braillĂ© sur son Ă©paule, repousse quelques mĂšches de cheveux derriĂšre son oreille. Sourire poli. Elle mettra son Ă©tat vaseux sur le compte de la fatigue et de la convalescence. Elle va mieux depuis des semaines. Mais Revanor le sait-il ?! Elle prononce les premiers sons sortant de sa bouche depuis des jours. Dan ?... Tout va bien ?... »Son collĂšgue semble planer autant qu’elle. Les tĂąches d’alcool recouvrant le bas de son pantalon apportent un dĂ©but de rĂ©ponse
 Tu veux entrer ? »Elle n’attend pas qu’il ouvre la bouche et s’écarte pour le laisser passer. Elle referme le battant de la porte, aprĂšs avoir jetĂ© un Ɠil Ă  la forĂȘt entĂ©nĂ©brĂ©e. Avec hĂąte, elle ramasse quelques affaires Ă©chouĂ©es au sol, prenant soin de conserver son Ă©paule convalescente immobile. Assieds toi ! » l’invite-elle, d’un geste en direction du sofa. DĂ©solĂ©e pour le bazar » s’excuse-t-elle. J’ai donnĂ© quelques RTT Ă  mon Elfe. Pour ĂȘtre
tranquille. »Pourquoi ne le regardait-elle pas dans les yeux, depuis qu’il Ă©tait apparu dans l’encadrement de la porte ? Avait-elle peur de croiser son regard inquisiteur ? Redoutait-elle qu’il entame une conversation oĂč le sempiternel comment vas-tu ? » arriverait comme un poil dans la gamelle, et oĂč elle mentirait d’un beau bien, merci, et toi ? » ? S’il plongeait les yeux dans les siens, arriveraient-ils Ă  tenir une discussion d’une banalitĂ© Ă  pleurer alors que ni l’un ni l’autre ne semblait dans son Ă©tat normal ?Qu’as-tu, Dan Revanor ? Tu sembles avoir croisĂ© un fantĂŽme. Ton teint est pĂąle, ta respiration difficile, tes yeux perdus cherchent une rĂ©ponse. C’est dans les siens que tu souhaites la trouver ? Tu n’y trouveras rien, Ă  part deux pupilles dilatĂ©es. La jeune femme finit par venir s’asseoir prĂšs de lui, les yeux toujours baissĂ©s. Pourquoi la fixes-tu ainsi, Dan Revanor ? Tu l’as dĂ©jĂ  fait par le passé Quel est ce sentiment d’insĂ©curitĂ© grandissant lorsqu’il est prĂšs d’elle ? Un sentiment dont elle se nourrissait autrefois, et qui lui apportait la dose d’adrĂ©naline et de danger qu’elle recherchait. Le goĂ»t du risque
 Etait-ce ça dont elle avait de nouveau besoin ? Peut-ĂȘtre oui. Alors vas-y Lily, regarde-le droit dans les yeux, laisse-le scanner ton Ăąme. Tu as peur, petite sorciĂšre ? Aimes-tu ça autant qu’autrefois ? DĂ©fie la BĂȘte du regard ! Que crains-tu ? Est-ce si important au final ? Tu hĂ©sites
 Pleutre ! Tu hĂ©sites ! OĂč est donc passĂ©e cette incroyable assurance qui faisait de toi un individu superficiellement parfait ? Ce mordant, l’as-tu perdu dans les mĂ©andres des plaisirs artificiels ? Redresse-toi, et fais-lui face ! Maintenant ! MAINTENANT !D’un cillement de paupiĂšres, elle plante son regard dans celui du sorcier. Franc, droit, Ă©trangement sur de lui, ce regard
 Essaie-t-elle de se convaincre qu’elle n’a pas changĂ©, qu’elle est toujours cette femme piquante qui dĂ©cide de son avenir ? Un test oui, un test Ă  elle-mĂȘme, pour se prouver qu’elle n’est pas la sale petite lĂąche qui se planque au pays des Merveilles plusieurs fois par semaine, en se jurant de ne plus recommencer. Jusqu’à la fois suivante
 Tu sais Ă  quel point j’adore nos conversations, Revanor
 Mais tu passes si souvent que je commence Ă  me lasser de ta douce prĂ©sence » ne se sont pas vus depuis des lustres. Fallait-il qu’elle manque de claquer en combat pour qu’il lui accorde une petite visite ? Ou bien avait-il besoin de quelque chose ? Sa tĂȘte tourne lĂ©gĂšrement, et elle s’agace. Que veux-tu ? Je suis fatiguĂ©e
et tu perds tes poils sur mon tapis
 »PlantĂ©e au sommet d’un pin, la lune les observe, tĂ©moin inĂ©branlable de retrouvailles pour le moins Ă©tranges. Et dans un soupir silencieux, elle se fait gardienne d’un passĂ© qui risque Ă  coup sur d’encombrer un avenir plus qu’incertain. Devon StarckPoufsouffle Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©Devon Starck, le Mer 8 AoĂ» - 1327 [huit mois aprĂšs la derniĂšre apparition d'Azphel..]-Les mois Ă©taient passĂ©s lentement, avec une longueur interminable et Ă©reintante pour Azphel. RetranchĂ© dans son manoir, il Ă©tait restĂ© reclus du monde sorcier qui l'avait vu naĂźtre et dans lequel il avait grandi. La douleur de l'annĂ©e passĂ©e Ă©tait encore bien prĂ©sente et le bruit des glaçons qui tournaient dans le whisky au creux de sa main ne la rendait pas moins douloureuse. Il se massa inconsciemment l'Ă©paule, lĂ  oĂč la louve l'avait agressĂ©. Il ne se rappelait que le nom qu'elle avait bien voulu lui donner, Belle, et la dĂ©ception amĂšre qu'elle lui avait laissĂ©e - en plus de son cadeau animal. Un moment, il avait cru trouver quelqu'un qui semblait s'intĂ©resser autant Ă  lui que l'inverse, mais force Ă©tait d'avouer que la manƓuvre Ă©tait intĂ©ressĂ©e. Azphel, coureur de jupons amateur qui avait longtemps songĂ© passer pro, n'avait jusqu' alors jamais imaginĂ© que ses petites chasses quotidiennes se retourneraient un jour contre derniĂšre transformation remontait Ă  quinze jours, mais le traumatisme Ă©tait toujours prĂ©sent. -Il remua encore son whisky dans sa main et l'avala d'une gorgĂ©e avant de briser le verre sur l'accoudoir de sa chaise. Il faisait frais lĂ  oĂč il se trouvait, une fraĂźcheur qui contrastait avec la vague de chaleur qui lui montait au crĂąne. Un jais de lumiĂšre Ă©tincelant l'Ă©blouissait bien que la piĂšce Ă©tait plongĂ©e dans une pĂ©nombre totale. Elle suintait d'humiditĂ©. Il se releva pour laisser apparaĂźtre dans le champ de lumiĂšre l'armature d'une chaise de prisonnier Ă  laquelle il avait soudĂ© des chaĂźnes magiques pour les bras et les jambes. Le bruit du verre brisĂ© craqua sous ses pas et il quitta son propre cachot, situĂ© sous son manoir, une bouteille Ă  la remonta les longs couloirs en titubant jusqu'Ă  son salon et ouvrit les portes fenĂȘtres pour rejoindre sa terrasse. Il Ă©tait neuf heures du matin et le soleil Ă©tait aveuglant. Devant lui, en contrebas de la colline oĂč avait Ă©tĂ© Ă©rigĂ© son manoir, on pouvait distinguer forĂȘts et plaines qui dĂ©filaient. Plus au loin, Londres Ă©touffait la beautĂ© de ce paysage avec son urbanisme Ă©cƓurant. Londres, quel bordel, pensa le sorcier. S'il Ă©tait restĂ© les huit derniers mois cloĂźtrĂ© dans son manoir le plus possible, pour s'habituer Ă  sa lycanthropie, il avait eu l'occasion de se rendre plusieurs fois dans la capitale pour y quĂ©rir des conseils ou se ravitailler en potion tue-loup. Mais l'agitation provoquĂ©e par les jeux olympique lui donnait la nausĂ©e. Trop de monde, de bruit, de cela il reprenait un goĂ»t certain Ă  la vie et manifestait une envie croissante de retrouver l'extĂ©rieur. En cette journĂ©e, il voulait prendre l'air, voir du monde, pourquoi pas des gens qu'il connaissait. Il s'Ă©tait sentit mourir et l'avait mĂȘme cru un moment, avant de comprendre brutalement ce qui lui Ă©tait rĂ©ellement arrivĂ©. Le pire dans tout cela c'est qu'avant d'ĂȘtre transformĂ© il Ă©tait convaincu que sa mort Ă©tait imminente et que son cancer aurait eu raison de lui. Mais quelque chose s'Ă©tait produit et la malĂ©diction qui le frappait maintenant avait aussi eu un effet inverse sur sa maladie. Il ne se l'expliquait pas vraiment, peut-ĂȘtre qu'Ă  la suite de sa morsure son organisme chamboulĂ© avait fourni davantage d'anticorps, suffisamment pour combattre la maladie. Au fond cela n'avait pas d'importance, Azphel avait maintenant la vie devant lui, une vie entachĂ©e par un fardeau dĂ©moniaque...-... Les heures de la matinĂ©e Ă©coulĂ©e, il s'Ă©tait mis en route vers le pourtour londonien de bonne humeur, une humeur entretenue par son taux d'alcoolĂ©mie qu'il avait veillĂ© Ă  maintenir proche des un gramme. Il n'Ă©tait pas rasĂ© depuis trois jours, mais il avait fait l'effort de soignĂ© sa coiffure et s'Ă©tait habillĂ© d'un de ses vieux costumes noir qui dormait dans son placard, classieux et sobre, mais le "S" brodĂ© de vert et d'or sur le coeur n'y tromperait pas les sorciers aguerris. PrĂ©fĂ©rant Ă©viter les artĂšres de la capitale anglaise, Azphel transplana finalement. Quelques secondes aprĂšs il rĂ©apparut dans la petite bourgade de Loutry sainte Chaspoule. Il ne savait pas oĂč il voulait aller mais il n'avait pensĂ© qu'Ă  une seule personne sur le moment ce qui l'avait naturellement amenĂ© ici. Il ne l'avait pas revue depuis longtemps et il se demandait bien ce qu'Ă©tait devenue cette sorciĂšre, qui Ă©tait au passage une aventure passĂ©e d'Azphel. Mais les temps sont soumis au changement et il ne venait pas la voir pour cela. De plus, il s'interdisait les rapprochements dangereux avec sa condition au poil, un acquis de conscience bĂ©nĂ©fique qui lui Ă©viterait de rĂ©pĂ©ter ses grosses erreurs Ă©tait tombĂ© sur l'adresse de Lily Gordon dans un journal qui recensait les historiques de ventes et d'achats de propriĂ©tĂ©s des sorciers, non pas qu'il s'intĂ©ressait vraiment Ă  l'immobilier mais le nom de la sorciĂšre l'avait frappĂ© et il avait retenue l'information inconsciemment. AprĂšs avoir tournĂ© en rond pendant un moment dans le village, il trouva un peu Ă  l'Ă©cart la rĂ©sidence qu'il cherchait. Elle Ă©tait aussi isolĂ©e que discrĂšte et on y voyait un amas d'arbres qui dĂ©passaient du jardin. Deux choses frappĂšrent le sorcier, d'une part que le coin devait ĂȘtre aussi calme et plaisant que ne l'Ă©tait la campagne de son manoir. D'autre part, la maison de Gordon Ă©tait ridiculement Il remonta l'allĂ©e principale pour rejoindre la porte d'entrĂ©e, se doutant bien que les alentours de la villa devaient ĂȘtre truffĂ©s de sortilĂšges de dĂ©tection et qu'elle l'entendrait surement arriver. Il se demandait ce qu'elle Ă©tait devenue, peut-ĂȘtre Gordon Ă©tait elle mariĂ©e maintenant ? *beurk* Cette idĂ©e le rĂ©pugna. "Quoique, avec tous les mecs qu'elle se tapait"... En y rĂ©flĂ©chissant, il admit que le mariage Ă©tait d'ailleurs, probablement mĂȘme, une meilleure perspective d'avenir que le dĂ©peçage d'enfant Ă  chaque pleine lune... Il sortit de sa veste de costume une cigarette d'un paquet qu'il reposa dans sa poche avec sa baguette. Il tira une longue bouffĂ©e avant de frapper Ă  la porte. Re [Habitation] Villa SĂ©lĂ©nĂ©Contenu sponsorisĂ©, le Permission de ce forumVous pouvez Vous ne pouvez pas rĂ©pondre aux sujets dans ce forum
Toutefois dans notre inconscient, il y a une partie agissante qu'on appelle le subconscient. Le subconscient a tous les pouvoirs, toutes les possibilités, toutes les connaissances. Rien ne lui est impossible. Le subconscient orchestre, coordonne et régit toutes les fonctions organiques et végétatives et gouverne notre conscient dans presque tout. Si le subconscient n'est pas
"C'est parce que quelque chose des objets extĂ©rieurs pĂ©nĂštre en nous que nous voyons les formes et que nous pensons." Épicure lettre Ă  HĂ©rodoteÉVACUER ENFIN L'INCONSCIENT FREUDIEN... Le conscient - s'agissant du fonctionnement cĂ©rĂ©bral de l'ĂȘtre humain - voilĂ  une notion bien difficile Ă  cerner et Ă  dĂ©finir... En effet, si le systĂšme nerveux de l'homme, installĂ© dans son enveloppe corporelle est un systĂšme intelligent, c'est parce qu'il est en interaction permanente avec son environnement et qu'il fait Ă©voluer sans discontinuer le modĂšle - qu'il se crĂ©e et se recrĂ©e - de ce milieu de vie. Avant d'entreprendre la moindre action sur cet environnement, dans un but dĂ©terminĂ©, le systĂšme nerveux teste cette action sur son modĂšle. Si le rĂ©sultat de la simulation n'est pas favorable ou n'est pas celui escomptĂ©, une autre action est entreprise, jusqu'Ă  l'obtention d'un rĂ©sultat conforme au projet conçu... En fait, tout commence Ă  partir des stimulations sensorielles objectives, avec les perceptions reçues par les pĂ©riphĂ©riques essentiels que sont la vue, l'ouĂŻe, l'odorat, le toucher, le goĂ»t, l'Ă©quilibre, la douleur, le plaisir etc... Et il est vrai que nous avons de multiples capteurs spĂ©cialisĂ©s pour toute la pĂ©riphĂ©rie du corps ainsi que pour... l'intĂ©rieur. Les constructions d'images mentales de reprĂ©sentations de la rĂ©alitĂ© se font donc Ă  partir de tous ces percepts automatisĂ©s. C'est Ă  partir de ce moment, juste aprĂšs que les processus neuronaux associĂ©s Ă  ceux de l'ensemble du systĂšme nerveux aient Ă©tĂ© activĂ©s qu'entre en jeu notre conscience, dans un instant trĂšs bref, et il ne reste au systĂšme qu'une seule ressource, celle de mĂ©moriser tous les concepts consciemment Ă©laborĂ©s Ă  partir des percepts reçus. Dans l'exercice automatique de cette boucle de la conscience, il faut bien isoler les processus perceptifs des actions mentales comparatives visant Ă  distinguer des ressemblances au sein de tout ce qui a Ă©tĂ© reçu. Il est Ă©galement indispensable de repĂ©rer des attributs redondants afin de penser des infĂ©rences ou des hypothĂšses qui devront ĂȘtres vĂ©rifiĂ©es autant de fois qu'il le faudra. C'est alors, et seulement si la rĂ©pĂ©tition des vĂ©rifications rĂ©itĂ©rĂ©es est satisfaisante, qu'on pourra en infĂ©rer un concept, avec une conclusion provisoire. La conscience que nous avons de notre environnement gĂ©nĂšre Ă  son tour une conscience des pensĂ©es mĂ©morisĂ©es qui parcourent notre esprit et, pour essayer de dĂ©finir un peu ce concept Ă©trange, on pourrait dire que la conscience, c'est un Ă©tat mental actif, transitoire, que l'on peut exprimer par le langage oral, Ă©crit, par le dessin, la musique, par des constructions physiques, mathĂ©matiques ou mĂ©caniques. Être conscient, c'est comprendre la relation qui existe entre des phĂ©nomĂšnes extĂ©rieurs ou intĂ©rieurs et ce que l'on en perçoit objectivement, tout en Ă©tant capables de les Ă©noncer et de les analyser. Il paraĂźt donc Ă©vident que la conscience ne s'exerce, ne se manifeste que chez un ĂȘtre qui a dĂ©jĂ  conscience de son existence propre ainsi que de sa position rĂ©flexive et existentielle unique. Toute conscience est ancrĂ©e dans un substrat de mĂ©moires et se projette vers un futur souhaitĂ© par le sujet conscient. Claire Sergent, chercheure de l'Ă©quipe de neuro-imagerie du CEA-INSERM dirigĂ©e par Stanislas Dehaene et soutenue par Jean-Pierre Changeux, souvent en collaboration avec Lionel Naccache vient de rĂ©aliser des expĂ©riences Ă©difiantes sur le sujet de la conscience humaine. Claire affirme "Pour que des informations visuelles [.........] nous deviennent conscientes, un rĂ©seau cĂ©rĂ©bral spĂ©cifique doit ĂȘtre activĂ©... À l'Ă©cran, on voit trĂšs bien que, du cortex visuel, l'activitĂ© cĂ©rĂ©brale se transpose au cortex frontal, puis au prĂ©frontal ainsi qu'au cingulaire antĂ©rieur..." Et ce, 436 milli secondes aprĂšs la diffusion de l'objet qui suscitera la prise de conscience. Mais, ces aires de la conscience ne traitent qu'une seule tĂąche Ă  la fois... Il existe donc bien chez l'homme un espace neuronal spĂ©cifique dĂ©diĂ© au travail conscient. Tandis que de nombreuses stimulations des bruits, des parfums, des formes ou des couleurs, des visages familiers, des mots entendus ou vus sont traitĂ©es de maniĂšre automatisĂ©e et non-consciente dans diffĂ©rentes aires cĂ©rĂ©brales, les zones de la conscience prennent en charge le traitement d'une information pour la rendre consciente et transmissible Ă  d'autres membres de l'espĂšce. En outre, pendant cette brĂšve pĂ©riode durant laquelle l'attention est indispensable, nous sommes conscients d'avoir effectuĂ© ce traitement et nous pouvons en mĂ©moriser durablement les rĂ©sultats. La mĂ©moire prend en charge les percepts devenus conscients au mĂȘme titre que les processus sollicitĂ©s de maniĂšre automatique et non-consciente mais dans au moins cinq types de mĂ©moires spĂ©cifiques Il paraĂźt nĂ©anmoins Ă©vident que la mĂ©moire n'est pas une capacitĂ© inĂ©puisable et infinie et qu'elle perd de sa pertinence au fur et Ă  mesure que le temps s'Ă©coule. Hermann Ebinghaus, un philosophe Allemand de la fin du XIXĂšme siĂšcle a Ă©tudiĂ© mĂ©thodiquement l'instauration et la dĂ©perdition de mĂ©moire. Portrait d'Hermann Ebbinghaus Ă  livre ouvert comme la mĂ©moire... La courbe de perte de mĂ©moire de 0 Ă  31 jours. La mĂ©moire est une facultĂ© Ă©phĂ©mĂšre. Il faut la rĂ©activer en permanence afin qu'elle conserve son efficacitĂ©. Mais il reste que de nombreux acquis cognitifs ou Ă©vĂ©nementiels seront oubliĂ©s faute d'ĂȘtre rĂ©activĂ©s. Le non-conscient, aprĂšs une telle dĂ©perdition de mĂ©moire devient l'essentiel de notre package mĂ©moriel. 75 % de pertes d'informations en un mois c'est vraiment trĂšs important ! En effet, il reste trĂšs peu de nos acquisitions cognitives au bout de 31 jours. Mais au bout de 31 mois et, mieux encore, au bout de 31 ans, il ne reste plus que des souvenirs de souvenirs sans cesse reconstruits. Alors, est-ce Ă  dire qu'il ne reste rien ? Sans doute pas. Il reste des traces, des facilitĂ©s Ă  reconstruire un succĂ©danĂ© de nos expĂ©riences passĂ©es. Cependant, d'aucuns ont voulu, dĂšs la fin du XIXĂšme siĂšcle et surtout au dĂ©but du XXĂšme mettre en avant un inconscient tout puissant, sorte de chef d'orchestre du psychisme. En fait, tout ce qui est "non-conscient" est constituĂ© de traces mnĂ©siques imperceptibles et non accessibles Ă  la conscience car la conscience ne peut traiter qu'une information-Ă©vĂ©nement Ă  la fois. Le non-conscient est essentiellement composĂ© d'une rĂ©serve infinie d'automatismes salutaires notamment toutes les acquisitions de la mĂ©moire procĂ©durale qui font que nous conduisons une voiture, une bicyclette ou manipulons nos outils technologiques complexes sans y rĂ©flĂ©chir. Les mĂ©canismes sont du mĂȘme ordre pour les autres types de mĂ©moires et fort heureusement ! Est-ce qu'on met toute la mĂ©moire de nos ordinateurs sur le bureau, ou en mĂ©moire vive ? C'est impossible ! La comparaison est satisfaisante au niveau de ces attributs. LĂ  oĂč on diffĂšre sensiblement c'est que notre "unitĂ© centrale" est tenue de gĂ©rer Ă  la fois la informations courantes fournies par nos diffĂ©rents capteurs et pĂ©riphĂ©riques d'information sur le milieu extĂ©rieur que sont la vue, l'ouĂŻe, l'odorat, le goĂ»t, le toucher associĂ©s Ă  des kyrielles de capteurs internes qui renseignent l'unitĂ© centrale sur des centaines de paramĂštres, et, sommum des problĂšmes, c'est que nous, Homo sapiens, avons trois niveaux de cerveaux - le reptilien pour la survie basique. - le palĂ©omammalien pour de multiples fonctions vitales mais en particulier le systĂšme limbique amygdale en tĂȘte pour rĂ©ceptionner les stimulations qui vont fabriquer des Ă©motions aussi diverses que la peur, la satisfaction, la tristesse etc - le nĂ©omammalien nĂ©ocortex comme chef d'orchestre et au final contrĂŽleur de toutes ces informations parvenues Ă  lui en quelques dizaines de millisecondes ; celui qui, en bon superviseur, prendra les dĂ©cisions finales. Libre-arbitre oblige... Le psychisme, c'est qualitativement la gestion de tout cela. Laconscience est un pouvoir de reprĂ©sentation permettant Ă  l'homme d'avoir la connaissance des choses et de lui-mĂȘme. Il sait qu'elles existent et il a la connaissance immĂ©diate de sa propre existence ainsi que de ses Ă©tats et de ses actes. Le terme signifie Ă©tymologiquement « avec la connaissance de ». La conscience est un savoir Notion la conscience Le sujetCe cours sur la conscience vous aidera Ă  prĂ©parer l'Ă©preuve de philosophie du bac, quelle que soit votre filiĂšre L, ES, S. Au programme la dĂ©finition de l'homme comme roseau pensant par Pascal, la critique du libre-arbitre par Nietzsche... Notions liĂ©es Liste des notions Sujet possible La conscience est-elle source de libertĂ© ou de contrainte ? GrĂące Ă  la conscience, je n’agis pas par simple rĂ©flexe, par instinct, comme on peut penser que c’est le cas chez les animaux. Le principe de mes actions se trouve dans ma volontĂ©. J’agis de telle maniĂšre parce que je l’ai voulu. N’est-ce pas cela la libertĂ© ? Pourtant, on peut se demander s’il ne faut pas plutĂŽt voir lĂ  une contrainte. Si j’agis de maniĂšre consciente, je deviens responsable de tous mes actes. Or avec la responsabilitĂ© commence la contrainte les interdits, les impĂ©ratifs, la loi morale, pĂšsent sur moi, et sur chacun de mes actes. La question se pose donc la conscience nous libĂšre-t-elle, ou nous asservit-elle ? La conscience nous libĂšre de notre condition finie – Pascal La conscience est ce pouvoir qu’a l’homme de se mettre Ă  distance de lui-mĂȘme, et de se prendre lui-mĂȘme pour objet de rĂ©flexion que suis-je ? Que dois-je faire ? Quel est le sens de la vie ? On ne se contente plus d’ ĂȘtre », simplement, comme cette pierre au bord du chemin est », mais on sait qu’on existe. Nous ne sommes plus simplement dans le monde » comme un simple objet posĂ© çà ou lĂ , mais nous nous connaissons comme insĂ©rĂ© dans un monde, en tant que sujet pensant. Cela constitue le privilĂšge de l’homme les autres ĂȘtres vivants tels que les animaux existent et agissent, mais sans en ĂȘtre conscients. Leurs actions sont dĂ©terminĂ©es par l’instinct. On ne trouvera jamais par exemple un chien ou un cheval qui mĂ©dite sur son existence, et qui se pose la question du sens de la vie. Les animaux vivent, sans avoir conscience d’eux-mĂȘmes comme ĂȘtres vivants. De ce fait, la conscience est ce qui vient fonder la dignitĂ© humaine, ce par quoi il surpasse les autres ĂȘtres vivants, et mĂȘme l’univers lui-mĂȘme s’il faut en croire Pascal, dans les PensĂ©es L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignitĂ© consiste donc en la pensĂ©e. C’est de lĂ  qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durĂ©e, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc Ă  bien penser voilĂ  le principe de la morale. Roseau pensant. — Ce n’est point de l’espace que je dois chercher ma dignitĂ©, mais c’est du rĂšglement de ma pensĂ©e. Je n’aurai pas davantage en possĂ©dant des terres par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit comme un point ; par la pensĂ©e, je le comprends. On le voit par la conscience, l’homme dĂ©passe l’univers. Si du point de vue matĂ©riel, l’homme est Ă©crasĂ© par celui-ci, puisqu’il n’est qu’un point infiniment petit, du point de vue spirituel, l’homme prend sa revanche, et apparaĂźt comme le sommet de la CrĂ©ation. La conscience apparaĂźt donc comme ce qui nous libĂšre de notre condition finie et misĂ©rable ; comme ce qui nous libĂšre du pouvoir nĂ©antisant de l’univers, que ce dernier exerce sur moi d’un point de vue matĂ©riel. La conscience est donc bien une source de libertĂ©, par le pouvoir qu’elle nous donne sur le reste du monde. NĂ©anmoins, avec la conscience apparaĂźt la loi morale, et de multiples interdits vont peser sur mes actions si j’agis consciemment, je deviens responsable de ce que je fais, et l’on peut me punir si j’agis mal. La conscience n’apparaĂźt-elle pas de ce fait comme un prĂ©texte pour une lente entreprise de domestication morale, qui me fait perdre ma libertĂ© premiĂšre ? La conscience comme ruse thĂ©ologique asservissante - Nietzsche Si j’agis de maniĂšre inconsciente, par exemple pris d’un accĂšs de folie furieuse dans laquelle je ne m’appartiens plus, je ne suis pas responsable de mes actes. Avec la conscience apparaĂźt la responsabilitĂ©. C’est pourquoi d’un point de vue judiciaire, un crime passionnel est moins sĂ©vĂšrement puni qu’une action commise de maniĂšre dĂ©libĂ©rĂ©e, calculĂ©e longtemps Ă  l’avance. Une action consciente est considĂ©rĂ©e comme effet d’une volontĂ© libre, d’un choix rationnel. Aucun dĂ©terminisme ne vient s’y glisser. La notion de libre arbitre vient condenser ces trois idĂ©es liĂ©es volontĂ©, libertĂ© et responsabilitĂ©. J’ ai un libre arbitre » signifie mon action est le fruit de ma volontĂ© en tant qu’elle est libre dĂ©terminĂ©e par rien d’autre qu’elle-mĂȘme, et de ce fait je suis responsable des consĂ©quences de celle-ci. La notion de conscience devient donc le cheval de Troie par lesquels les thĂ©ologiens et les partisans de la morale judĂ©o-chrĂ©tienne viennent condamner la plupart de nos actions, Ă©touffant notre spontanĂ©itĂ© dans des dizaines de commandements et d’impĂ©ratifs moraux. Ceux-ci n’ont aucun fondement la loi morale n’a pas d’autre but que de donner le droit Ă  ces bourreaux un prĂ©texte pour punir, c’est-Ă -dire exercer leur violence en toute lĂ©galitĂ©, ainsi que l’affirme Nietzsche dans le CrĂ©puscule des Idoles Il ne nous reste aujourd'hui plus aucune espĂšce de compassion avec l'idĂ©e du libre arbitre » nous savons trop bien ce que c'est - le tour de force thĂ©ologique le plus mal famĂ© qu'il y ait, pour rendre l'humanitĂ© responsable » Ă  la façon des thĂ©ologiens, ce qui veut dire pour rendre l'humanitĂ© dĂ©pendante des thĂ©ologiens... Je ne fais que donner ici la psychologie de cette tendance Ă  vouloir rendre responsable. Partout oĂč l'on cherche des responsabilitĂ©s, c'est gĂ©nĂ©ralement l'instinct de punir et de juger qui est Ă  l'oeuvre. On a dĂ©gagĂ© le devenir de son innocence lorsque l'on ramĂšne un Ă©tat de fait quelconque Ă  la volontĂ©, Ă  des intentions, Ă  des actes de responsabilitĂ© la doctrine de la volontĂ© a Ă©tĂ© principalement inventĂ©e Ă  fin de punir, c'est-Ă -dire avec l'intention de trouver coupable. Toute l'ancienne psychologie, la psychologie de la volontĂ© n'existe que par le fait que ses inventeurs, les prĂȘtres, chefs de communautĂ©s anciennes, voulurent se crĂ©er le droit d'infliger une peine - ou plutĂŽt qu'ils voulurent crĂ©er ce droit pour Dieu... Les hommes ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s comme libres », pour pouvoir ĂȘtre jugĂ©s et punis, - pour pouvoir ĂȘtre coupables par consĂ©quent toute action devait ĂȘtre regardĂ©e comme voulue, l'origine de toute action comme se trouvant dans la conscience. On voit qu’apparaĂźt ici une toute autre conception de la libertĂ©, qui repose plutĂŽt sur l’idĂ©e de spontanĂ©itĂ© la conscience et par-delĂ  le libre arbitre ne fait que brider cette spontanĂ©itĂ©, la briser, sous des impĂ©ratifs moraux. Pour Nietzsche, nous agissons, comme les animaux, par instinct. Il est donc injuste de responsabiliser l’homme par la notion de conscience, et cela n’est que le symptĂŽme d’une volontĂ© de punir, tout aussi animale, de la part des religieux. Muni de cette nouvelle dĂ©finition de la libertĂ©, nous pouvons le dire la conscience est plus une source de contrainte que de libertĂ©. Elle est mĂȘme au fondement de la loi morale, destructrice de toute spontanĂ©itĂ©, donc de toute libertĂ©. Mais refuser la notion de libre arbitre, c’est-Ă -dire notre libertĂ© et notre responsabilitĂ©, n’est-ce pas lĂ  une conduite de mauvaise foi ? Telle est l’idĂ©e que nous allons Ă  prĂ©sent examiner. Pour lire la suite, tĂ©lĂ©chargez l'ouvrage les Notions de Philosophie ! Commentdonc ce qui Ă©chappe Ă  la conscience pourrait-il ĂȘtre objet de connaissance, puisque toute connaissance prĂ©suppose nĂ©cessairement une conscience de l'objet Ă  connaĂźtre ? Pourtant, la psychanalyse fait de l'inconscient un objet d'Ă©tude qu'elle analyse Ă  travers diverses manifestations : rĂȘves, actes manquĂ©s ou encore Linconscient n'est-il qu'une conscience obscurcie ? Sujet 3618 L'inconscient parle en nous. Que faut-il penser de cette expression ? Sujet 103549 L'inconscient permet-il autant que la conscience de dĂ©finir l'homme ? Sujet 382 L'inconscient permet-il autant que la conscience de dĂ©finir l'homme ? Sujet 5957 L'inconscient permet-il, autant que la conscience, de dĂ©finir
Ily a un Ă©norme problĂšme politique. La notion de public est obscurcie par la quasi-impossibilitĂ© de nous reprĂ©senter un monde commun, tellement commun qu’il n’appartient Ă  personne. La
EckhartTolle, de son vrai nom Ulrich Leonard Tolle, nĂ© le 16 fĂ©vrier 1948 Ă  LĂŒnen (), est un Ă©crivain et confĂ©rencier canadien d'origine allemande, auteur des best-sellers Le Pouvoir du moment prĂ©sent et Nouvelle Terre.. Tolle raconte qu’il s'est senti dĂ©primĂ© toute la premiĂšre partie de sa vie jusqu’à ce qu’il connĂ»t, Ă  l’ñge de 29 ans, une « transformation intĂ©rieure Linconscient n'est-il qu'une conscience obscurcie ? L'idĂ©e d'inconscient exclut-elle l'idĂ©e de libertĂ© ? Quelle conception de l'homme 12 juillet 2010 ∙ 2 minutes de lecture. Sujet de Dissertation sur la Notion de Conscience. La conscience est-elle source d'illusions ? La mauvaise conscience est-elle chose bienfaisante ? L'inconscient n'est-il qu'une l0AGOJ.