Voicides questionnaires de lecture pour un rallye CM1-CM2. les élÚves lisent 15 min par jour, chaque jour, en classe. Les Aventures de Tom Sawyer. Questionnaire de lecture en deux parties (QCM + compréhension / analyse) sur un récit contemporain. Aux confins de la folie 2.
Tom ! » Pas de rĂ©ponse. Tom ! » Pas de rĂ©ponse. Je me demande oĂč a bien pu passer ce garçon⊠Allons, Tom, viens ici ! » La vieille dame abaissa ses lunettes sur sonnez et lança un coup dâĆil tout autour de la piĂšce, puis elle les remonta sur son front et regarda de nouveau. Il ne lui arrivait pratiquement jamais de se servir de ses lunettes pour chercher un objet aussi nĂ©gligeable quâun jeune garçon. Dâailleurs, elle ne portait ces lunettes-lĂ que pour la parade et les verres en Ă©taient si peu efficaces que deux ronds de fourneau les eussent avantageusement remplacĂ©s, mais elle en Ă©tait trĂšs fiĂšre. La vieille dame demeura un instant fort perplexe et finit parreprendre dâune voix plus calme, mais assez haut cependant pour sefaire entendre de tous les meubles Si je mets la main sur toi, je te jureque⊠» Elle en resta lĂ , car, courbĂ©e en deux, elleadministrait maintenant de furieux coups de balai sous le lit etavait besoin de tout son souffle. MalgrĂ© ses efforts, elle nerĂ©ussit quâĂ dĂ©loger le chat. Je nâai jamais vu un garnementpareil ! » La porte Ă©tait ouverte. La vieille dame allase poster sur le seuil et se mit Ă inspecter les rangs de tomateset les mauvaises herbes qui constituaient tout le jardin. Pas deTom. HĂ© ! Tom », lança-t-elle,assez fort cette fois pour que sa voix portĂąt au loin. Elle entendit un lĂ©ger bruit derriĂšre elle etse retourna juste Ă temps pour attraper par le revers de sa vesteun jeune garçon quâelle arrĂȘta net dans sa fuite. Je tetiens !Jâaurais bien dĂ» penser Ă ce placard. Quefaisais-tu lĂ -dedans ? â Rien. â Rien ? Regarde-moi tes mains,regarde-moi ta bouche. Que signifie tout ce barbouillage ? â Je ne sais pas, ma tante. â Eh bien, moi je sais. Câest de laconfiture. Je tâai rĂ©pĂ©tĂ© sur tous les tons que si tu ne laissaispas ces confitures tranquilles, tu recevrais une belle cette badine. » La badine tournoya dans lâair. Lâinstant Ă©taitcritique. Oh ! mon Dieu ! AttentionderriĂšre toi, ma tante ! » La vieille dame fit brusquement demi-tour enserrant ses jupes contre elle pour parer Ă tout danger. Legaillard, en profitant, dĂ©campa, escalada la clĂŽture en planches dujardin et disparut par le chemin. DĂšs quâelle fut revenue de sasurprise, tante Polly Ă©clata de rire. Maudit garçon ! Je me laisseraidonc toujours prendre ! Jâaurais pourtant dĂ» me mĂ©fier. Il mâajouĂ© assez de tours pendables comme cela. Mais plus on vieillit,plus on devient bĂȘte. Et lâon prĂ©tend que lâon nâapprend pas auxvieux singes Ă faire la grimace ! Seulement, voilĂ le malheur,il ne recommence pas deux fois le mĂȘme tour et avec lui on ne saitjamais ce qui va arriver. Il sait pertinemment jusquâoĂč il peutaller avant que je me fĂąche, mais si je me fĂąche tout de mĂȘme, ilsâarrange si bien pour dĂ©tourner mon attention ou me faire rire quema colĂšre tombe et que je nâai plus aucune envie de lui taperdessus. Je manque Ă tous mes devoirs avec ce garçon-lĂ . Qui aimebien, chĂątie bien, dit la Bible, et elle nâa pas tort. Je nousprĂ©pare Ă tous deux un avenir de souffrance et de pĂ©chĂ© Toma le diable au corps, mais câest le fils de ma pauvre sĆur et jenâai pas le courage de le battre. Chaque fois que je lui pardonne,ma conscience mâadresse dâamers reproches et chaque fois que jelĂšve la main sur lui, mon vieux cĆur saigne. Enfin, lâhomme nĂ© dela femme nâa que peu de jours Ă vivre et il doit les vivre dans lapeine, câest encore la Bible qui le dit. Rien nâest plus vrai. Ilva de nouveau faire lâĂ©cole buissonniĂšre tantĂŽt et je serai forcĂ©ede le faire travailler demain pour le punir. Câest pourtantrudement dur de le faire travailler le samedi lorsque tous sescamarades ont congĂ©, lui qui a une telle horreur du travail !Il nây a pas Ă dire, il faut que je fasse mon devoir, sans quoi cesera la perte de cet enfant. » Tom fit lâĂ©cole buissonniĂšre et sâamusabeaucoup. Il rentra juste Ă temps afin dâaider Jim, le nĂ©grillon, Ă scier la provision de bois pour le lendemain et Ă casser du petitbois en vue du dĂźner. Plus exactement, il rentra assez tĂŽt pourraconter ses exploits Ă Jim tandis que celui-ci abattait les troisquarts de la besogne. Sidney, le demi-frĂšre de Tom, avait dĂ©jĂ ,quant Ă lui, ramassĂ© les copeaux câĂ©tait un garçon calme quinâavait point le goĂ»t des aventures. Au dĂźner, pendant que Tom mangeait etprofitait de la moindre occasion pour dĂ©rober du sucre, tante Pollyposa Ă son neveu une sĂ©rie de questions aussi insidieuses quepĂ©nĂ©trantes dans lâintention bien arrĂȘtĂ©e de lâamener Ă se Ă tant dâautres Ăąmes candides, elle croyait avoir le donde la diplomatie et considĂ©rait ses ruses les plus cousues de filblanc comme des merveilles dâingĂ©niositĂ©. Tom, dit-elle, il devait faire bienchaud Ă lâĂ©cole aujourdâhui, nâest-ce pas ? â Oui, ma tante. â Il devait mĂȘme faire une chaleurĂ©touffante ? â Oui, ma tante. â Tu nâas pas eu envie dâallernager ? » Un peu inquiet, Tom commençait Ă ne plus sesentir trĂšs Ă son aise. Il leva les yeux sur sa tante, dont levisage Ă©tait impĂ©nĂ©trable. Non, rĂ©pondit-il⊠enfin, pastellement. » La vieille dame allongea la main et tĂąta lachemise de Tom. En tout cas, tu nâas pas trop chaud,maintenant. » Et elle se flatta dâavoir dĂ©couvert que lachemise Ă©tait parfaitement sĂšche, sans que personne pĂ»t deviner oĂčelle voulait en venir. Mais Tom savait dĂ©sormais de quel cĂŽtĂ©soufflait le vent et il se mit en mesure de rĂ©sister Ă une nouvelleattaque en prenant lâoffensive. Il y a des camarades qui se sont amusĂ©sĂ nous faire gicler de lâeau sur la tĂȘte Jâai encore les cheveuxtout mouillĂ©s. Tu vois ? » Tante Polly fut vexĂ©e de sâĂȘtre laissĂ© battresur son propre terrain. Alors, une autre idĂ©e lui vint. Tom, tu nâas pas eu Ă dĂ©coudre le colque jâavais cousu Ă ta chemise pour te faire asperger la tĂȘte,nâest-ce pas ? DĂ©boutonne ta veste. » Les traits de Tom se dĂ©tendirent. Le garçonouvrit sa veste. Son col de chemise Ă©tait solidement cousu. Allons, câest bon. JâĂ©tais persuadĂ©eque tu avais fait lâĂ©cole buissonniĂšre et que tu tâĂ©tais baignĂ©. Jete pardonne, Tom. Du reste, chat Ă©chaudĂ© craint lâeau froide, commeon dit, et tu as dĂ» te mĂ©fier, cette fois-ci. » Tante Polly Ă©tait Ă moitiĂ© fĂąchĂ©e que sasagacitĂ© eĂ»t Ă©tĂ© prise en dĂ©faut et Ă moitiĂ© satisfaite que lâon sefĂ»t montrĂ© obĂ©issant, pour une fois. Mais Sidney intervint. Tiens, fit-il, jâen aurai mis ma mainau feu. Je croyais que ce matin tu avais cousu son col avec du filblanc, or ce soir le fil est noir. â Mais câest Ă©vident, je lâai cousu avecdu fil blanc ! Tom ! » Tom nâattendit pas son reste. Il fila commeune flĂšche et, avant de passer la porte, il cria Sid, tu me paieras ça ! » Une fois en lieu sĂ»r, Tom examina deux longuesaiguilles piquĂ©es dans le revers de sa veste et enfilĂ©es lâune avecdu fil blanc, lâautre avec du fil noir. Sans ce maudit Sid, elle nây auraitrien vu, pensa-t-il. TantĂŽt elle se sert de fil blanc, tantĂŽt defil noir. Je voudrais tout de mĂȘme bien quâelle se dĂ©cide Ă employer soit lâun soit lâautre. Moi je mây perds. En attendant Sidva recevoir une bonne raclĂ©e. Ăa lui apprendra. » Tom nâĂ©tait pas le garçon modĂšle du village,dâailleurs il connaissait fort bien le garçon modĂšle et lâavait enhorreur. Deux minutes Ă peine suffirent Ă Tom pouroublier ses soucis, non pas quâils fussent moins lourds Ă porterque ceux des autres hommes, mais ils pĂąlissaient devant denouvelles prĂ©occupations dâun intĂ©rĂȘt puissant, tout comme lesmalheurs sâeffacent de lâesprit sous lâinfluence de cette fiĂšvrequâengendre toujours une nouvelle forme dâactivitĂ©. Un nĂšgre venaitde lui apprendre une maniĂšre inĂ©dite de siffler et il mouraitdâenvie de la mettre en pratique. Cela consistait Ă imiter lestrilles des oiseaux, Ă reproduire une sorte de gazouillementliquide en appliquant Ă intervalles rapprochĂ©s la langue contre lepalais. Si jamais le lecteur a Ă©tĂ© un petit garçon, il serappellera comment il faut sây prendre. Ă force de zĂšle etdâapplication, Tom ne tarda pas Ă mettre la mĂ©thode au point et, labouche toute remplie dâharmonies, lâĂąme dĂ©bordante de gratitude, ilcommença Ă dĂ©ambuler dans les rues du village. Il se sentait dansun Ă©tat voisin de celui quâĂ©prouve un astronome ayant dĂ©couvert unenouvelle planĂšte et, sans aucun doute, dâailleurs, sa jubilationĂ©tait encore plus grande. Les soirĂ©es dâĂ©tĂ© Ă©taient longues. Il nefaisait pas encore nuit. BientĂŽt, Tom sâarrĂȘta de siffler. Uninconnu lui faisait face, un garçon guĂšre plus grand que lui. Dansle pauvre petit village de Saint-Petersburg, tout visage nouveauexcitait une profonde curiositĂ©. De plus, ce garçon Ă©tait bienhabillĂ©, trĂšs bien habillĂ© mĂȘme pour un jour de semaine. CâĂ©tait tout bonnement ahurissant. Sacasquette Ă©tait des plus Ă©lĂ©gantes et sa veste bleue, bienboutonnĂ©e, Ă©tait aussi neuve que distinguĂ©e. Il en allait de mĂȘmepour son pantalon. Lâinconnu portait des souliers et une cravate deteinte vive. Il Ă©tait si bien mis, il avait tellement lâair dâuncitadin que Tom en Ă©prouva comme un coup au creux de lâ Tom considĂ©rait cette merveille de lâart, plus il regardait dehaut un pareil Ă©talage de luxe, plus il avait conscience dâĂȘtrelui-mĂȘme habillĂ© comme un chiffonnier. Les deux garçons restaientmuets. Si lâun faisait un mouvement, lâautre lâimitait aussitĂŽt,mais ils sâarrangeaient pour tourner lâun autour de lâautre sanscesser de se dĂ©visager et de se regarder dans le blanc des Tom prit la parole. Jâai bonne envie de te flanquer unevolĂ©e, dit-il. â Essaie un peu. â Ăa ne serait pas difficile. â Tu dis ça, mais tu nâen es pascapable. â Pas capable ? â Non, tu nâoseras pas. â Si ! â Non ! » Un moment de silence pĂ©nible, puis Tomreprit Comment tâappelles-tu ? â Ăa ne te regarde pas. â Si tu le prends sur ce ton, gare Ă toi. â Viens-y donc. â Encore un mot et tu vas voir. â Un mot⊠un mot⊠tiens, ça en fait destas tout ça. Eh bien, vas-y ! â Oh ! Tu te crois malin,hein ? Tu ne sais pas que je pourrais te flanquer par terredâune seule main si je le voulais. â Quâest-ce que tu attends ? â Ăa ne va pas tarder si tucontinues. â Je connais la chanson. Il y a des gensqui sont restĂ©s comme ça pendant cent sept ans avant de sedĂ©cider. â DĂ©gourdi, va ! Tu te prends pourquelquâun, hein ? Oh ! en voilĂ un chapeau ! â Tu nâas quâĂ pas le regarder, cechapeau, sâil ne te plaĂźt pas. Seulement, ne tâavise pas dâytoucher, le premier qui y touchera ira mordre la poussiĂšre. â Menteur ! â Toi-mĂȘme ! â Tu crĂąnes, mais tu nâas pas le couragedâaller jusquâau bout ! â Va voir lĂ -bas si jây suis. â Dis donc, tu vas te taire, sans ça jetâassomme. â Jây compte bien. â Attends un peu. â Mais alors, dĂ©cide-toi. Tu dis tout letemps que tu vas me sauter dessus, pourquoi ne le fais-tupas ? Câest que tu as peur. â Je nâai pas peur. â Si. â Non. â Si. » Nouveau silence, nouveaux regards furibonds etnouveau manĂšge des deux garçons dont les Ă©paules finirent par setoucher. Allez, file, dĂ©clara Tom. â DĂ©barrasse donc le planchertoi-mĂȘme. â Non. â Eh bien, moi non plus. » Pied contre pied, les deux garçons arc-boutĂ©scherchĂšrent chacun Ă faire reculer lâadversaire. LâĆil allumĂ© parla haine, ni lâun ni lâautre ne put prendre lâavantage. AprĂšs avoirluttĂ© ainsi jusquâĂ devenir cramoisis, ils relĂąchĂšrent leursefforts tout en sâobservant avec prudence. Tu es un lĂąche et un poseur, dit demanderai Ă mon grand frĂšre de sâoccuper de toi. Il tâĂ©craseradâune chiquenaude. â Quâest-ce que tu veux que ça mefasse ? Mon frĂšre est encore plus grand que le tien. Tuverras, il ne sera pas long Ă lâenvoyer valser par-dessus cettehaie. » Les deux frĂšres Ă©taient aussi imaginaireslâun que lâautre. Tu mens. â Pas tant que toi. » Tom traça une ligne dans la poussiĂšre avec sonorteil et dit Si tu dĂ©passes cette ligne, je te tapedessus jusquâĂ ce que tu ne puisses plus te relever. » Lâinconnu franchit immĂ©diatement la ligne. Maintenant, vas-y un peu. â Nâessaie pas de jouer au plus malinavec moi. MĂ©fie-toi. â Mais quâest-ce que tuattends ? â En voilĂ assez, pour deux sous, je tecasse la figure ! » Le garçon sortit deux piĂšces de cuivre de sapoche et les tendit Ă Tom dâun air narquois. Tom les jeta Ă tous deux roulĂšrent dans la poussiĂšre, agrippĂ©s, lâun Ă lâautre comme des chats. Pendant une longue minute, ils se tirĂšrentpar les cheveux et par les vĂȘtements, se griffĂšrent etsâadministrĂšrent force coups de poing sur le nez, se couvrant Ă lafois de poussiĂšre et de gloire. BientĂŽt, la masse confuse formĂ©epar les deux combattants Ă©mergea dâun nuage poudreux et Tom apparutĂ califourchon sur le jeune Ă©tranger dont il labouraitĂ©nergiquement les cĂŽtes. Tu en as assez ? » fitTom. Le garçon se dĂ©battit. Il pleurait, maissurtout de rage. Tu en as assez ? » Pas de rĂ©ponse, et Tom recommença Ă taper surlâautre. Enfin, lâĂ©tranger demanda grĂące Tom lelaissa se relever. JâespĂšre que ça te servira de leçon,fit-il. La prochaine fois, tĂąche de savoir Ă qui tu tefrottes. » Le garçon sâen alla en secouant la poussiĂšrede ses habits. Il haletait, reniflait, se dĂ©tournait parfois enrelevant le menton et criait Ă Tom ce quâil lui rĂ©servait pour lejour oĂč il le repincerait », ce Ă quoi Tom rĂ©pondaitpar des sarcasmes. Fier comme Artaban, il rebroussa chemin. Ă peineeut-il le dos tournĂ© que son adversaire ramassa une pierre, lalança, lâatteignit entre les deux Ă©paules et prit ses jambes Ă soncou. Tom se prĂ©cipita Ă la suite du traĂźtre et lepoursuivit jusquâĂ sa demeure, apprenant ainsi oĂč il habitait. Ilresta un moment Ă monter la garde devant la porte. Sors donc, si tu oses ! »dit-il Ă son ennemi, mais lâennemi, le nez collĂ© Ă la vitre dâunefenĂȘtre, se contenta de lui rĂ©pondre par une sĂ©rie de grimacesjusquâĂ ce que sa mĂšre arrivĂąt et traitĂąt Tom dâenfant mĂ©chant etmal Ă©levĂ©, non sans le prier de prendre le large. ForcĂ©dâabandonner la partie, Tom fit demi-tour en se jurant bien derĂ©gler son compte au garçon. Il rentra chez lui fort tard et, au moment oĂčil se faufilait par la fenĂȘtre, il tomba dans une embuscade. Satante lâattendait. Lorsquâelle vit dans quel Ă©tat se trouvaient sesvĂȘtements, elle prit la dĂ©cision irrĂ©vocable dâempĂȘcher son neveude sortir le lendemain, bien que ce fĂ»t jour de congĂ©.
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